Il change son testament avant de mourir et lègue 9 millions d’euros à sa commune, son fils saisit la justice information fournie par Boursorama avec Newsgene 03/03/2026 à 11:59
Un homme a saisi la justice pour dénoncer un abus de faiblesse dont aurait été victime son père avant son décès, en août 2023, à l'âge de 93 ans. Avant de s'éteindre, ce dernier avait désigné la commune où il vivait, Le Pradet (Var), comme légataire universel de sa fortune, rapporte Var-Matin . Son fils conteste ce dernier testament et souhaite le faire annuler.
« Une altération de son état général »
Avant celui-ci, les précédents testaments désignaient ses enfants et petits-enfants comme héritiers des 9 millions d'euros de fortune. Pour le fils du défunt, le nonagénaire « ne possédait plus toutes ses facultés mentales » quand il a rédigé ce testament devant une notaire. « Il était très sourd, voyait très mal. Un médecin avait constaté un mois avant son décès une altération de son état général » , avait-il expliqué à nos confrères début 2024.
La mairie du Pradet, qui ne préfère pas s'exprimer sur le sujet avant que justice ne soit rendu, a indiqué qu'aucune preuve n'a été fournie quant à la mauvaise santé mentale du légateur. Les enfants du nonagénaire ont proposé à la municipalité d'abandonner toute action judiciaire et de lui donner 2 millions d'euros sur les 9 millions que comprend le testament. Mais la mairie n'a jamais répondu à cette proposition.
Plainte pour abus de faiblesse
En plus de ce changement de testament, le vieil homme avait aussi, avant son décès, modifié son contrat d'assurance vie. Les bénéficiaires des 300 000 euros n'étaient plus ses proches mais le couple de gardiens qui s'occupait de sa propriété, et dont il était devenu dépendant, selon son fils. Une plainte pour abus de faiblesse a été déposée, une enquête est en cours. En attendant le procès, le versement de l'assurance-vie a été suspendu.
Ce même couple avait été désigné légataire universel de leur ancien employeur. La vente d'un appartement dont ils avaient hérité avait rapporté 310 000 euros aux gardiens. Une transaction qui avait été réalisée devant la même notaire que celle qui a reçu le nonagénaire pour son testament. La chambre des notaires avait été saisie pour faute disciplinaire, mais le dossier a été classé sans suite. Concernant la demande d'annulation du testament, l'audience civile a eu lieu le 19 février 2026 devant le tribunal judiciaire de Toulon. Un premier délibéré sera rendu le 26 avril.