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Depuis les confinements, les Français redécouvrent les pantoufles
information fournie par Le Figaro19/11/2021 à 19:10
Temps de lecture: 2 min

(Crédits photo : Unsplash - mahabis footwear  )

(Crédits photo : Unsplash - mahabis footwear )

Pour rendre ces moments plus supportables, ils ont opté pour le confort. Depuis, le succès ne se dément pas.

Les confinements ont tout de même fait quelques heureux. Ce n'est pas Sophie, responsable de La Pantoufle moderne, boutique implantée à Limoges depuis plus de 100 ans, qui dira le contraire. «Avant le Covid, ça marchait bien. Depuis le confinement, ça marche encore mieux » explique-t-elle. La hausse des ventes est de l'ordre de 20%. Pour elle, cela est dû à la volonté des Français d'être à l'aise en télétravail, mais aussi à la hausse des prix du chauffage : « Plutôt que de réchauffer leurs maisons, certains préfèrent s'habiller plus chaudement. Nos chaussons fourrés répondent alors parfaitement à cette attente ». L'enseigne, « qui est une institution à Limoges » précise Sophie, est victime de son succès. « Certains clients achètent deux ou trois paires d'un coup. Les ruptures de stock sont très régulières. Notre carnet de commandes est rempli, mais nos fournisseurs doivent faire face à la pénurie de matières premières » confie-t-elle.

La pantoufle «déringardisée»

Marina Lacaze, responsable des ventes d'Erel, fabricant de pantoufles limougeaud et fournisseur de La Pantoufle moderne, confirme cette tendance : «Les ventes ? C'est une explosion ! Tous nos chaussons sont commandés jusqu'à l'année prochaine, au moins ». Pour justifier le phénomène, Marina Lacaze cite un goût retrouvé des Français pour ce type de pantoufles, qui n'est pas forcément apparu sous la pandémie : « Évidemment que le confinement et le télétravail ont favorisé tous ces achats, mais c'est aussi le résultat de notre travail de ces dernières années » déclare celle qui est arrivée chez Erel il y a 6 ans. « Nous avons déringardisé la pantoufle en changeant les formes et en ajoutant des nouveautés, tout en en gardant l'esprit originel. Nous avons aussi fait de la pédagogie, en insistant sur la production locale, un point très important pour les gens aujourd'hui » poursuit-elle. Seul point noir, les délais de livraison de matières premières qui ne cessent de s'allonger. « Ce qui mettait 3 mois à arriver prend aujourd'hui entre 6 mois et 1 an. » déplore-t-elle.

La Charentaise Tcha profite également de l'engouement suscité par les chaussons. L'entreprise basée en Charente fabrique ses produits dans ses ateliers de Touvre (près d'Angoulême) en respectant l'ancestrale technique du cousu-retourné. Son co-gérant Pierre Foucault parle d'une hausse de la production d'environ 25% depuis le confinement. « Un regain d'activité bienvenu après une période difficile pendant la crise des gilets jaunes » indique-t-il. Tcha, dont on peut trouver les authentiques pantoufles charentaises dans plusieurs magasins partenaires ainsi que dans sa propre petite boutique parisienne, souhaite désormais développer l'exportation de ses chaussures 100% françaises.

Le « made in France » a un certain prix : entre 60 et 100 euros pour une paire de chaussons Erel, entre 110 et 185 euros pour des charentaises Tcha. Mais sur les sites de shopping en ligne, on trouve des pantoufles à tous les prix… Pour que chacun trouve chaussure à son pied.