« Mon colis va me coûter plus cher » : la taxe sur les petits colis entre en vigueur dès le 1er mars 2026, voici ce que vous devrez vraiment payer information fournie par aufeminin 03/03/2026 à 10:19
La taxe sur les petits colis entre en vigueur le 1er mars 2026. Elle s’appliquera aux commandes expédiées depuis des pays hors Union européenne. Qui devra s’en acquitter et quelles conséquences pour les acheteurs ?
Mauvaise nouvelle pour les adeptes des paniers en ligne à petits prix. Votre T-shirt à 3 euros risque de ne plus être tout à fait au même tarif. Et votre colis surprise pourrait bien vous réserver une addition un peu moins légère que prévu. Validée par le Conseil constitutionnel puis intégrée à la loi de finances pour 2026, la taxe sur les petits colis entrera en application le 1er mars prochain selon Le Figaro . L’objectif affiché par le gouvernement est clair. Freiner la progression fulgurante des importations de produits à bas prix en provenance de pays situés hors de l’Union européenne. Notamment dans le secteur de la mode à très bas coût.
Sur le principe, cette nouvelle contribution vise les flux massifs de marchandises commandées en ligne et expédiées directement depuis l’étranger. Elle concernera les livraisons destinées à la France hexagonale . Mais aussi à la Martinique, à la Guadeloupe, à La Réunion et à Monaco. Présentée comme temporaire, la mesure doit rester en place jusqu’à l’adoption d’un dispositif équivalent à l’échelle européenne. Attendue au plus tard fin 2026.
Taxe sur les petits colis : combien cela va coûter ?
Le montant est fixé à deux euros par article . Appliqués aux marchandises contenues dans des envois d’une valeur inférieure à 150 euros. En provenance d’un pays hors Union européenne. Cette somme est due au moment de l’importation. Elle ne remplace ni la TVA ni les éventuels droits de douane : elle s’y ajoute. Inscrite à l’article 82 de la loi n°2026-103 du 19 février, la taxe sur les petits colis précise que le consommateur n’est pas, juridiquement, celui qui doit la payer. Le code général des impôts prévoit qu’elle est due par la personne qui réalise la livraison lorsque le bien est vendu en France.
Dans le cadre d’une vente à distance de produits importés, il peut s’agir du vendeur ou de l’opérateur qui facilite la transaction via une interface électronique. Comme une place de marché. Concrètement, pour une commande inférieure à 150 euros passée sur une plateforme telle que Shein, c’est cette dernière qui devra verser les deux euros par article aux douanes . Lors des débats budgétaires, certains sénateurs avaient proposé de porter ce montant à cinq euros. Mais cette hausse n’a finalement pas été retenue.
« Cette mesure a eu un effet boomerang «
Selon Jean-Marie Salva, avocat en droit douanier, les coûts supplémentaires seront « forcément répercutés quelque part ». Que ce soit directement sur l’étiquette ou de manière plus indirecte. La mise en place de la taxe sur les petits colis intervient dans un contexte d’explosion des volumes . D’après un éclairage des douanes publié en décembre, 189 millions de déclarations de petits colis ont été enregistrées en France en 2024. Entre 2022 et 2024, leur nombre a triplé. Et la valeur totale des importations est passée de 1,9 milliard d’euros à 5,3 milliards. Depuis juillet 2021, date à laquelle les envois de moins de 150 euros sont soumis à la TVA et à une déclaration spécifique, plus de 2,1 milliards d’articles ont été importés.
En effet, la France n’est pas la première à tenter l’expérience. Depuis le 1er janvier, l’Italie applique également une taxe de deux euros sur les colis d’une valeur inférieure à 150 euros en provenance de pays hors Union européenne. Mais, selon Valentina Menin, directrice générale d’Assaeroporti, l’association représentant 32 aéroports italiens, « cette mesure a eu un effet boomerang ». Elle explique qu’au moins 30 vols à destination de Milan Malpensa, point d’entrée de 60 % des marchandises aériennes du pays, ont été redirigés vers la Belgique, Amsterdam ou la Hongrie. Afin d’éviter la taxe. Une fois le mécanisme européen instauré, il restera à voir si les plateformes absorberont ce coût. Ou chercheront d’autres moyens de le contourner.