Il est conseillé de conserver environ un mois de dépenses sur son compte courant, avec une petite marge, et de placer le surplus ailleurs ( Shutterstock )
Le compte courant sert d’abord aux dépenses du quotidien. Pour savoir combien y conserver, mieux vaut raisonner en fonction de ses besoins réels.
Le compte courant est le point de passage de l’argent du quotidien : le salaire y arrive, les prélèvements y sont débités et les dépenses courantes y sont réglées. Il n’a donc pas vocation à accumuler une épargne importante pendant des mois. Il n’existe d’ailleurs aucun montant universel à conserver dessus. Le bon niveau dépend surtout des charges du foyer, de la régularité des revenus et du rythme des paiements. L’idée est de disposer d’une somme suffisante pour faire face aux dépenses à venir sans immobiliser inutilement plusieurs milliers d’euros.
Une marge de 10 à 15 % pour sécuriser son budget
Un repère simple consiste à laisser sur le compte l’équivalent d’environ un mois de dépenses, auquel peut s’ajouter une marge de sécurité de 10 à 15 %. Pour l’estimer, il faut regarder ce qui sort réellement chaque mois : loyer ou crédit, énergie, assurances, abonnements, alimentation, transport, mais aussi les prélèvements moins fréquents susceptibles de tomber prochainement. Un foyer qui dépense autour de 1 800 euros par mois pourra ainsi viser un solde proche de 2 000 euros. Ce chiffre n’est pas une règle absolue, mais un point de départ à ajuster selon la stabilité des revenus.
À vouloir optimiser au maximum, il ne faut toutefois pas tomber dans l’excès inverse. Un compte presque vide laisse très peu de marge en cas de facture inhabituelle, de prélèvement annuel oublié ou de dépense imprévue. Quelques centaines d’euros peuvent alors suffire à provoquer un découvert et, selon la banque, à entraîner des agios ou des frais. Conserver un petit coussin sur le compte courant permet donc d’éviter que le moindre décalage entre une entrée d’argent et une dépense ne déséquilibre le budget.
Le compte courant n’est pas fait pour conserver toute son épargne
En revanche, garder durablement 5 000, 10 000 euros ou davantage sur un compte courant n’apporte pas forcément plus de sécurité. Dans la plupart des banques, les sommes déposées sur ce type de compte ne sont pas rémunérées. Elles restent disponibles, mais ne produisent aucun intérêt. Or les montants concernés sont loin d’être anecdotiques : selon les données citées par la Banque de France, les ménages détenaient environ 763 milliards d’euros en numéraire et dépôts à vue à la fin de l’année 2025. Une partie de cette trésorerie pourrait donc, lorsqu’elle n’est pas nécessaire au quotidien, être placée sur des supports facilement accessibles.
Le Livret A reste notamment adapté à l’argent que l’on souhaite pouvoir récupérer rapidement. Depuis le 1er août 2026, son taux est fixé à 1,7 %, avec des intérêts exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Les personnes éligibles au Livret d’épargne populaire peuvent profiter d’un rendement de 2,5 %. L’objectif n’est pas de transférer systématiquement chaque euro disponible, mais de séparer l’argent nécessaire aux dépenses immédiates de celui qui peut attendre avant d’être utilisé. Cette organisation permet de conserver de la souplesse tout en évitant de laisser dormir une somme importante.
Des livrets pour les imprévus, d’autres placements pour le long terme
Cette distinction vaut également pour l’épargne de précaution. Même si elle doit rester mobilisable rapidement, elle n’a pas besoin d’être intégralement conservée sur le compte courant. Une réserve correspondant à plusieurs mois de dépenses peut être placée sur un ou plusieurs livrets disponibles, tandis que le compte sert à gérer le mois en cours. Séparer ces deux poches présente aussi un intérêt concret : l’argent destiné aux imprévus est moins facilement confondu avec le budget des achats ordinaires. Il devient alors plus simple de savoir ce qui peut être dépensé sans entamer sa réserve de sécurité.
Enfin, lorsqu’une somme bien plus importante n’a pas d’utilité à court terme, la question dépasse celle du simple solde bancaire. Selon l’horizon du projet et le niveau de risque accepté, une partie peut éventuellement être orientée vers une assurance-vie, un produit d’épargne retraite ou d’autres placements. L’essentiel reste de ne pas mélanger l’argent nécessaire prochainement avec celui qui peut être immobilisé plusieurs années. Il faut aussi garder en tête que la garantie des dépôts couvre, en principe, jusqu’à 100 000 euros par client et par établissement bancaire. Au-delà, répartir ses avoirs entre plusieurs banques peut donc devenir un enjeu supplémentaire.
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