Assurance-vie, PER, SCPI : la facture invisible de vos placements
information fournie par Mingzi 02/07/2026 à 08:47

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Assurance-vie, PER, fonds ESG, produits structurés, immobilier non coté… Les frais sont partout dans l'épargne financière. Souvent peu visibles, parfois mal compris, ils jouent pourtant un rôle important dans la performance finale d'un placement. Le rapport 2026 de l'Observatoire des produits d'épargne financière aide à y voir plus clair.

Quand on choisit un placement, on regarde souvent son rendement espéré, son niveau de risque ou ses avantages fiscaux. C'est bien normal. Mais un autre élément mérite toute l'attention des épargnants : les frais.

Ils peuvent être prélevés au moment d'un versement, chaque année au titre de la gestion, lors d'un arbitrage ou directement à l'intérieur des supports d'investissement. Dit autrement, ils ne sont pas toujours visibles mais ils pèsent bien sur la performance finale.

Le rapport 2026 de l'Observatoire des produits d'épargne financière, mis en place par le Comité consultatif du secteur financier, rappelle une idée simple : les frais ne doivent pas être le seul critère de choix, mais ils doivent être compris. Car savoir ce que l'on paie, c'est déjà mieux piloter son épargne.

Des frais à plusieurs étages

Pour un épargnant non spécialiste, le plus difficile est souvent de comprendre où se situent les frais. Il n'y a pas un seul niveau de facturation, mais plusieurs.

D'abord, il y a les frais liés à l'enveloppe : assurance-vie, plan d'épargne retraite individuel, compte-titres ou PEA. Ces frais peuvent rémunérer la gestion du contrat, la tenue du compte, le conseil ou encore les opérations réalisées.

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Ensuite, il y a les frais propres aux supports d'investissement : fonds actions, fonds obligataires, fonds immobiliers, fonds ESG, produits structurés ou fonds de capital-investissement. Ces frais sont généralement déjà intégrés dans la valeur affichée du support. L'épargnant ne les paie donc pas toujours directement, mais ils sont bien déduits de la performance.

C'est un point essentiel : dans une assurance-vie ou un PER investi en unités de compte, l'épargnant peut supporter à la fois les frais du contrat et les frais des fonds sélectionnés. Le coût total réel dépend donc de l'addition de ces deux couches.

Assurance-vie : des frais globalement stables

L'assurance-vie reste le produit phare de l'épargne financière en France. Le rapport montre qu'en 2025, les frais de gestion annuels moyens des contrats d'assurance-vie s'établissent à 0,67 % pour les fonds en euros, à 0,79 % pour les unités de compte en gestion libre et à 1,08 % pour les unités de compte en gestion pilotée, profilée ou sous mandat.

Ces chiffres sont globalement stables par rapport à l'année précédente. Mais ils rappellent que le choix du mode de gestion a un coût. La gestion libre, où l'épargnant choisit lui-même ses supports, est en moyenne moins chère que la gestion pilotée, où la répartition de l'épargne est confiée à un professionnel.

Les frais sur versement existent aussi. En assurance-vie, ils atteignent en moyenne 0,55 % sur les fonds en euros, 0,57 % sur les unités de compte hors produits structurés et 0,72 % sur les unités de compte investies en produits structurés. Concrètement, lorsqu'un épargnant verse 1.000 euros avec 0,57 % de frais d'entrée, 5,70 euros sont prélevés avant même que l'argent soit investi.

PER : préparer sa retraite coûte souvent un peu plus cher

Le Plan d'épargne retraite individuel, ou PER, a été conçu pour préparer la retraite sur le long terme. Mais le rapport souligne que ses frais demeurent supérieurs à ceux observés en assurance-vie.

En 2025, les frais sur versement moyens atteignent 1,09 % sur les fonds en euros, 1,51 % sur les unités de compte hors produits structurés et 1,76 % sur les unités de compte investies en produits structurés. Les frais de gestion annuels s'élèvent, eux, à 0,76 % sur les fonds en euros, 0,91 % sur les unités de compte hors produits structurés et 0,94 % sur les produits structurés.

Supports d'investissement : le deuxième étage des frais

C'est souvent là que les frais sont les moins visibles pour l'épargnant. Dans une assurance-vie ou un PER investi en unités de compte, il ne faut pas seulement regarder les frais du contrat. Il faut aussi tenir compte des frais propres aux supports choisis.

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En 2025, le coût récurrent moyen des fonds supports d'unités de compte atteint 1,60 %. Mais cette moyenne cache de fortes différences selon la nature du placement. Les fonds monétaires, généralement plus simples et moins risqués, affichent les frais les plus bas, à 0,29 %. Les fonds obligataires sont à 1,16 %, les fonds à allocation d'actifs à 1,68 % et les fonds actions à 1,80 %.

À l'autre bout de l'échelle, les fonds immobiliers atteignent 2,25 %, les fonds alternatifs 2,33 % et les fonds de capital-investissement 2,50 %. Autrement dit, plus le support est complexe, spécialisé ou moins liquide, plus les frais ont tendance à augmenter.

