Investir dans le non coté : les risques à connaître pour les particuliers avant de se lancer
information fournie par Boursorama avec LabSense 13/01/2026 à 08:30

Investir sur des marchés non cotés permet de donner du sens à ses placements et de participer au développement de l'économie. Mais avant de placer ses fonds dans des entreprises, des projets ou des infrastructures non cotés en Bourse, il est important de se renseigner sur les risques et les spécificités de ce marché bien particulier.

Investir dans le non coté : les risques à connaître pour les particuliers avant de se lancer / iStock.com - Dragon Claws

L'expansion des placements non cotés

Les marchés non cotés en Bourse, ou marchés privés, ont le vent en poupe chez les particuliers. Depuis 2024, les candidats peuvent facilement investir en Europe dans des fonds non cotés, les "Eltifs" (fonds européens d'investissement à long terme), dont les performances ont largement été vantées. Les lancements de produits se multiplient : 42 en 2024, plus de 50 en 2025 (contre une cinquantaine entre 2016 et 2023).

C'est un univers vaste, dont les nombreuses possibilités sont classées en diverses catégories. On trouve notamment le registre du capital-investissement, ou Private Equity, qui consiste à prendre des parts dans des entreprises non cotées (PME, start-up…). Qu'elles soient en phase de démarrage, de développement ou de transmission, l'objectif est de participer à leur croissance avant d'en revendre les parts quelques années plus tard avec une plus-value.

Les projets d'infrastructures (énergies renouvelables, traitement de l'eau, réseaux de transport, etc.) représentent une part importante des investissements institutionnels. Ils génèrent sur le long terme des revenus réguliers et stables. On peut aussi investir en dette privée. La démarche consiste à prêter des fonds à des entreprises ou à des projets, en passant outre le système bancaire classique. Cet investissement, sous forme d'obligations non cotées ou de prêts, présente un rendement assez stable, mais il est peu susceptible d'augmenter le capital placé.

Avantages et inconvénients du non coté

Le non coté présente un certain nombre d'avantages, notamment celui de diversifier son patrimoine tout en conciliant ses convictions et ses valeurs. Il propose en effet une démarche éthique en soutenant des projets liés à l'économie productive, tels que la construction d'infrastructures vertes, le développement de start-ups innovantes ou d'entreprises locales.

Les performances du Private Equity sont supérieures à celles du marché coté, avec un TRI (taux de rendement interne) net de 12,4% entre 2014 et 2024, alors que le CAC 40 affiche 8,9 % sur la même décennie. En revanche, le risque de perte de capital existe, compte tenu de l'incertitude sur les performances à venir. Le non coté permet également de profiter d'avantages fiscaux non négligeables, notamment une réduction d'impôt pouvant atteindre 25% du montant investi dans des PME éligibles, dans le cadre de la loi Madelin.

Mais le non coté présente aussi son lot d'inconvénients. Avec la multiplication des produits d'investissement, ce marché s'est complexifié et son ouverture aux particuliers non initiés expose ceux-ci à un certain nombre de risques. Il peut être notamment difficile de dissocier le coté du non coté, tant la frontière entre les deux est insidieuse.

Ainsi, la loi industrie verte, entrée en vigueur depuis un an, comporte une part de non coté dans les plans d'épargne retraite et les assurances-vie à gestion pilotée. L'épargnant qui préfère déléguer la gestion de son épargne n'est pas forcément informé du fait que son portefeuille peut détenir de 2 à 15% de non coté.

Face à ce marché spécifique, il convient donc de se faire accompagner et de comparer les différentes options : soit investir personnellement en tant que business angel ou dans le cadre d'un club deal, soit investir via un fonds spécialisé en déléguant le choix de celui-ci à une société de gestion agréée.