Livret A : ce changement attendu le 1er août peut surprendre les épargnants
information fournie par Maison&Travaux 11/05/2026 à 17:00

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Le Livret A semblait installé dans une période moins favorable, mais la prochaine révision de son taux pourrait changer légèrement la donne.

Le Livret A a beau perdre de sa superbe, il reste l’un des réflexes les plus solides des Français. On y place une épargne de précaution, de l’argent disponible à tout moment, sans impôt ni prélèvements sociaux. Pourtant, depuis plusieurs mois, son rendement donne le sentiment de s’éroder à vue d’œil. Après avoir longtemps profité d’un taux jugé confortable, les épargnants ont dû composer avec une nette baisse de rémunération. Depuis le 1er février 2026, le taux du Livret A est fixé à 1,5 %, un niveau qui a refroidi une partie des détenteurs.

Le Livret A pourrait repartir légèrement à la hausse

Ce repli n’a rien d’anodin. Beaucoup de ménages s’étaient habitués à voir leur Livret A rapporter davantage, notamment lorsque l’inflation avait poussé les taux vers le haut. Le placement préféré des Français semblait alors redevenu intéressant, au moins pour sécuriser une somme sans prendre de risque. Mais la décrue des prix a changé la donne. En suivant la mécanique habituelle, la rémunération du livret a été abaissée, donnant l’impression que l’épargne réglementée entrait dans une période moins favorable.

Le 1er août 2026 pourrait toutefois réserver un scénario moins attendu. Comme chaque année, le taux du Livret A peut être révisé à cette date, après une première révision au 1er février. Dans un contexte économique plus incertain, certains observateurs n’excluent plus une légère remontée, autour de 1,7 %. Pour les épargnants, le mouvement serait modeste, mais symbolique. Après plusieurs mois marqués par la baisse, le Livret A pourrait cesser de reculer et retrouver un peu d’air.

Une hausse des prix qui pourrait peser dans la balance

Tout dépendra, en réalité, de l’évolution des prix. Le taux du Livret A est étroitement lié à l’inflation, même si la formule prend aussi en compte les taux monétaires. Lorsque les prix accélèrent, la rémunération de l’épargne réglementée peut être revue à la hausse. C’est ce mécanisme qui avait permis au Livret A de redevenir plus rémunérateur après le choc inflationniste lié à la guerre en Ukraine. À l’inverse, lorsque l’inflation ralentit, son taux finit généralement par baisser.

Or les derniers mois ont rouvert une zone d’incertitude. Les tensions géopolitiques et leurs conséquences possibles sur les marchés de l’énergie peuvent rapidement peser sur les prix du gaz, du pétrole et, par ricochet, sur une partie du budget des ménages. Si cette pression se confirme, elle pourrait modifier les calculs attendus pour l’été. Une inflation plus vive renforcerait l’hypothèse d’un relèvement du Livret A, même limité. Pour les détenteurs, ce serait une petite surprise après des mois passés à anticiper surtout une nouvelle déception.

Le gouvernement peut encore freiner la remontée du taux

Rien n’est pourtant automatique. Le taux du Livret A est proposé par le gouverneur de la Banque de France, mais la décision finale revient au ministre de l’Économie. Le gouvernement peut donc choisir de suivre strictement la formule, ou de s’en écarter. Il l’a déjà fait par le passé, notamment pour éviter des mouvements jugés trop brutaux. Si la hausse des prix apparaît temporaire, l’exécutif pourrait préférer maintenir le taux actuel plutôt que d’envoyer un signal trop rapide aux épargnants.

Le changement attendu au 1er août doit donc être lu avec prudence. Le Livret A ne va pas redevenir soudainement un placement très rémunérateur, mais il pourrait surprendre ceux qui l’imaginaient condamné à baisser encore. Pour les Français qui y conservent leur épargne de sécurité, l’enjeu reste surtout pratique : préserver un peu mieux leur argent disponible, sans risque et sans fiscalité. Même affaibli, le Livret A conserve ainsi son rôle de valeur refuge du quotidien.