Ces 7 expressions françaises sur l’argent que vous avez peut-être besoin de réviser information fournie par BoursoBank 13/06/2026 à 08:00
L'argent est bien vivant : il tinte, il arrive, il repart… et surtout, il a inspiré au français une foule d'expressions. Certaines sont courantes, d'autres plus rares dorment dans les dictionnaires historiques ou les recueils de citations. Bonne (re)découverte !
Quelles expressions anciennes parlent d'argent gagné ou d'argent suffisant ?
Avoir pignon sur rue
L'expression avoir un pignon visible sur la rue signifiait au départ afficher une maison établie, donc une certaine aisance et une respectabilité commerciale. Aujourd'hui, on l'emploie encore pour souligner une réputation locale, mais on tend à oublier sa dimension “signature financière” datant de l'Ancien Régime.
Battre monnaie
Au sens propre, battre monnaie signifiait l'action des ouvriers ou de l'État qui consistait à fabriquer des pièces ; au sens figuré, il désigne le fait de profiter d'une situation ou d'une opportunité pour gagner de l'argent.
Denier comptant
Denier comptant correspond à l'action contemporaine de payer cash ! Il s'agit d'une manière ancienne d'effectuer un paiement immédiat, en pièces sonnantes, sans crédit ni promesse. C'est le moyen de paiement “sans laisser ardoise” de l'époque.
Quels termes désuets évoquent la gestion des finances ou le manque d'argent ?
Thésauriser
Parce qu'il vient du grec thēsauros (“trésor”), via le latin et l'ancien français : thésauriser, c'est amasser et garder de l'argent (souvent par prudence… ou par avarice). Ce mot ne décrit pas seulement l'action d'épargner, mais une accumulation presque obstinée.
À noter : de nos jours, la Banque de France utilise couramment ce verbe pour mesurer la tendance des Français à conserver des espèces précieusement chez eux, et dans le même temps le degré de confiance envers le système monétaire européen.
Faire la bourse
Avant d'être un marché financier, la bourse est d'abord un petit sac où l'on garde précieusement ses pièces. Faire la bourse renvoie au fait de préparer ou tenir sa bourse, donc gérer ses sous au sens très concret : compter et ranger son argent (et espérer qu'elle reste lourde et gonflée).
La variante «tenir les cordons de la bourse» illustre encore aujourd'hui la gestion rigoureuse d'une personne pour piloter un budget ou une somme d'argent qu'elle possède ou qu'elle partage avec son conjoint.
Être à court d'espèces
Le terme espèces, qui a été longtemps confondu avec celui d'épices, qui se payaient à prix d'or du fait de leur grande valeur, désigne communément l'argent liquide (par opposition à d'autres formes de paiement non fiduciaires). À l'époque du digital et de la monnaie scripturale, l'expression «je n'ai plus d'espèces» est très répandue lors de sollicitations extérieures, par exemple.
Mettre au clou
Le clou, c'est le Mont-de-Piété (prêt sur gage) : on «met au clou» un objet (un bijou, une montre, de l'argenterie) pour obtenir de l'argent. L'image du clou vient de la pratique d'accrocher les gages. Expression populaire très parisienne du XIXᵉ, dont la pratique était particulièrement marquée en fin de mois.
La langue française garde dans ses expressions la trace d'une économie très concrète : celle des bourses que l'on noue, des pièces que l'on compte, des dettes évitées. Au travers de ces expressions parfois imagées, l'argent est un révélateur de notre prudence, de nos vanités, ou de nos obsessions.
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https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/html/accueil-fr