Changer de banque en 2026 : est-ce plus simple qu’on ne le pense ?
information fournie par aufeminin 18/02/2026 à 13:03

Shutterstock

Démarches longues, risques d’erreur, paperasse… L’image du changement de banque est tenace. Pourtant, la réalité a nettement évolué ces dernières années.

Changer de banque reste une décision qui fait hésiter, moins par difficulté réelle que par inertie. Beaucoup gardent en tête l’image d’une démarche longue, risquée, presque chronophage, avec la peur d’oublier un prélèvement ou de provoquer un incident bancaire. Cette perception s’appuie sur une réalité ancienne, faite de courriers, de RIB envoyés à la chaîne et de suivis fastidieux. Pourtant, le cadre a profondément évolué. En 2026, la question n’est plus de savoir si changer de banque est possible, mais si le processus est réellement aussi complexe qu’il paraît.

La mobilité bancaire, clé de la simplification en 2026

Depuis la mise en place du service de mobilité bancaire, rendu obligatoire par la loi Macron, le changement de banque s’est largement automatisé. Lorsqu’un nouveau compte est ouvert, la signature d’un mandat autorise le nouvel établissement à prendre en charge le transfert des virements et prélèvements récurrents. Ce dispositif, encadré par le Code monétaire et financier, concerne les opérations identifiées comme récurrentes par l’ancienne banque. Salaires, factures, abonnements ou impôts peuvent ainsi être redirigés lorsqu’ils entrent dans ce périmètre, sans intervention directe du client. Le dispositif est encadré, gratuit, et le délai maximal réglementaire reste de 22 jours ouvrés. Il est même possible de confier à la nouvelle banque la clôture de l’ancien compte une fois la bascule sécurisée.

Cette simplification explique pourquoi le changement de banque n’a plus grand-chose à voir avec le parcours du combattant d’hier. Pourtant, le passage à l’acte reste limité. Selon une étude de Bain & Company publiée en 2024, seuls 3,6 % des clients bancaires ont changé de banque principale au cours des douze derniers mois en France, malgré l’existence du dispositif de mobilité bancaire. Ce chiffre confirme une réalité bien identifiée par les autorités de régulation : le frein n’est plus technique, mais comportemental. Le dispositif fonctionne, il est encadré et accessible, mais il demeure sous-utilisé, freiné par le manque de temps, l’habitude et une forme de fidélité passive.

Deux parcours possibles pour changer de banque

Deux approches coexistent. La plus fluide consiste à déléguer l’essentiel grâce au mandat de mobilité bancaire. La seconde repose sur une gestion entièrement manuelle. Cette option reste possible, mais elle demande davantage de méthode. Il faut alors identifier précisément tous les organismes concernés par des virements ou prélèvements, transmettre le nouveau RIB à chacun et maintenir l’ancien compte actif pendant une période de transition. Cette phase exige de la vigilance, notamment pour éviter un rejet tardif ou un paiement différé qui passerait encore par l’ancien compte.

La vraie complexité n’est toutefois pas liée au compte courant, mais aux produits annexes. Les livrets réglementés comme le Livret A ou le LDDS ne se transfèrent pas automatiquement. Ils doivent être clôturés, les fonds virés, puis éventuellement recréés ailleurs. Les plans d’épargne et comptes d’investissement peuvent souvent être transférés, mais des frais et des délais peuvent s’appliquer. L’assurance vie, quant à elle, reste un cas particulier, car un contrat ne se transfère pas vers un autre assureur. La décision se fait alors entre conservation de l’ancien contrat ou ouverture d’un nouveau, avec une réflexion sur l’antériorité fiscale et les supports proposés. Des évolutions internes à un même assureur peuvent toutefois être possibles, notamment dans le cadre de la loi Pacte, sans perte d’antériorité fiscale.

Changer de banque avec des crédits en cours : ce qu’il faut anticiper

Changer de banque ne signifie pas nécessairement tout déplacer. Un nouveau compte peut devenir le pivot du quotidien tandis que certains produits restent dans l’établissement d’origine si cela reste pertinent financièrement. Cette organisation suppose néanmoins un suivi attentif des frais pour éviter les doublons inutiles. Un autre point mérite une attention particulière, celui des crédits en cours. Certains contrats de prêt peuvent prévoir des conditions spécifiques de domiciliation des revenus ou de gestion des flux, ce qui peut imposer une phase transitoire. Dans ces situations, le changement reste possible, mais il peut passer par un maintien temporaire du compte, un rachat de crédit ou un remboursement anticipé.

Ce qui a réellement changé en 2026, c’est la nature de l’effort. La charge administrative s’est allégée, mais la réflexion en amont est devenue centrale. Comparer les frais, analyser la transparence tarifaire, évaluer la qualité de l’application, le service client, les conditions de découvert ou d’emprunt constitue désormais le cœur de la démarche. Le contexte concurrentiel joue aussi en faveur des clients, avec des offres de bienvenue, des gestes commerciaux et parfois la prise en charge de certains frais de transfert.

Changer de banque ne relève plus du saut dans l’inconnu. La démarche s’inscrit dans une logique progressive et maîtrisée. Ouverture du nouveau compte, transfert des flux récurrents via la mobilité bancaire, période d’observation, ajustements, puis clôture de l’ancien compte lorsque tout est stabilisé. Le changement devient un processus structuré, à condition d’identifier clairement ce qui relève de la mobilité bancaire et ce qui nécessite un traitement spécifique. Plus qu’un effort administratif, il s’agit désormais d’un choix stratégique, souvent plus simple qu’il n’y paraît.