Épargne salariale : des salariés mieux informés mais pas assez accompagnés information fournie par TRIBUNE LIBRE 27/03/2026 à 08:00
Les sociétés de 11 à 49 salariés doivent aujourd'hui proposer un dispositif de partage de la valeur. Une enquête menée par OpinionWay pour la Semaine de l'épargne salariale en 2025 révèle un paradoxe persistant : si l'épargne salariale bénéficie d'une image globalement positive, elle reste encore peu utilisée dans les petites entreprises.
Manque d'information, complexité perçue, inégalités d'accès… les chiffres montrent qu'un travail de pédagogie reste essentiel pour que ces dispositifs de partage de la valeur tiennent pleinement leurs promesses.
Une notoriété apparente qui masque des écarts profonds
Les dispositifs d'épargne salariale – comme le PEE (Plan d'Épargne Entreprise) ou le PER collectif (Plan d'Épargne Retraite) – sont bien ancrés dans l'esprit des salariés. Près de 78 % déclarent les connaître, au moins de nom. Un chiffre stable par rapport à la précédente vague de 2023.
Mais derrière ce score global se cachent de fortes disparités. Les salariés des grandes entreprises (plus de 250 salariés) sont bien mieux informés (84 %) que ceux des TPE de moins de 10 salariés (66 %). Et le constat est le même pour les catégories socioprofessionnelles : 91 % des cadres supérieurs connaissent le PEE, contre 66 % des employés.
Un usage en demi-teinte
La moitié des salariés (53 %) déclare avoir accès à un dispositif d'épargne salariale. Un chiffre en légère hausse depuis 2020, mais qui reste modeste, surtout dans les plus petites entreprises : seulement 39 % des salariés de structures de moins de 50 personnes en bénéficient, contre 62 % dans les plus grandes. Toutefois, l'entrée en vigueur de l'obligation pour certaines entreprises de 11 à 49 salariés étant récente, ces chiffres seront amenés à progresser.
Le PEE reste le produit le plus courant (36 %), devant le PER collectif (31 %). Et dans la majorité des cas, les salariés choisissent le placement de leur participation ou intéressement sur ces plans plutôt que le versement immédiat.
Un fort besoin d'accompagnement
Si 77 % des salariés détenteurs se disent satisfaits de leur épargne salariale, seuls 5 % estiment que les dispositifs dépassent leurs attentes. Un décalage qui s'explique en partie par une complexité persistante. Un salarié sur deux ne se sent pas capable de choisir seul ses placements, et 62 % réclament un accompagnement plus poussé.
Du côté des dirigeants : un impact positif malgré les freins
Chez les dirigeants ayant déjà sauté le pas, le bilan est encourageant : 86 % se disent satisfaits des dispositifs mis en place, notamment pour leurs effets positifs sur la motivation (79 %), la fidélité (79 %) et l'attractivité de leur entreprise (75 %).
Cependant, le parcours n'a rien d'une formalité. Pour deux tiers des dirigeants, il a exigé un effort important en matière de gestion, de communication et de suivi. Un accompagnement externe a souvent été nécessaire : 81 % ont eu recours à un conseiller spécialisé.
Une obligation encore méconnue dans les plus petites structures
Si 84 % des dirigeants interrogés disent avoir entendu parler de l'obligation légale de 2025, cette connaissance chute à 61 % chez ceux qui n'ont encore rien mis en place. Et parmi eux, seuls 39 % envisageaient de le faire dans l'année. Les freins ? Une entreprise jugée trop petite, des contraintes financières, un manque de temps ou de ressources ou tout simplement… une méconnaissance des dispositifs.