Le retour de la 2CV en version électrique: nostalgie ou solution pour une mobilité plus sobre?
information fournie par The Conversation 18/07/2026 à 08:30

La mythique Citroën 2CV, revient en version électrique. Après la DS, que dit le retour de cette icône française? (crédit: Adobe Stock)

La 2CV électrique illustre une recomposition des stratégies automobiles: mobiliser l'héritage pour accompagner la décarbonation. Un cas révélateur des tensions entre innovation, coût et usages.

L'industrie automobile est-elle à ce point en difficulté qu'elle doive puiser dans ses modèles mythiques pour soutenir une électrification encore hésitante? En 2026, le rétro marketing appliqué aux véhicules électriques connaît un véritable essor, notamment autour d'icônes populaires: Fiat 500, Mini, Renault 5 ou encore Renault 4L.

Plutôt qu'un manque d'inspiration des designers, cette tendance traduit surtout un choix stratégique assumé: capitaliser sur des modèles familiers pour rassurer les consommateurs face à une transition technologique encore incertaine.

Parmi ces icônes, l'une manquait encore à l'appel: la Citroën 2CV (deux chevaux-vapeur). Le groupe Stellantis a levé le voile en annonçant son retour à l'horizon de 2028 dans le cadre de son plan «FaSTLAne 2030».

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Quand le passé éclaire le futur

Ce recours au passé n'est pas inédit chez Citroën. Dès les années 2010, la DS3 avait déjà mobilisé l'héritage de la mythique DS. Dans nos travaux de 2014, nous montrions qu'il ne s'agissait pas d'un simple exercice nostalgique, mais d'une variante stratégique du rétro marketing reposant sur l'utilisation d'un nom iconique, sans reprise du design d'origine, afin de projeter le nouveau modèle, qui deviendra par la suite une marque à part entière, vers le segment premium.

Aujourd'hui, avec la future 2CV, Citroën adopte une logique presque inverse. L'objectif n'est plus de monter en gamme, mais au contraire de rendre accessible la mobilité électrique, avec un véhicule annoncé autour de 15.000 € .

Autrement dit, là où la DS3 utilisait le passé pour justifier un positionnement haut de gamme, la 2CV pourrait l'utiliser pour légitimer une offre frugale.

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L'émergence des «e-cars»

Le projet dépasse toutefois le simple cadre du marketing. Il s'inscrit dans une évolution réglementaire européenne avec l'apparition des «e-cars» (catégorie M1E). Cette nouvelle catégorie permet de concevoir des véhicules compacts, plus légers et moins coûteux, tout en autorisant des dérogations à certaines obligations de sécurité, notamment celles liées à la réglementation GSR2, particulièrement onéreuses.

L'objectif (accélérer la démocratisation de la voiture électrique) est clair. Mais cette simplification a une contrepartie. Les performances restent limitées, avec une autonomie souvent inférieure à 200 kilomètres et des capacités de recharge réduites. Ces véhicules sont donc avant tout conçus pour un usage urbain ou des déplacements de portée limitée.

Dès lors, la future 2CV pourra‑t‑elle rester fidèle à l'esprit de polyvalence de l'originale, pensée pour la France rurale?

Avec Marc Prieto (Professeur-HDR, directeur de l'Institut ESSCA "Transports & Mobilités Durables", ESSCA School of Management)


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