Sites de seconde main : de plus en plus de photos générées par intelligence artificielle, attention aux arnaques information fournie par Boursorama avec Newsgene 22/01/2026 à 12:48
Si, comme un Français sur trois, vous revendez régulièrement des articles sur Vinted, vous avez peut-être déjà reçu un produit qui ne correspondait pas aux photos publiées par le vendeur. Dans certains cas, il pourrait s’agir d’images retouchées ou générées par l’intelligence artificielle, une arnaque en forte progression depuis plusieurs mois sur les plateformes de seconde main, selon nos confrères de RMC Conso .
Alors qu’il fallait auparavant maîtriser des logiciels de retouche et y consacrer plusieurs heures, l’IA permet aujourd’hui, en quelques clics, de transformer une photo avec un rendu réaliste. Les applications d’intelligence artificielle gratuites sont désormais légion sur la toile. Leur utilisation est simple : il suffit d’importer une image et de rédiger un prompt détaillé. En quelques minutes, un produit peut être débarrassé de ses rayures ou traces d’usure, paraître plus propre et de meilleure qualité, être porté par un mannequin dans un décor choisi, voire être créé de toutes pièces.
Des victimes des deux côtés
Les premières victimes sont les particuliers, qu’ils soient vendeurs ou acheteurs. Comme l’indique le site Haas Avocats, cabinet spécialisé en droit des nouvelles technologies, qui recense déjà une centaine de victimes, « les vendeurs honnêtes se retrouvent éclipsés par ces pratiques déloyales et voient leurs ventes s’effondrer » . Les acheteurs, eux, se retrouvent directement trompés.
Dans certains cas, la situation vire même à l’absurde. Une mère et sa fille en ont fait l’expérience, comme elles l’ont raconté à TF1 . Après avoir vendu un livre en parfait état, elles ont fait l’objet d’une procédure de litige. L’acheteur avait ajouté une déchirure sur la couverture à l’aide de l’IA pour justifier sa plainte. Résultat : « L'acheteur a d'abord été indemnisé, donc il a reçu son livre gratuit, y compris les frais de port » , clame la fille.
Qui est responsable ?
Sur le plan juridique, le vendeur reste directement fautif. Induire le consommateur en erreur sur les caractéristiques essentielles d’un produit constitue une pratique commerciale trompeuse, selon le Code de la consommation . En outre, depuis 2024 et l’entrée en vigueur de l’IA Act, tout contenu généré ou modifié par une intelligence artificielle doit être signalé.
Mais les plateformes ont également un rôle à jouer. Comme l’explique Yasmine Douadi, experte en cybersécurité au sein du cabinet Riskintel Media, auprès de TF1 : « Elles doivent mettre en place un certain nombre de processus et d'outils qui permettent de détecter les images qui ont été générées en IA. Elles doivent les retirer de la plateforme, mais également couper le compte des personnes qui utilisent ce type d'image. » Dans le cas contraire, elles s'exposent à une amende « qui peut s'élever jusqu'à 6 % de leur chiffre d'affaires » , affirme encore l’avocate.
Comment éviter les arnaques ?
Plusieurs réflexes permettent de limiter les risques. D’abord, « vous méfier des images trop belles, trop lisses et sans défauts » , conseille Benoît Grunemwald, expert en cybersécurité au sein d’ESET. Il recommande également de « demander des photos complémentaires » .
Autre outil utile : la recherche d’image inversée, qui permet de retracer l’origine d’un visuel. Elle est notamment proposée par Google Lens et la plupart des moteurs de recherche. Selon l’expert, « beaucoup d'entre elles proviennent de sites chinois notamment » . Enfin, si vous soupçonnez une image générée par l’IA, signalez-la d'abord à la plateforme, puis aux autorités compétentes.