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Carte bancaire, chèque, virement : quels sont les moyens de paiement préférés des fraudeurs ?

information fournie par Grazia 13/10/2026 à 17:00

Les virements et les cartes bancaires sont les moyens de paiement les plus ciblés par les fraudeurs, qui utilisent de plus en plus la manipulation ( Shutterstock )

Les virements et les cartes bancaires sont les moyens de paiement les plus ciblés par les fraudeurs, qui utilisent de plus en plus la manipulation ( Shutterstock )

La fraude bancaire continue de coûter cher aux Français. Mais les moyens de paiement les plus utilisés ne sont pas forcément ceux que privilégient les escrocs.

Un achat sur internet, un virement depuis son téléphone ou un chèque envoyé par courrier : chaque moyen de paiement présente des risques différents. Dans son rapport annuel publié en septembre 2026, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), rattaché à la Banque de France, dresse un état des lieux des escroqueries enregistrées en 2025. Le constat est contrasté : si les dispositifs de protection progressent, les sommes dérobées continuent d’augmenter. Surtout, les méthodes utilisées ne se limitent plus au vol de coordonnées bancaires.

Virements et cartes bancaires concentrent l’essentiel des fraudes

Au total, les fraudes ont représenté 1,241 milliard d’euros en 2025, soit 3,8 % de plus qu’un an auparavant. Pourtant, le nombre d’opérations frauduleuses a diminué de 7,6 %. Autrement dit, les escroqueries sont moins nombreuses, mais leur coût moyen augmente. Dans le détail, les virements concentrent 39 % des montants détournés, devant les paiements par carte bancaire (35 %) et les chèques (19 %). Deux opérations se distinguent particulièrement : le virement effectué depuis un espace bancaire en ligne et le paiement par carte à distance, qui pèsent chacun environ 30 % des montants fraudés.

La carte bancaire reste le moyen de paiement le plus courant au quotidien. C’est aussi à distance que les escrocs parviennent à détourner le plus d’argent avec ce système de paiement. Pour autant, les transactions deviennent mieux protégées. En 2025, les fraudes à la carte, tous usages confondus, représentent 47 euros pour 100 000 euros réglés, un niveau historiquement bas. Sur internet, ce montant atteint 124 euros, soit deux fois moins qu’en 2020. L’authentification forte et les contrôles renforcés contribuent à cette amélioration.

Les principales failles exploitées sur les virements et les chèques

Le virement bancaire présente un paradoxe. Il arrive en tête des montants fraudés, mais demeure globalement peu touché au regard des montants transférés. Le danger se concentre davantage sur certaines situations, notamment lorsqu’un particulier réalise lui-même une opération depuis son application bancaire. Un escroc peut alors se faire passer pour un conseiller ou transmettre de fausses coordonnées bancaires afin de détourner le règlement d’une facture. La rapidité des virements instantanés complique encore les choses : une fois l’argent envoyé, réagir à temps devient difficile.

Quant au chèque, sa disparition progressive des habitudes de paiement n’a pas suffi à le mettre à l’abri. Il représente encore près d’un cinquième des montants fraudés et affiche un taux de fraude de 69 euros pour 100 000 euros de paiements, supérieur à celui de la carte. La situation s’améliore : les sommes détournées ont reculé de 16 % en un an. Le principal point faible reste matériel. Selon la Banque de France, neuf chèques frauduleux sur dix sont des chèques volés, notamment pendant leur acheminement.

La manipulation des victimes devient l’arme favorite des fraudeurs

Le changement le plus préoccupant concerne moins le moyen de paiement que la façon dont les fraudeurs s’y prennent. En 2025, la fraude par manipulation a provoqué 516 millions d’euros de pertes, soit 41,6 % du préjudice total et une hausse de 34 % sur un an. Dans ces affaires, la victime ne se fait pas seulement dérober des informations : elle est amenée à autoriser elle-même une transaction. Le scénario du faux conseiller bancaire est devenu particulièrement fréquent. Sous prétexte de bloquer un prélèvement suspect ou de protéger l’épargne, l’interlocuteur pousse à valider un paiement ou à déplacer de l’argent. Les virements représentent à eux seuls 376 millions d’euros de ces fraudes par manipulation.

Ces résultats rappellent une distinction essentielle : un moyen de paiement peut concentrer une grande part des pertes sans être le plus risqué à chaque utilisation. Pour se protéger, mieux vaut donc adapter ses réflexes à l’opération envisagée. Avant un virement, il est prudent de contrôler l’identité du bénéficiaire et ses coordonnées bancaires. Face à un appel alarmant, il faut raccrocher puis joindre sa banque par un canal habituel, sans utiliser le numéro fourni par son interlocuteur. Et surtout, aucun établissement bancaire n’a besoin de faire confirmer une opération suspecte pour l’annuler. En cas de doute ou de fraude avérée, contacter immédiatement sa banque reste le premier réflexe.

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