Comment mettre son patrimoine à l’abri en cas de guerre ? information fournie par Boursorama avec LabSense 09/06/2026 à 08:30
Turbulences politiques : un risque pour l'épargnant
Une instabilité politique majeure ou un conflit international engendrent inévitablement la nervosité des indices boursiers et une panique sur les marchés, qui deviennent volatils. Le fait que la crise s'estompe n'empêche pas les tensions de perdurer, avec son lot de conséquences délétères : restrictions bancaires (blocage des retraits, gel des comptes), effondrement de la monnaie locale, hausse des impôts, etc. Les dépenses des pays augmentent, notamment en matière de défense et de sécurité, ce qui majore l'endettement. L'hyperinflation devient alors la première menace, venant diminuer la valeur de l'épargne de chacun. Dans l'histoire européenne récente, certains pays (tels que la Grèce en 2015) ont dû recourir à des emprunts nationaux ou à des restrictions bancaires. D'autres, comme Chypre en 2013, ont fait appel à des prélèvements exceptionnels. Ces scénarios sont peu probables en France, mais l'épargne peut cependant être progressivement orientée vers des besoins stratégiques. Pour les épargnants et les investisseurs, les risques de dévaluation monétaire ou de blocage des avoirs représentent un vrai défi, qu'il convient d'anticiper.
Des stratégies raisonnées pour protéger son avoir
Retirer massivement son argent de la banque pour le mettre à l'abri est une démarche contreproductive. En cas de crise majeure, les banques ont d'ailleurs le droit de limiter les retraits, voire de les interdire. Conserver des liquidités importantes à domicile présente également d'autres risques, tels que le vol ou l'incendie. Il est conseillé de ne garder en cash que l'équivalent de 1 à 3 mois de dépenses courantes, en prenant bien soin de sécuriser cette réserve (coffre-fort par exemple). Des stratégies raisonnées sont à mettre en place afin de protéger intelligemment ses actifs, avec quelques règles de base à respecter. Les dépôts bancaires sont garantis à hauteur de 100 000 € par client et par établissement. Si son avoir est supérieur à ce montant, il est donc conseillé de le répartir sur plusieurs banques. Une autre règle est de ne pas concentrer tout son argent sur un compte courant ou un livret bancaire, qui peuvent être gelés ou ponctionnés en cas de crise. Il convient donc de ne garder sur son compte courant que ce qui est nécessaire aux dépenses mensuelles basiques. Un compte bancaire peut aussi être souscrit dans une banque basée dans une juridiction stable (Suisse ou Luxembourg par exemple), sachant que cette opération est à déclarer à l'administration fiscale française. Pour se protéger d'une chute éventuelle de l'euro, il est également possible de convertir une partie de ses avoirs dans des monnaies refuges, comme le dollar américain, le yen japonais ou le franc suisse, qui sont des devises fortes.
Des investissements atypiques pertinents
L'or, qui n'est lié à aucun système bancaire ou politique monétaire, est une valeur refuge qui a fait ses preuves depuis des millénaires. Acheter des pièces ou des lingots d'or certifiés, facilement stockables chez soi ou dans un coffre externalisé, constitue une assurance patrimoniale efficace. L'immobilier est une autre stratégie opérationnelle, notamment l'immobilier locatif résidentiel, qui génère des revenus réguliers, ou les SCPI (Sociétés civiles de placement immobilier) qui permettent une mutualisation du risque locatif. Il est préférable de privilégier les zones rurales ou périurbaines, plus stables, et d'éviter les grandes métropoles. Les actions de croissance de ces dernières sont en effet très spéculatives, et susceptibles de chuter rapidement en cas de tension géopolitique majeure. On peut aussi miser sur les terres agricoles et les forêts, actifs productifs qui bénéficient de surcroît d'un régime fiscal avantageux. Par ailleurs, les obligations d'État des pays stables (Allemagne, Suisse, États-Unis, pays nordiques) peuvent constituer un refuge sûr, même si leur rendement reste faible.