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Les salaires des femmes, ce qui change
information fournie par Le Particulier pour BoursoraMag04/07/2021 à 08:30
Temps de lecture: 3 min

En 2021, en France, les hommes continuent à percevoir des salaires plus élevés que les femmes crédit photo : Shutterstock

En 2021, en France, les hommes continuent à percevoir des salaires plus élevés que les femmes crédit photo : Shutterstock

“À travail égal, salaire égal.” En mars dernier, la Commission européenne a proposé des règles pour faire respecter ce principe. Reste que de nombreux facteurs expliquent la disparité des rémunérations entre les femmes et les hommes. Les choses avancent, mais le chemin reste long pour arriver à l’égalité parfaite en entreprises.

Les inégalités salariales hommes-femmes perdurent

Selon une étude de l’INSEE parue en juin 2020 en France, les hommes gagnent 28,5% de plus que les femmes . Ceci s’explique par la place des femmes sur le marché de l’emploi. Assistantes maternelles, employées de maison, secrétaires, aides ménagères font partie des métiers mal rémunérés dans lesquels on les retrouve à 95%. Ce sont aussi des emplois précaires. En effet, 78% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes et 70% des CDD et des missions d’intérim. Enfin, pour le même poste et les mêmes compétences, l’écart de salaire reste de 9%.

Un plan d’action pour en finir avec les inégalités en entreprises

Promulguée le 5 septembre 2018, la loi Pour la liberté de choisir son avenir professionnel a mis en place un outil d’évaluation pour mesurer et sanctionner les différences de rémunération dans les entreprises. Depuis cette date, les sociétés ont une obligation de résultat. Une fois par an, chaque entreprise de plus de 50 salariés est obligée de publier son Index égalité professionnelle femmes-hommes. Plusieurs critères sont évalués et permettent de donner une note sur 100. Sont ainsi passées au crible la suppression des écarts de rémunération par catégorie de postes équivalents (40 points), la chance d’avoir une augmentation (20 points), la chance d’obtenir une promotion (20 points), l’augmentation de salaire garantie au retour du congé maternité (15 points) et la parité parmi les dix plus hautes rémunérations de l’entreprise (10 points). En 2018, les entreprises avaient deux ans pour atteindre la note de 75 sous peine de sanctions financières pouvant aller jusqu’à 1% du chiffre d’affaires.

Top des entreprises où travailler quand on est une femme

En 2020, le cabinet de conseil Great Place To Work a publié le classement des 17 meilleures entreprises françaises où travailler quand on est une femme. En dix ans, la part des femmes dirigeantes en France n’a progressé que de 1%, selon une étude de KPMG menée en 2015. À ce rythme, il faudrait compter plusieurs décennies avant d’atteindre la parité au travail. Cependant, 17 entreprises reconnues par Great Place To Work s’engagent dans l’ égalité professionnelle entre les sexes . Elles garantissent la parité et l’égalité à tous les postes. En tête de liste, AbbVie (biotechnologie et pharmaceutique), Bleu Libellule (distribution), Brown-Forman France (distribution), Ceacom Normandie (médias), Colombus Consulting (services aux professionnels) et Crowe Ficorec (services aux professionnels). Le reste de la liste est consultable sur le site de Great Place To Work.

L’Islande, un pays modèle en matière d’égalité salariale

Le 1er janvier 2018, l’Islande fut le premier pays au monde à imposer la parité salariale obligatoire et contrôlée. Il faut dire que la cause féministe est un combat pris très au sérieux dans ce pays. Le 24 octobre 1975, 90% des Islandaises ont cessé toute activité pour défendre leurs droits et pour montrer que la moitié du pays était indispensable à son fonctionnement. De plus, l’Islande a été le premier État à élire démocratiquement une femme à la présidence en 1980.

Dans ce pays, 80% des femmes travaillent contre 67% en France. Le congé parental dure neuf mois dont un tiers est réservé à la mère, un tiers au père et le dernier tiers partageable entre les deux parents. Il est donc totalement impensable pour les Islandais d’accepter la moindre inégalité côté salaire.

L’inégalité salariale, la face visible de l’iceberg

Les différences de salaire ne sont que la traduction d’un problème plus vaste. Souvenons-nous qu’il y a moins de 60 ans, les femmes devaient avoir l’autorisation de leur mari pour ouvrir un compte en banque. La révolution féministe est passée par là et les choses ont considérablement bougé. Subsistent de vieux réflexes et quelques idées reçues qu’il faut continuer à combattre. Selon une étude de la Fondation des Femmes, à compétences et qualifications égales, une femme qui postule à un emploi considéré comme typiquement masculin, mécanicien automobile par exemple, a 22% de chances en moins qu’un homme de se voir proposer un entretien d’embauche. Le salaire n’est donc que le reflet d’un déséquilibre persistant. Les mentalités doivent encore évoluer et, même si la loi peut y aider, l’éducation reste la principale alliée d’une égalité future femmes-hommes.

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