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La crise du pétrole pourrait être «bien pire» en avril, selon le patron de l'AIE

information fournie par Le Particulier 10/04/2026 à 19:25

L’AIE avertit qu’en cas de fermeture persistante d’Ormuz, la crise pétrolière d’avril pourrait être deux fois plus grave qu’en mars, malgré le fragile cessez‑le‑feu. ( crédit photo : Getty Images )

L’AIE avertit qu’en cas de fermeture persistante d’Ormuz, la crise pétrolière d’avril pourrait être deux fois plus grave qu’en mars, malgré le fragile cessez‑le‑feu. ( crédit photo : Getty Images )

Avant le fragile accord de cessez-le-feu intervenu mercredi entre les États-Unis et l’Iran, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait livré une forte mise en garde. Si le détroit d’Ormuz restait fermé, avril pourrait marquer une détérioration de l’approvisionnement pétrolier deux fois plus grave qu’en mars. Une situation toujours redoutée par les marchés.

Sommaire:

  • Une onde de choc supérieure aux crises de 1973 et 1979?
  • Détroit d’Ormuz: verrou de l’économie mondiale?
  • Perspectives du marché et scénarios futurs

Une onde de choc supérieure aux crises de 1973 et 1979?

Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a multiplié les interventions remarquées ces dernières semaines pour exprimer sa profonde inquiétude quant à l’évolution de la crise énergétique. Dans le podcast «In Good Company» relayé par CNBC, il a d’abord dressé un constat alarmant: « Le mois prochain, avril, sera bien pire que mars ». Pour l’homme fort de l’AIE, le marché mondial perdrait actuellement « 12 millions de barils par jour ».

Une inquiétude renouvelée lors d’une interview publiée dans Le Figaro cette semaine , où il a estimé que « la crise actuelle est plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies ». Cette déclaration est intervenue quelques heures avant le début du cessez-le-feu de deux semaines entre l’Iran et les États-Unis. Celui-ci prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz et la poursuite des discussions diplomatiques avec le Pakistan comme acteur clé de la médiation entre les deux pays.

Détroit d’Ormuz: verrou de l’économie mondiale?

Pour l’AIE, les effets de l’arrêt du trafic ne s’étaient pas encore pleinement fait sentir le mois dernier. Fatih Birol estime ainsi que certaines cargaisons en circulation en mars provenaient de flux antérieurs au conflit et masquaient partiellement l’ampleur du choc. Avec la disparition de ces stocks tampons, la réalité de l’effondrement de l’offre a ainsi conduit l’AIE à envisager un scénario noir, d’où l’expression employée de «Black April».

Si le récent accord temporaire entre Washington et Téhéran a permis d‘écarter momentanément le spectre d’une rupture totale - provoquant une détente des cours du pétrole et du gaz - la fragilité de la situation laisse penser que l’hypothèse de l’AIE est toujours d’actualité. Pour rappel, environ 20% de la consommation mondiale de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié (GNL) transite par le détroit d’Ormuz. Au-delà des hydrocarbures, le détroit est vital pour le transit des engrais, de l’hélium ou encore du soufre.

Perspectives du marché et scénarios futurs

Cette vulnérabilité systémique de l‘économie mondiale, exposée par le blocage potentiel d’un point de passage aussi névralgique qu’un «simple» détroit, pousse Fatih Birol à envisager cette crise comme un catalyseur de rupture. Le directeur de l’AIE préconise ainsi une accélération de la transition énergétique pour pallier ces dépendances stratégiques. Pour y parvenir, il a appelé à « relancer l'élan en faveur de l'énergie nucléaire, y compris des petits réacteurs modulaires (SMR)».

Dans l’attente de ce redéploiement industriel de long terme, le dirigeant prône une gestion rigoureuse de la demande. Il exhorte les États et les agents économiques à consommer l‘énergie de la manière la « plus prudente possible, en l'économisant et en améliorant son efficacité ». Dans cette perspective, la sobriété apparaît comme l’ultime rempart si les leviers diplomatiques venaient à céder.

Les marchés ont néanmoins tourné leurs regards depuis mercredi vers la diplomatie et espèrent que la trêve de deux semaines entre Washington et Téhéran puisse être rigoureusement respectée. Un retour des tensions dans le détroit d’Ormuz replongerait instantanément les marchés dans une situation d’incertitude majeure.

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