France Travail : peut-on cumuler arrêt maladie et allocation chômage ?
information fournie par Boursorama avec LabSense 20/08/2026 à 08:30

Lorsqu’un demandeur d’emploi est confronté à un problème de santé et doit s’arrêter de travailler, sa situation vis-à-vis de France Travail et de ses droits à l’indemnisation peut rapidement devenir complexe. En effet, plusieurs règles encadrent la gestion de son dossier et le versement de ses allocations. Explications.

France Travail : peut-on cumuler arrêt maladie et allocation chômage ? / iStock.com - HJBC

L’allocation chômage est suspendue pendant l’arrêt maladie

Être inscrit à France Travail et percevoir l’allocation chômage suppose notamment d’être disponible pour travailler et rechercher un emploi. En cas d’arrêt maladie, cette condition n’est plus remplie puisque l’état de santé ne permet temporairement pas d’occuper un poste. Il n’est donc pas possible de cumuler, pour une même période, l’allocation chômage et les indemnités journalières liées à l’arrêt maladie. Ainsi, le versement de l’allocation chômage est interrompu pendant toute la durée de l’arrêt prescrit par le médecin. Mais cette suspension ne signifie pas que les droits au chômage sont définitivement perdus.

Que faut-il déclarer à France Travail ?

Le demandeur d’emploi doit signaler son arrêt maladie à France Travail et transmettre le volet correspondant de son arrêt de travail. Prévenez France Travail dans un délai de 72 heures, depuis votre espace en ligne (rubrique dédiée "changements de situation ou absence") ou par téléphone, pour éviter tout malentendu avec votre suivi. Cette déclaration doit aussi être effectuée lors de votre actualisation, entre le 28 (le 26 pour le mois de février) du mois en cours et le 15 du mois suivant. En cas de prolongation, la démarche doit également être renouvelée. Le demandeur d’emploi doit par ailleurs indiquer s’il souhaite rester inscrit auprès de France Travail ou non. Pour un arrêt d’une durée supérieure à 15 jours, il n’est plus considéré comme disponible pour rechercher un emploi et ne peut donc plus rester inscrit comme demandeur d’emploi pendant cette période.

Les indemnités journalières peuvent remplacer l’ARE

La suspension de l’allocation chômage peut être compensée par le versement d’indemnités journalières de l’Assurance maladie, à condition de remplir les critères prévus. Un demandeur d’emploi peut notamment y prétendre s’il a été indemnisé par France Travail au cours des 12 mois précédant son arrêt ou s’il a cessé sa dernière activité salariée depuis moins de 12 mois. Les indemnités journalières sont versées par l’Assurance maladie, et non par France Travail. Elles sont calculées à partir des anciens salaires, et non du montant de l’allocation chômage. La base retenue correspond notamment à la moyenne des trois derniers salaires bruts avant la fin du contrat, avec une période de référence pouvant être différente pour certaines activités discontinues ou saisonnières. Par ailleurs, un délai de carence de trois jours s’applique.

Que deviennent les droits au chômage après l’arrêt ?

L’arrêt maladie ne fait pas disparaître les droits à l’allocation chômage. La période pendant laquelle l’ARE n’est pas versée vient reporter la durée d’indemnisation. À la fin de l’arrêt, le demandeur d’emploi qui reste sans emploi et redevient disponible peut donc retrouver son indemnisation s’il remplit toujours les conditions nécessaires. Attention, pour un arrêt de plus de 15 jours, une réinscription auprès de France Travail est nécessaire dans les cinq jours ouvrés suivant la fin de l’arrêt. Et le montant de l’allocation chômage n’est alors pas réduit du seul fait de l’arrêt maladie. Les droits non consommés sont simplement décalés dans le temps.