L'investissement responsable atteint un niveau record en France information fournie par Tout sur mes finances 17/04/2026 à 14:51
Les encours des fonds durables ont progressé dans l'Hexagone de près de 5% l'an dernier pour frôler les 3 000 milliards d'euros. Un plus haut historique qui place le pays parmi les leaders mondiaux de la finance verte.
Le cap des 3 000 milliards d'euros est désormais à portée de main. Selon le panorama de l'investissement responsable (IR) dévoilé le 7 avril 2026 par l'Association française de la gestion financière (AFG), l'encours des fonds IR commercialisé en France a atteint 2 971 milliards d'euros l'année dernière, en progression de 4,8% par rapport à 2024.
Deux grandes catégories composent ce total. Les fonds et mandats classés « article 8 » selon la nomenclature européenne, conçus pour promouvoir des caractéristiques environnementales et/ou sociales, drainent 2 850 milliards d'euros, en hausse de 4,7% sur un an. Les fonds et mandats « article 9 », dont la vocation est d'investir explicitement dans des actifs durables, affichent, quant à eux, une croissance bien plus soutenue : +10,5% sur douze mois, pour un encours de 121 milliards d'euros.
Article 8 ou article 9 : deux approches, deux compositions bien distinctes
Si ces deux catégories de fonds partagent une ambition commune - celle d'un investissement plus responsable -, leur composition diffère sensiblement. En se concentrant sur les seuls fonds d'investissement, les « article 8 » sont principalement constitués de fonds monétaires (30%), de fonds obligataires (25%) et de fonds actions (21%), complétés par des fonds diversifiés (13%), des fonds immobiliers (3%), des fonds de non coté (3%) et d'autres véhicules, dont des fonds d'épargne salariale (5%).
Les fonds « article 9 » affichent une tout autre structure. Les fonds actions y occupent la première place (36%), devant les fonds immobiliers (24%), les fonds obligataires (19%), les fonds de non coté (6%), les fonds diversifiés (6 %) et d'autres fonds (10%).
Les grands acteurs institutionnels (banques, assureurs, fonds de pension…) restent les principaux détenteurs des encours de l'IR, avec 73% du total. Les épargnants individuels en détiennent 27%. Mais dès lors que l'on se focalise uniquement sur les fonds durables, le poids des particuliers grimpe à 40% des souscripteurs.
Une dynamique portée par des obligations légales
Cet essor ne doit pas grand-chose au hasard. Il s'explique en partie par un cadre réglementaire qui contraint les acteurs économiques à intégrer des fonds durables dans leur offre. Depuis 2010, les employeurs sont ainsi tenus de proposer au moins un fonds labellisé Investissement socialement responsable (ISR) dans leur plan d'épargne entreprise (PEE)
Cette exigence a ensuite été élargie en 2019 aux plans d'épargne pour la retraite collectifs (Perco), puis aux plans d'épargne retraite d'entreprise collectifs (PERCOL), qui ont pris le relais des Perco à partir de 2020. Les assureurs doivent, depuis 2022, intégrer dans les unités de compte de leurs contrats d'assurance vie, au moins un fonds labellisé ISR, un fonds labellisé Greenfin (« finance verte ») et un fonds labellisé Finansol (« finance solidaire »).
Résultat : au sein des 330 sociétés de gestion adhérentes à l'AFG, qui gèrent 90% des actifs français, 59% des 5 400 milliards d'euros sous gestion relèvent désormais des catégories « article 8 » ou « article 9 ». Un pourcentage qui place la France à la pointe de l'investissement responsable, non seulement en Europe, mais aussi à l'échelle mondiale.