CAN 2017: Le comité organisateur devra rendre des comptes
information fournie par Boursorama avec Newsgene 06/02/2017 à 16:54

La Coupe d'Afrique des nations de football a représenté un intérêt économique pour le Gabon, qui veut diversifier ses ressources pour sortir de sa dépendance au pétrole et rejoindre le club des pays émergents d'ici 2025. Reste que l'événement a créé la polémique, les chiffres avancés étant apparemment bien au-delà des coûts estimés par la comité organisateur.

CAN 2017: Le comité organisateur devra rendre des comptes

Création d'emplois dans le BTP, infrastructures routières et numériques renforcées, l'accès à l'eau et l'électricité amélioré, réfection de l'aéroport... La Coupe d'Afrique des nations de football (CAN 2017), une aubaine économique pour le Gabon ? La question a représenté un gros enjeu politique dans ce petit pays organisateur d'1,8 million d'habitants, sorti profondément divisé de la réélection contestée pour sept ans d'Ali Bongo Ondimba.

3.000 emplois directs et indirects dans les secteurs du BTP

Aussi lors d'une rencontre informelle avec le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet, qui défendait le bilan de ses 100 premiers jours au gouvernement, l'équipe présidentielle a, avant la compétition, tenu à lister les points forts de l'organisation d'un tel événement sportif, « un atout majeur pour le Gabon ». « Le développement des infrastructures et d'appui a permis de créer 3.000 emplois directs et indirects dans les secteurs du BTP », a-t-on affirmé un document de la présidence remis à la presse. « L'organisation de la CAN-2012 avait déjà permis au Gabon de se doter (...) d'infrastructures routières et numériques renforcées, avec un réseau national de 1.572 km de route bitumée, la 4G disponible sur le territoire et la fibre optique dans la capitale », a ajouté la présidence. Un pouvoir qui a affirmé que les travaux ont permis d'améliorer l'accès à l'eau et l'électricité, la réfection de l'aéroport et la construction des routes d'Oyem, le développement de l'axe routier Tchengué-Port Gentil et le déploiement de 600 km de fibre optique.

Des écoles ou des stades ?

Autant d'arguments qui ont laissé de marbre le principal rival d'Ali Bongo à la présidentielle d'août dernier, Jean Ping, qui se proclame toujours le « président élu ». « L'organisation en 2012 et 2017 de la CAN coûte d'ores et déjà aux contribuables gabonais la somme de 863 milliards de FCFA (1,3 milliard d'euros) soit 400 milliards en 2012 et 463 milliards (environ 700 millions d'euros) en 2017 », a accusé son regroupement politique, la Coalition pour la nouvelle république. « Vous voyez vous-mêmes qu'il n'y a pas assez d'écoles. Comment pouvez-vous investir massivement dans des stades ? », a lui-même lancé Jean Ping en recevant vendredi dernier quelques journalistes étrangers venus couvrir la finale de la CAN. Alors ce lundi, au lendemain de la finale de la 31e édition de la biennale du football africain, le comité organisateur (Cocan) a dû s'expliquer sur le coût exorbitant de la compétition et la faible affluence dans les stades.

Un rapport complet déposé à la Cour des comptes

« On annonce dans la presse 463 milliards de FCFA (environ 700 millions d'euros). On en est loin », a déclaré lors d'une conférence de presse à Libreville Christian Kerangall, haut commissaire au comité d'organisation. « En juillet 2015 , le budget corrigé était à 303 milliards de FCFA (454,5 millions d'euros). La réalisation aujourd'hui, connue à peu près, est à’2 milliards de FCFA (moins de 300 millions d'euros) », a-t-il assuré. Pour faire taire la polémique, le Cocan a fait savoir qu'il rendrait ses comptes aux autorités gabonaises avant le 15 mai « avec un rapport complet déposé à la Cour des comptes », précisant que les chiffres seraient même « communiqués à la télévision ». Tout comme ceux de l'affluence dans les stades .

Le Cameroun victorieux

« Il y avait 535.000 places disponibles sur l'ensemble de la compétition. On va être à 330.000 ou 350.000 spectateurs dans les stades durant toute la compétition », a assuré Christian Kerangall, soulignant au passage que la moyenne du taux de remplissage sur toute l'histoire de la CAN était d'environ 40%. A ce stade, il faut tout de même rappeler que l’équipe du Cameroun a remporté la CAN pour la cinquième fois de son histoire, ce dimanche 5 février à Libreville. En finale, les Lions indomptables ont battu les Egyptiens 2-1.