« Il n'est nullement question que je paye » : un garagiste retraité victime d’une escroquerie, l’État lui réclame 830 000 euros
information fournie par Boursorama avec Newsgene 27/02/2026 à 10:56

La victime a porté plainte et une enquête a été ouverte. (manfredrichter / Pixabay)

Dans le Cher, un ancien garagiste est victime d'une fraude aux immatriculations alors qu'il ne travaille plus depuis plus d'un an. L'administration lui réclame 830 000 euros.

À la retraite depuis un an et demi, un ancien garagiste du Cher ne coule pas vraiment des jours heureux. Depuis fin novembre 2025, il vit un véritable cauchemar. Son agrément permettant de créer des certificats d'immatriculation a été usurpé et des centaines de cartes grises ont été émises à son insu, raconte France 3 Centre-Val de Loire .

Deux appels malveillants

Conséquence : l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), le service des cartes grises, lui réclame 830 000 euros. « Il n'est nullement question que je paye » , ne décolère pas celui qui travaillait à Jouet-sur-l'Aubois. Quand il était en activité, l'homme aujourd'hui âgé de 64 ans émettait en moyenne une dizaine de cartes chaque moi. Rien que pour le mois de novembre 2025, 360 certificats d'immatriculation ont été réalisés via son agrément.

L'incompréhension est totale pour le retraité. « Mon agrément était obsolète depuis ma retraite en septembre 2024. Ce qui veut dire qu'il a été réactivé depuis. Mais alors comment les codes ont-ils été saisis ? Ça, je ne sais pas ! » Lesdits codes auraient pu être subtilement dérobés par téléphone. En octobre 2025, l'ancien garagiste avait reçu deux appels provenant d'un supposé agent de la préfecture. Il s'agissait en fait d'un escroc.

« C'est toute une vie qu'on fout en l'air ! »

Selon la préfecture du Cher, la cessation d'activité n'aurait pas été correctement effectuée. Une brèche dans laquelle se sont engouffrés les malfaiteurs. Même si la victime a porté plainte et qu'une enquête a été ouverte, l'État lui réclame les 830 000 euros, en assurant qu'elle serait remboursée une fois l'enquête terminée et que son innocence serait prouvée.

Sauf que le sexagénaire ne dispose pas de cette somme. « Ce serait 10 000 ou 15 000 euros, on paierait comme on peut. Là, c'est toute une vie qu'on fout en l'air ! » D'après nos confrères, d'autres garagistes français ont été victimes de cette même fraude ces derniers mois.