par Makiko Yamazaki
TOKYO, 12 avril (Reuters) - Western Digital WDC.O estime
que la mise en vente de la division puces mémoire de Toshiba
6502.T enfreint le contrat de coentreprise signé avec le
conglomérat japonais et il a prévenu qu'il ne resterait pas les
bras croisés devant une telle initiative.
Le fabricant américain de disques durs, qui exploite une
usine de puces avec Toshiba au Japon, juge qu'une telle cession
constitue "une violation très grave des accords de
coentreprise", selon une lettre adressée au groupe japonais que
Reuters a pu consulter.
Cette contestation pourrait compliquer la vente de la
division évaluée à environ 18 milliards de dollars (16,96
milliards d'euros).
Toshiba, le deuxième producteur mondial de puces Nand
derrière Samsung Electronics 005930.KS , a réduit de dix à
quatre le nombre de prétendants pour sa division, selon deux
sources au fait du dossier. Les acquéreurs potentiels sont
désormais Broadcom AVGO.O associé au fonds Silver Lake
Partners, Western Digital, SK Hynix 000660.KS et Foxconn
2317.TW , précisent les sources.
Un porte-parole de Toshiba n'était pas disponible dans
l'immédiat pour commenter l'information.
Western Digital estime également que la procédure de vente
ne répond pas réellement à l'intérêt des partenaires de Toshiba
et dit vouloir ouvrir des négociations exclusives avec le
conglomérat japonais.
Les offres annoncées pour les mémoires de Toshiba varient
entre 2.000 et 3.000 milliards de yens (17,16 à 25,75 milliards
d'euros), bien au-dessus de la valeur réelle de l'activité des
puces, peut-on lire dans la lettre datée du 9 avril.
Western Digital considère également que ces offres
constituent un problème majeur pour le Japon et les
coentreprises, citant spécifiquement le cas de Broadcom pour
lequel il émet d'importantes réserves liées aux récentes
transactions effectuées avec le groupe.
La lettre ne fait cependant pas mention d'une action en
justice.
Toshiba, qui a mis en vente des actifs pour renforcer son
bilan, a dit en mars anticiper sur l'exercice 2016-2017 une
perte pouvant atteindre 1.000 milliards de yens (8,49 milliards
d'euros) en raison des déboires financiers de sa filiale
nucléaire américaine Westinghouse.
(avec Taro Fuse et Liana B. Baker; Claude Chendjou pour le
service français, édité par Véronique Tison)