Zone euro-L'économie rebondit plus que prévu au T2 avec l'IA et les dépenses publiques information fournie par Reuters 30/07/2026 à 11:33
(Actualisé avec détails)
L'économie de la zone euro a rebondi plus que prévu au deuxième trimestre de 2026, grâce notamment à une forte augmentation des investissements dans l'intelligence artificielle (IA), le niveau élevé des dépenses publiques et plusieurs facteurs ponctuels qui ont contribué à compenser l'impact négatif de la guerre au Moyen-Orient.
Le PIB des 21 pays partageant l'euro a progressé de 0,4% entre avril et fin juin par rapport au premier trimestre 2026, montre la première estimation publiée jeudi par Eurostat, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une croissance de 0,2% en rythme trimestriel.
L'économie du bloc s'était contractée de 0,2% sur la période allant de janvier à fin mars.
Sur un an, le PIB avance de 1%, après une progression de 0,3% le trimestre précédent.
Les économistes prévoyaient une croissance de 0,5% sur un an.
Les perspectives sont toutefois plus moroses.
On s'attendait à ce que le deuxième trimestre marque le début d'une reprise après une année difficile, mais la forte hausse des coûts énergétiques due à la guerre a largement freiné cet élan et la plupart des analystes prévoient désormais une croissance annuelle inférieure à 1%.
Cette croissance relativement modeste contraste avec l'essor observé aux États-Unis, dont l'économie devrait enregistrer une croissance supérieure à 2% cette année, alimentée en partie par les dépenses colossales du secteur privé dans le domaine de l'IA.
Les investissements des entreprises dans cette technologie ont également explosé en Europe, tandis que la consommation des ménages est restée stable.
Le gouvernement allemand augmente par ailleurs les dépenses promises de longue date dans les domaines de la défense et des infrastructures, ce qui contribue également à la tendance.
De son côté, l'industrie a étonnamment bien résisté à la hausse des coûts énergétiques et pourrait avoir contribué à la croissance, contrairement aux années précédentes, où elle constituait un frein constant.
Certaines circonstances particulières ont également joué un rôle favorable. Les coûts énergétiques et la pénurie de produits dérivés du pétrole ont peut-être davantage affecté les entreprises asiatiques, ce qui a contraint les acheteurs à se tourner vers l'Europe, tandis que certaines commandes ont peut-être été avancées par crainte que la pénurie de produits ne s'aggrave au cours de l'année.
La croissance de ce bloc a également été stimulée par la croissance trimestrielle de 3,9% de l'Irlande, portée par les multinationales qui ont établi leur siège social sur l'île pour des raisons fiscales.
L'Allemagne, la France et l'Italie ont enregistré une croissance de 0,2% au cours du trimestre, tandis que l'Espagne, dont la croissance devance depuis des années le reste du bloc, a vu son PIB progresser de 0,7%, contre une prévision de 0,6%.
(Reportage Balazs Koranyi; version française Diana Mandiá)