Sécurité des moyens de paiement : ce type de fraude qui persiste...
information fournie par BoursoBank 22/09/2026 à 08:00

La sécurité des moyens de paiement s'améliore en France mais une catégorie de fraude résiste et menace toujours... (Visuel Adobe Stock généré à l'aide de l'IA)

Les chiffres complets sur la sécurité des moyens de paiement en France pour 2025 sont sortis. La carte bancaire s'en sort mieux qu'avant, le chèque falsifié est en perte de vitesse malgré une surreprésentation dans la fraude, mais les citoyens restent de plus en plus menacés par la fraude par manipulation qui est à l'origine de plus de 40% des montants volés ou piratés. Voici l'état des lieux publié par l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP).

Quelles sont les tendances des paiements en France ?

Volumétrie des paiements scripturaux : une hausse toujours soutenue

Les moyens de paiement scripturaux - carte, virement, prélèvement, chèque ou encore paiement mobile - continuent de gagner du terrain. En 2025, leur usage progresse nettement par rapport à 2024 : +5,5% en nombre de transactions et +4,2% en montants échangés.

Cette évolution confirme l'ancrage des paiements dématérialisés dans les habitudes des particuliers comme des entreprises. Elle s'explique notamment par la montée en puissance des usages numériques, des paiements rapides et des parcours simplifiés.

Paiement mobile : un usage devenu massif

Le paiement par mobile n'est plus un usage marginal. En 2025, il a représenté près d'un paiement par carte sur cinq en point de vente.

Cette progression illustre l'adoption rapide des portefeuilles numériques et des solutions de paiement sans contact via smartphone. Le mobile devient ainsi un canal de paiement courant, notamment pour les achats du quotidien.

En 2025, chez BoursoBank, le paiement mobile a représenté 39% des paiements par carte et s'est même élevé à 44% au 2e trimestre 2026.

Virements instantanés : un doublement des flux

Le virement instantané connaît lui aussi une forte accélération. Le montant annuel des flux traités par ce moyen de paiement a doublé entre 2024 et 2025.

Il a pesé en 2025 pour 17% dans le volume total des virements émis. Cette dynamique montre l'intérêt croissant des utilisateurs pour des paiements exécutés en quelques secondes, dans le cadre de remboursements entre particuliers ou de paiements urgents.

Fraude à la carte bancaire : une baisse qui se poursuit

La carte bancaire reste très utilisée, mais son niveau de fraude atteint un point particulièrement bas. En 2025, celui-ci s'est établi à 47 euros fraudés pour 100.000 euros de paiement par carte.

Ce résultat traduit l'efficacité des mesures de sécurisation mises en place ces dernières années, notamment sur les paiements en ligne et les parcours à risque. Les actions ciblées sur les transactions à distance, en particulier celles ne reposant pas sur le protocole 3-D Secure, ont contribué à améliorer la situation en 2024 et 2025.

Fraude au chéquier : un fléchissement mais la prudence reste de rigueur

Le chèque, longtemps exposé à des risques spécifiques comme le vol, la falsification ou le détournement, connaît lui aussi une amélioration nette. En 2025, son taux de fraude est descendu à 69 euros pour 100.000 euros de paiement mais le positionne encore en tête des moyens de paiement les plus fraudés en France.

Cette baisse s'explique par les mesures de sécurisation recommandées par l'Observatoire, notamment autour :
-> De l'envoi des chéquiers par voie postale.
-> Du renforcement des contrôles.
-> De l'accès au Fichier national des chèques irréguliers, qui permet aux banques de mieux protéger les bénéficiaires de chèques.

Même si l'usage du chèque diminue structurellement, sa sécurisation reste un enjeu important, en particulier pour certains publics âgés historiquement attachés au chèque et pour les professionnels de santé notamment.

Des dispositifs de prévention qui portent leurs fruits

L'Observatoire met en avant plusieurs actions engagées pour limiter la fraude avant qu'elle ne se produise.

Parmi les mesures importantes figurent les coopérations avec les acteurs des télécommunications et du numérique. L'objectif est de mieux lutter contre les usurpations d'identité utilisées par les fraudeurs sur différents canaux : appels téléphoniques, SMS, messageries numériques, réseaux sociaux ou faux sites.

D'autres outils renforcent également la détection automatique des opérations suspectes et leur consignation :

-> Le service de vérification des bénéficiaires ou VOP , mis en place en octobre 2025.
-> Le fichier national des comptes signalés pour risque de fraude ou FNC-RF, disponible depuis mai 2026.

Ces dispositifs permettent aux prestataires de services de paiement de partager davantage d'informations et d'identifier plus tôt les virements à risque, notamment lorsqu'une victime est poussée, par la pression ou la menace, à effectuer elle-même un paiement frauduleux.

L'Observatoire poursuit aussi son plan de sécurisation des paiements par carte à distance hors protocole 3-D Secure. Celui-ci, maintenu en 2026, combine des mesures générales sur les canaux les plus vulnérables et des actions ciblées auprès des commerçants les plus exposés.

Fraude par manipulation ou ruse : la nouvelle vague d'arnaques

C'est le principal point d'alerte du rapport. Même si la fraude globale progresse moins vite que les paiements, les escroqueries par manipulation continuent de prendre de l'ampleur.

En 2025, elles ont représenté 516 millions d'euros en montant, soit près de 42% du total annuel total de la fraude aux moyens de paiement. Leur part a doublé en quatre ans.

Ces fraudes reposent sur un principe simple : le fraudeur ne cherche pas forcément à pirater un compte ou un outil de paiement, mais à convaincre la victime d'agir elle-même sur la base de ses conseils persuasifs. Les exemples les plus fréquents sont :

  • La fraude au faux conseiller bancaire.
  • La fraude au président.
  • La substitution d'IBAN.
  • Les faux messages d'urgence.
  • Les escroqueries via téléphone, messagerie ou réseaux sociaux.

À noter : ces modes opératoires peuvent toucher aussi bien les particuliers que les entreprises. Les autorités et experts en cybersécurité mettent en garde sur les scénarios d'ingénierie sociale très vraisemblables auxquels l'IA peut contribuer : faux site, imitation de la voix, trucage d'une photo…

En résumé

  • Les paiements numériques poursuivent leur croissance. Le paiement mobile et le virement instantané sont les moteurs les plus visibles de cette transformation.
  • La fraude à la carte bancaire et au chèque est en bonne voie d'être contenue même si des précautions s'imposent toujours. Les taux de fraude atteignent des niveaux historiquement bas : les plans d'action successifs semblent donc produire des résultats tangibles.
  • La fraude par manipulation reste la grande menace. La meilleure protection est la prudence : ne jamais agir dans l'urgence, vérifier l'identité de son interlocuteur et contrôler soigneusement et sans précipitation les coordonnées bancaires du bénéficiaire avant d'exécuter tout virement.

À lire aussi | Fraude aux moyens de paiement : ça va mieux, mais un chiffre inquiète…

À lire aussi | Phishing, hacking, spoofing : comment s’y retrouver parmi toutes les cyber-attaques… et y faire face


(1) https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/rapport-de-lobservatoire-de-la-securite-des-moyens-de-paiement-2025