Avion : la compagnie doit-elle vous indemniser si votre vol est annulé à cause des prix du carburant ? information fournie par Boursorama avec Newsgene 22/05/2026 à 14:51
Pour faire face à l'envolée du prix du kérosène, certaines compagnies aériennes tentent de répercuter les coûts sur leurs clients, quitte parfois à se retrouver dans l'illégalité. Appelée à se prononcer sur ces situations, la Commission européenne a récemment rappelé les règles en vigueur pour protéger les voyageurs, rapporte BFM Business ce jeudi 21 mai 2026.
Le surcoût interdit après l'achat
L'autorité a notamment jugé illégale la pratique consistant à augmenter le prix du billet d'avion après achat, ce qu'a par exemple fait dernièrement Volotea. « Les compagnies aériennes ne peuvent pas prévoir dans leurs conditions générales des clauses leur permettant d'augmenter le prix du billet au-delà de celui annoncé au moment de l'achat, au motif que le carburant s'est révélé plus coûteux que prévu » , précise ainsi la commission.
D'autres compagnies estiment que l'augmentation des prix du carburant représente une « circonstance exceptionnelle » sur laquelle elles ne peuvent pas agir. Si elles ne peuvent pas se dérober à leur obligation de remboursement du billet, elles refusent cependant d'indemniser les clients si un vol est annulé pour ce motif. Pourtant, ces derniers peuvent normalement prétendre à un montant allant jusqu'à 600 euros ainsi qu'à la prise en charge de certaines dépenses inhérentes au voyage.
Une obligation d'indemnisation, sauf exception
La commission européenne a une nouvelle fois contredit les compagnies. Elle a ainsi estimé que « la volatilité du carburant est prévisible et que cela ne peut pas exonérer la compagnie aérienne du versement de l'indemnisation » , selon Anaïs Escudié, fondatrice du site Retardvol.fr.
L'institution a toutefois rappelé qu'une seule exception était prévue dans ce cas de figure : une pénurie locale de carburant. En effet, la compagnie est autorisée à ne pas dédommager les clients si l'un de ses vols est annulé uniquement pour cette raison. « La Commission estime qu’une pénurie locale de carburant empêchant l’exploitation d’un vol peut être considérée comme une 'circonstance extraordinaire'. Toutefois, les annulations dues à des prix du carburant exceptionnellement élevés, par opposition aux pénuries locales de carburant, ne peuvent être considérées comme constituant des 'circonstances extraordinaires' » , a-t-elle expliqué dans une notice diffusée récemment.