Fonds actions : des frais variables selon les marchés

Les fonds actions constituent une grande famille de supports. En 2025, leurs frais moyens varient selon les zones géographiques et les types d'entreprises ciblées. Les fonds actions États-Unis affichent par exemple des frais moyens de 1,72 %, tandis que les fonds actions France petites et moyennes capitalisations montent à 2,22 %.

Cette différence s'explique notamment par le travail demandé au gérant. Investir dans de grandes entreprises très suivies par les marchés coûte généralement moins cher que sélectionner des petites et moyennes entreprises, moins connues, moins liquides et nécessitant davantage d'analyse.

Ainsi, un fonds actions France affiche en moyenne 2,00 % de frais, un fonds actions Europe 1,85 %, un fonds actions monde 1,94 % et un fonds actions pays émergents monde 2,10 %.

Produits structurés : des frais moins visibles, une mécanique plus complexe

Les produits structurés attirent de plus en plus d'épargnants, notamment via l'assurance-vie. Ils promettent souvent une formule de rendement prédéfinie, parfois avec une protection partielle ou totale du capital à l'échéance.

Mais ces produits sont complexes. Leur performance dépend d'un indice, d'un panier d'actifs ou d'un scénario de marché. Ils peuvent aussi être remboursés par anticipation, ce qui rend leur durée réelle parfois bien plus courte que la durée initialement recommandée.

Le rapport cite un exemple parlant : un produit peut afficher 6,5 % de frais prélevés au départ et une durée maximale de dix ans. Présentés sur dix ans, ces frais peuvent sembler représenter 0,65 % par an. Mais si le produit est remboursé au bout d'un an, les frais réellement supportés sur la durée effective peuvent représenter 6,5 %.

C'est un point clé pour les épargnants : dans un produit structuré, il ne suffit pas de regarder le rendement annoncé. Il faut aussi comprendre la durée réelle possible du placement, les conditions de remboursement anticipé, les scénarios défavorables et la manière dont les frais sont présentés.

Immobilier non coté : des frais élevés, liés à la gestion concrète des immeubles

Les actifs immobiliers non cotés, comme les SCPI, OPCI ou SCI, permettent d'investir dans l'immobilier sans acheter directement un logement ou un local. Ils peuvent offrir une diversification intéressante, mais ils ne sont pas sans contraintes.

Le rapport rappelle que ces supports sont généralement moins liquides que des fonds investis en actions cotées ou en obligations. En clair, revendre ses parts peut prendre plus de temps, surtout lorsque le marché immobilier traverse une période difficile.

Les frais peuvent aussi être significatifs. Pour les SCPI, les commissions de souscription, aussi appelées droits d'entrée, sont comprises entre 0 % et 11 %, avec une moyenne de 9 %. Les frais de sortie sont également compris entre 0 % et 11 %, avec une moyenne de 4 %.

À cela s'ajoutent les frais récurrents. En 2025, les commissions de gestion des SCPI représentent en moyenne 0,49 % de la capitalisation, tandis que les frais liés à l'exploitation immobilière atteignent 2,45 %. Au total, les frais récurrents moyens des SCPI ressortent à 2,95 %, hors commissions d'acquisition et de cession. Lorsque ces commissions d'acquisition et de cession sont perçues, elles s'élèvent en moyenne à 2,38 %.

Ces frais rémunèrent une gestion très concrète : achat d'immeubles, entretien, gestion locative, travaux, taxes, assurances, cessions éventuelles. Mais l'épargnant doit garder en tête un point important : lorsque des SCPI sont logées dans une assurance-vie, les frais propres à la SCPI s'ajoutent aux frais du contrat. Là encore, l'empilement des frais mérite d'être regardé de près.

Actifs financiers non cotés : potentiel de long terme, vigilance renforcée

Le rapport s'intéresse également aux actifs financiers non cotés : capital-investissement, dette privée, infrastructures, FCPR, FCPI, FIP ou encore fonds dits evergreen. Ces placements financent des entreprises non cotées en Bourse et peuvent contribuer au financement de l'économie réelle.

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Dans les unités de compte, les fonds de capital-investissement affichent en 2025 un coût récurrent moyen de 2,50 %, le niveau le plus élevé parmi les grandes catégories de fonds supports d'UC étudiées dans le rapport. Ce niveau reflète la nature du travail réalisé : sélectionner des entreprises non cotées, suivre les participations dans le temps, accompagner les sociétés financées et organiser les sorties.

Ces supports peuvent offrir une diversification intéressante et participer au financement de l'économie réelle. Mais ils sont généralement moins liquides que des fonds cotés, plus complexes à valoriser et réservés à un horizon de placement long. Le niveau des frais doit donc être mis en regard de ces contraintes.

Comprendre les frais, c'est reprendre la main

Les frais ne sont pas l'ennemi de l'épargne. Ils rémunèrent des services réels : conseil, gestion, sélection des supports, suivi administratif, accès à des marchés parfois complexes. Mais ils doivent être clairs, expliqués et proportionnés.

Dans un monde financier où les produits se diversifient, la transparence devient un outil de confiance. Pour les épargnants, le réflexe à adopter est simple : avant de regarder combien un placement pourrait rapporter, regarder aussi combien il coûte.

Car à long terme, quelques dixièmes de pourcentage peuvent faire une vraie différence. Et une épargne bien comprise est souvent une épargne mieux choisie.