Capital-investissement : le non coté surperforme
information fournie par Tout sur mes finances  03/07/2026 à 15:46

Les différentes caractéristiques du private equity. (Crédits: Adobe Stock)

Selon une récente étude, les fonds investis dans des entreprises non cotées ont dégagé un rendement annuel moyen proche de 10% depuis près de quarante ans. Une rentabilité conséquente, mais qui s'accompagne de contraintes et de risques importants.

Investir dans des entreprises non cotées en Bourse s'avère l'un des placements les plus performants sur la durée. C'est le principal enseignement de l'étude publiée le 25 juin 2026 par France Invest, l'association qui représente les professionnels français du capital-investissement.

Les chiffres montrent une remarquable stabilité des performances.

Entre 2020 et 2025, les fonds de private equity ont dégagé un rendement annuel moyen net de frais de gestion et de distribution de 9,2%. Sur la période 2015-2025, le taux de rendement interne (TRI) atteint 10,7% par an. Depuis 1987, date à laquelle France Invest a commencé à collecter ces données, la performance moyenne ressort à 10,8% par an. Autrement dit, le capital-investissement a offert, sur près de quatre décennies, une rentabilité annuelle proche de 10%, malgré les différentes crises économiques et financières traversées.

Tous les segments du non coté concernés

L'étude repose sur les performances de 1 471 fonds de private equity. Elle couvre l'ensemble des grandes stratégies d'investissement dans les entreprises non cotées.

Sont ainsi pris en compte le capital-risque, qui finance les jeunes entreprises en phase de création, le capital-développement, destiné à accompagner la croissance des sociétés, le capital-transmission, qui intervient lors des opérations de reprise d'entreprise, ainsi que les fonds mixtes (plusieurs stratégies) et les fonds spécialisés dans les infrastructures.

Ces derniers investissent notamment dans des actifs tels que les réseaux de fibre optique, les infrastructures énergétiques, les autoroutes, les hôpitaux ou encore les parcs éoliens. En revanche, l'étude n'intègre pas les fonds de défiscalisation, comme les Fonds d'investissement de proximité (FIP) et les Fonds communs de placement dans l'innovation (FCPI).

Par ailleurs, les performances publiées sont exprimées avant fiscalité et prélèvements sociaux. Le rendement réellement perçu par l'investisseur dépend donc de sa situation fiscale.

Des performances supérieures à l'immobilier et aux actions

Les résultats publiés par France Invest montrent également que le private equity a fait mieux que plusieurs grandes classes d'actifs au cours des dix dernières années.

Entre 2015 et 2025, le rendement annuel moyen du CAC 40, dividendes réinvestis, s'est établi à 9,5%. Celui du CAC Mid & Small, qui regroupe les petites et moyennes capitalisations françaises, atteint 8,9%. Dans le même temps, le capital-investissement affiche une performance moyenne de 10,7% par an.
L'écart est encore plus marqué avec l'immobilier locatif. Selon les données de France Invest, la « pierre » a procuré un rendement annuel moyen de seulement 3,3% sur la même période, soit environ trois fois moins que le private equity.

Un placement réservé aux investisseurs capables d'immobiliser leur épargne

Des rendements élevés ne signifient pas pour autant que le capital-investissement convient à tous les profils d'épargnants. Premier frein : le montant à investir. Selon les fonds, le ticket d'entrée peut atteindre plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines, de milliers d'euros.
Deuxième contrainte : la durée de placement. Les capitaux sont généralement bloqués pendant huit à dix ans. Il est donc impossible, sauf cas exceptionnels, de récupérer son argent avant l'échéance du fonds.

Enfin, le risque de perte en capital reste important. Les entreprises non cotées sont souvent plus fragiles que les grandes sociétés présentes en Bourse. Certaines ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs de développement, tandis que d'autres peuvent faire faillite. Avant d'investir, il est donc indispensable de disposer d'une épargne de précaution suffisante et d'accepter l'idée qu'une partie des sommes investies puisse être perdue.

Le capital-investissement peut constituer un outil de diversification intéressant pour les investisseurs disposant d'un patrimoine déjà conséquent. En revanche, il ne doit pas représenter la totalité d'un portefeuille d'épargne et s'adresse avant tout aux personnes capables d'immobiliser leur capital pendant plusieurs années en contrepartie d'une espérance de rendement plus élevée.