Walmart accélère dans l'intelligence artificielle pour doper ses résultats information fournie par Boursorama avec AFP 19/02/2026 à 17:42
Le géant américain de la grande distribution Walmart a annoncé jeudi des résultats conformes aux attentes, qui ont de nouveau profité de l'essor du commerce sur internet stimulé de plus en plus par l'intelligence artificielle.
"Nous nous attendons à ce que le e-commerce continue d'être la principale force motrice de croissance", a indiqué John David Rainey, directeur financier du groupe, lors d'une audioconférence avec des analystes.
Selon lui, pour la première fois, ce segment a dépassé les 150 milliards de dollars de chiffre d'affaires lors de l'exercice fiscal décalé 2026, achevé le 31 janvier.
Et il a enregistré un bond de 24% au niveau mondial, dans le sillage des trimestres précédents, et même de 27% pour l'enseigne Walmart aux Etats-Unis.
De son côté, John Furner - PDG depuis le 1er février - a relevé que les investissements technologiques et dans la chaîne d'approvisionnement "produis(aient) leurs fruits" aux Etats-Unis, où plus de 60% des commandes ont été livrées en moins de trois heures, et parfois trente minutes seulement.
Selon lui, 95% des foyers américains peuvent actuellement être livrés en moins de trois heures.
"Nous ne faisons pas qu'adopter les outils qui changent la façon dont les gens font leurs courses, nous les créons", a-t-il poursuivi, citant Sparky - outil d'intelligence artificielle de Walmart d'assistance à l'achat des clients - et les partenariats conclus ces derniers mois avec OpenAI et Google.
Walmart compte utiliser leurs modèles d'IA générative, respectivement ChatGPT et Gemini, sur ses sites de e-commerce et Marketplace (des tiers vendent leurs produits sur sa plateforme).
"Il s'agit de transformer les interactions avec l'IA en concrétisations immédiates" d'achat, a relevé M. Furner.
Cette entrée de plain-pied dans l'eldorado de l'IA a propulsé l'action de Walmart à la Bourse de New York. Le 3 février, elle a franchi pour la première fois de son histoire la barre des 1.000 milliards de dollars de capitalisation.
- Virage technologique -
C'est seulement la quatrième entreprise non technologique à entrer dans ce club très fermé.
Selon les analystes d'UBS, le cours devrait continuer de grimper au vu des investissements technologiques "qui vont permettre (à Walmart) d'accroître son avance dans la distribution".
Signe précurseur d'une métamorphose? Son action est cotée depuis le 9 décembre sur le marché Nasdaq - valeurs 100% électroniques -, au lieu du traditionnel NYSE.
Vers 16H05 GMT, elle gagnait 1,45% après avoir plongé dans les échanges électroniques pré-ouverture.
Le géant de Bentonville (Arkansas), créé en 1962 et dont environ 45% du capital reste détenu par la famille fondatrice Walton, a annoncé un chiffre d'affaires en hausse de 5,6% sur le trimestre à 190,7 milliards de dollars et de 4,7% sur l'année à 713,2 milliards.
Mais, au vu des prévisions dévoilées, il prévoit un ralentissement de son rythme de croissance: ses ventes sont attendues en hausse de 3,5% à 4,5% sur l'exercice en cours.
Des analystes s'attendaient à des prévisions prudentes pour ne pas mettre trop de pression sur le nouveau patron, qui travaille depuis plus de trente ans chez Walmart.
"Nous avons toujours dépassé nos prévisions ces trois dernières années", a relevé M. Rainey, auprès des analystes.
"En ce début d'année, nous prenons, comme les années précédentes, une approche mesurée", a-t-il ajouté, assurant ne pas constater d'altération du comportement des ménages ni des indicateurs macroéconomiques qui justifieraient cette "prudence".
Le groupe est parvenu à attirer une multitude de nouveaux clients - en particulier des classes aisées - après la pandémie, lorsque les Etats-Unis luttaient contre une inflation marquée.
Il est parvenu non seulement à les conserver mais il continue d'en conquérir, selon Neil Saunders, directeur chez GlobalData, qui souligne le succès de Walmart pour les fêtes de fin d'année et l'intérêt croissant des foyers aisés pour les rayons non alimentaires.
"Une seule mise en garde: que cet embourgeoisement de la gamme soit mené avec soin pour ne pas nuire à l'image bon marché qui reste le coeur de Walmart", a-t-il relevé.
Il a aussi noté la force de Marketplace où les "vendeurs cherchent à contrebalancer leur dépendance envers Amazon", le géant américain de l'e-commerce (716,9 milliards de chiffre d'affaires en 2025) qui, de son côté, multiplie les incursions sur le territoire de Walmart en se lançant dans la vente de produits d'épicerie et de produits frais.
Pour Neil Saunders, ce sera "le vrai terrain de bataille".