Épargne : l’AMF veut rendre les documents pré-contractuels enfin lisibles information fournie par Mingzi 17/09/2026 à 08:12
Trop techniques, trop denses, parfois décourageants : les documents remis aux épargnants avant un investissement ne remplissent pas toujours leur promesse de clarté. L'Autorité des marchés financiers (AMF) propose trois pistes concrètes pour les rendre plus simples, sans sacrifier la précision.
Comprendre avant d'investir
Avant de placer son argent dans un fonds d'investissement, l'épargnant doit recevoir un « document d'informations clés », ou DIC. Ce document standardisé doit lui permettre de comprendre le produit proposé, ses risques, ses coûts ou encore ses perspectives de performance. Son rôle est également de faciliter la comparaison entre différents placements. La réglementation européenne exige donc une information « exacte, loyale, claire et non trompeuse » et compréhensible par les particuliers.
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Sur le papier, l'objectif est simple. Dans la pratique, c'est plus compliqué. Depuis 2018, plusieurs études menées par l'AMF ont montré que la densité des informations et le vocabulaire financier constituent de sérieux obstacles. Une nouvelle étude, réalisée auprès de 50 investisseurs confrontés à plusieurs DIC de fonds d'actions, a confirmé ces difficultés.
Un document utile … mais qui intimide
Le problème commence dès le premier regard. Textes compacts, petits caractères, manque d'aération : beaucoup d'épargnants ont le sentiment que le document n'est tout simplement pas écrit pour eux. Pourtant, lorsqu'ils prennent le temps de le lire, leur jugement devient plus positif : tableaux, échelles de risque ou scénarios de performance sont notamment appréciés.
Le paradoxe apparaît aussi dans le Baromètre AMF de l'épargne et de l'investissement, réalisé en septembre 2025 auprès de 2.120 adultes. Seuls 29 % déclaraient avoir déjà entendu parler du DIC. Parmi ceux qui le connaissaient, 70 % le trouvaient trop « chargé » et 56 % trop compliqué. Mais 83 % le jugeaient utile, 82 % fiable et 86 % complet.
Trois pistes pour faciliter la lecture
L'AMF formule donc trois grandes préconisations : améliorer la présentation générale du DIC, mieux structurer la partie « En quoi consiste ce produit ? » et adopter les principes du langage clair.
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Concrètement, une mise en page plus aérée, deux colonnes, des caractères suffisamment grands, quelques couleurs et des titres bien visibles peuvent déjà changer la donne. Les participants aux études apprécient précisément les documents qui leur permettent de repérer rapidement l'information importante.
Parler finance sans parler « financier »
Sur le fond, l'AMF invite les professionnels à écrire simplement : une idée par phrase, des phrases courtes — idéalement moins de 20 mots —, une construction directe, des verbes d'action et des mots concrets. L'objectif n'est pas d'appauvrir l'information, mais de la rendre accessible.
Ainsi, plutôt que d'écrire que « la stratégie de gestion est discrétionnaire quant à l'allocation d'actifs et la sélection des valeurs », le guide propose une formulation beaucoup plus parlante : le gérant est libre de choisir les valeurs dans lesquelles il investit.
La clarté, un outil de confiance
Ces recommandations ne sont pas contraignantes : les professionnels peuvent les mettre en œuvre progressivement, notamment pour les nouveaux produits ou les placements les plus complexes. Mais pour l'AMF, l'enjeu dépasse la simple présentation d'un document. Une information plus claire permet de mieux protéger les épargnants et peut renforcer leur confiance dans les placements qui leur sont proposés.
En somme, rendre la finance plus accessible ne consiste pas à expliquer moins. Il s'agit surtout d'expliquer mieux.