Baromètre ViveS Média 2026 : des inégalités persistantes entre femmes et hommes dans les trajectoires de carrière information fournie par BoursoBank 10/03/2026 à 09:14
Réalisée avec ViaVoice en partenariat avec BoursoBank et Natixis Wealth Management, l'édition 2026 du Baromètre ViveS «Les femmes et l'argent» révèle des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes dans les trajectoires de carrière, la gestion des finances personnelles et la préparation de la retraite. Cette 5ème édition s'intéresse au cycle de vie des femmes et des hommes, depuis les études jusqu'à la retraite.
Bien que femmes et hommes entrent sur le marché du travail avec une connaissance tout aussi limitée des réalités salariales de leur futur métier, la capacité d'ajuster la trajectoire de carrière et de rémunération se révèle davantage compliquée pour les femmes au fil des années, jusqu'à générer une fragilité accrue à la retraite.
Des études au travail, les trajectoires plus contraintes des femmes
Des choix de carrières décorrélés de la rémunération, source partagée de remords
Durant leurs études, 73% des Français n'avaient pas d'idée précise des salaires des secteurs visés (75% des femmes, 72% des hommes). La passion pour l'activité est le 1er critère pour le choix de leur futur métier (femmes 36% ; hommes 35%), alors que la rémunération arrive en 2ème position chez les hommes (31%) et seulement en 4ᵉ position chez les femmes (22%), derrière l'équilibre vie professionnelle/personnelle, et les opportunités du moment.
A posteriori, les remords sont au même niveau : 63% des femmes et 64% des hommes choisiraient un métier plus rémunérateur.
Les carrières des femmes plus impactées par la vie familiale
La capacité à faire progresser leur carrière en augmentant la rémunération et en changeant de poste est plus restreinte pour les femmes. Seule une femme sur trois se sent à l'aise pour demander une augmentation (contre un homme sur deux), 29% pour négocier leur salaire à l'embauche (48% des hommes) et 41 % pour obtenir une promotion (53% des hommes). L'entrepreneuriat demeure moins accessible : 22% se sentent à l'aise pour se mettre en auto-entrepreneur (31% des hommes).
69 % des femmes estiment que la maternité pénalise davantage la carrière des femmes. Seuls 50 % des hommes partagent ce constat. Cet impact de la maternité n'est pas suffisamment considéré selon elles : 58 % des femmes jugent que le calcul des pensions ne tient pas assez compte de l'éducation des enfants (48 % des hommes).
Des femmes attentives à leur argent, moins bien armées pour le gérer
Les femmes ont la même volonté d'épargner, mais une moindre appétence au risque par rapport aux hommes.
Les deux tiers des femmes et des hommes affirment épargner. Mais seulement 11 % des femmes déclarent privilégier le rendement, en acceptant le risque d'une perte en capital (20 % des hommes). Elles sont trois fois moins nombreuses à investir directement en Bourse, invoquant un manque de connaissance (38 %), la peur de perdre de l'argent (35 %) et des revenus insuffisants (34 %).
Par conséquence, elles effectuent des choix d'investissement différents. Les femmes investissent moins que les hommes dans l'assurance‑vie, le Plan Épargne Retraite (PER) et le Plan d'épargne en actions (PEA) ; plus dans l'immobilier. La pierre apparaît comme leur valeur refuge, d'abord pour sécuriser leur toit (45 %).
76% des femmes font le point sur leurs finances personnelles chaque mois (71 % des hommes), mais 26 % ne se sentent pas suffisamment informées ou outillées pour les gérer. Elles parlent moins d'argent au travail (écart de 10 points avec les hommes), se tournent davantage vers leur conjoint et moins vers leurs amis, leur employeur ou la formation.
Si 59 % font confiance à leur banquier au même niveau que les hommes, elles expriment une plus grande méfiance envers les assureurs, les médias ou les influenceurs ; un tiers des femmes ne fait confiance à aucun de ces canaux. Cette réserve renforce la dépendance vis-à vis de leur conjoint, alors même que l'exposition aux difficultés en cas d'accidents de la vie est plus durement ressentie par les femmes. Elles sont majoritaires à estimer qu'il serait difficile, voire impossible, pour elles de faire face à : une maladie (77 % vs 71 % pour les hommes), une situation d'aidance (77% vs 73%), une séparation (72 % vs 64 %) ou une perte d'emploi (62 % vs 57 %).
Les femmes au défi de financer une vie plus longue
Les femmes vivent en moyenne 5 ans de plus que les hommes, mais elles sont moins nombreuses à en avoir pleinement conscience (74% vs 83% chez les hommes).
69% des femmes estiment que leur pension de retraite sera insuffisante (47 % des hommes). Pour compenser cet écart de revenus, elles envisagent davantage que les hommes de reprendre une activité (47 % vs 32 %) et d'utiliser leurs revenus du patrimoine (24% vs 18%).
Pour appréhender cette nouvelle étape de vie, elles manquent d'informations : 60 % des femmes ne connaissent pas le montant de leur future retraite (52% des hommes), citant comme raison principale l'instabilité des règles de calcul (52%).
Alors que les femmes perçoivent environ 90 % des pensions de réversion en France, 53 % d'entre elles ne savent pas si elles en bénéficieront en cas de décès de leur conjoint. Ce complément de revenu non négligeable au moment de la vieillesse reste mal connu.