Épargne : ce placement sous-estimé peut devenir une vraie source de revenus à la retraite information fournie par aufeminin 11/06/2026 à 17:00
À la retraite, une épargne bien organisée peut devenir un véritable appui. Encore faut-il connaître les bons leviers pour l’utiliser au mieux.
Longtemps, l’assurance-vie a été rangée dans la catégorie des placements que l’on ouvre, puis que l’on oublie. Beaucoup d’épargnants y voient surtout un outil de transmission, un contrat que l’on alimente doucement en pensant à plus tard, sans forcément imaginer qu’il puisse jouer un rôle plus concret au moment de la retraite. Pourtant, dans un contexte où les livrets réglementés rapportent moins qu’auparavant, ce placement mérite d’être regardé autrement. Bien utilisé, il peut devenir un véritable soutien financier, capable d’apporter des revenus réguliers sans nécessairement vider son capital d’un seul coup.
L’assurance-vie, un placement à mieux utiliser
Cette évolution du regard porté sur l’assurance-vie s’explique aussi par la baisse du rendement de certains produits très populaires. Le Livret A, longtemps considéré comme le réflexe d’épargne le plus simple, a connu plusieurs ajustements de taux ces dernières années. Résultat : de nombreux Français cherchent à mieux répartir leur argent, sans pour autant prendre des risques excessifs. L’assurance-vie entre alors dans la discussion, car elle permet de combiner plusieurs objectifs : faire fructifier une partie de son épargne, conserver une certaine souplesse et préparer une transmission dans un cadre fiscal spécifique.
Le problème, c’est que ce placement reste souvent mal compris. Certains épargnants laissent leur contrat dormir pendant des années, convaincus qu’il vaut mieux ne pas y toucher. D’autres hésitent à effectuer le moindre changement, découragés par les termes techniques, les frais, les unités de compte, les arbitrages ou les règles fiscales. Cette prudence se comprend, mais elle peut aussi empêcher de profiter pleinement des possibilités offertes par le contrat. Une assurance-vie n’est pas seulement une enveloppe où l’argent attend son heure. Elle peut aussi être pilotée, ajustée et utilisée progressivement selon les besoins.
Une solution pour compléter ses revenus
L’une des options les plus intéressantes, notamment à la retraite, est le rachat partiel programmé. Le principe est simple : au lieu de retirer une somme importante en une seule fois, l’épargnant peut demander à recevoir régulièrement un montant défini, chaque mois, chaque trimestre ou chaque année. Cette mécanique permet de créer un complément de revenu prévisible, tout en laissant le reste du capital investi. C’est précisément ce qui rend le dispositif utile : l’argent retiré peut aider à financer les dépenses courantes, tandis que la partie encore placée continue, selon les supports choisis, à produire des intérêts ou à évoluer dans le temps.
Cette solution peut répondre à un besoin très concret. À la retraite, les revenus diminuent souvent, alors que certaines dépenses restent élevées, voire augmentent avec l’âge. Santé, logement, énergie, aide à domicile, loisirs ou soutien familial : les besoins ne disparaissent pas une fois la vie professionnelle terminée. Grâce aux rachats partiels programmés, l’assurance-vie peut offrir une forme de pension complémentaire, à condition d’avoir été suffisamment alimentée en amont et de choisir un rythme de retrait cohérent. Le but n’est pas de tout consommer trop vite, mais d’organiser son épargne pour qu’elle accompagne le quotidien.
Une épargne à ajuster selon ses besoins
L’intérêt de l’assurance-vie tient aussi à sa fiscalité après plusieurs années de détention. Au bout de huit ans, les gains retirés peuvent bénéficier d’un abattement annuel, fixé à 4 600 euros pour une personne seule et à 9 200 euros pour un couple. Autrement dit, des retraits réguliers et bien calibrés peuvent permettre de limiter l’imposition sur les gains, voire de ne pas payer d’impôt dans certains cas. Cette règle explique pourquoi l’anticipation compte autant. Ouvrir un contrat tôt, même avec de petites sommes, permet de faire courir le délai fiscal et de se laisser davantage de marge au moment où l’on aura besoin de compléter ses revenus.
Encore faut-il choisir les bons supports à l’intérieur du contrat. Le fonds en euros rassure, car le capital y est généralement garanti et les intérêts acquis le restent. Mais certains contrats proposent aussi d’autres supports, parfois plus dynamiques, qui peuvent offrir un potentiel de rendement supérieur, avec un risque de perte en capital. L’enjeu n’est donc pas de tout déplacer ni de chercher la performance à tout prix. Il s’agit plutôt de trouver un équilibre entre sécurité, disponibilité et rendement. Bien pensée, l’assurance-vie n’est pas seulement un placement que l’on garde pour ses héritiers. Elle peut devenir un outil de revenus pour mieux vivre sa retraite.