Wall Street vue en repli, l'Europe en baisse, le flou demeure au Moyen-Orient
information fournie par Reuters 23/04/2026 à 13:20

L'enseigne Wall Street à la Bourse de New York (NYSE)

par Claude Chendjou

Wall Street est attendue en baisse jeudi à l'ouverture et les principales Bourses européennes, hormis Paris, sont également dans le rouge ‌à la mi-séance, dans des échanges hésitants en l'absence de signaux plus clairs sur la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, tandis que la saison des publications d'entreprises se poursuit avec une nouvelle avalanche de résultats. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse ​de 0,56% pour le Dow Jones, de 0,48% pour le Standard & Poor's 500 et de 0,47% pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 grappille 0,18% à 8.170,82 points vers 11h00 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,47% et à Londres, le FTSE fléchit de 0,85%.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 régresse de 0,36% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,54%. Le Stoxx 600 abandonne 0,26%, surtout pénalisé par le compartiment financier, qui cède 1,28%, tandis que celui de la consommation non cyclique (+1,95%) offre du soutien.

Sur le plan géopolitique, l'Iran a réaffirmé son emprise sur ​le détroit d'Ormuz en y interceptant deux navires après l'annonce par Donald Trump d'une prolongation illimitée du cessez-le-feu, sans aucun signe d'une reprise imminente de pourparlers de paix alors que les Etats-Unis entendent maintenir leur blocus des ports iraniens.

La trêve est également fragile au Liban alors que les Etats-Unis doivent accueillir ce jeudi une deuxième réunion entre des émissaires libanais et israéliens.

L'espoir caressé ​par certains investisseurs d'un règlement du conflit en cours au Moyen-Orient par voie diplomatique commence à se dissiper, entraînant une nouvelle vague d'aversion ⁠au risque, avec notamment une remontée ce jeudi de l'indice de la volatilité à Wall Street près du seuil des 20 points, et celui de l'EuroStoxx 50 à près de 25 points.

Parallèlement, les cours pétroliers restent fermement au-dessus de la barre psychologique ‌des 100 dollars le baril, ravivant les craintes d'une résurgence de l'inflation.

"Même si le conflit au Moyen-Orient s'apaise et que le trafic maritime reprend normalement par le détroit d'Ormuz, il faudra probablement du temps pour que l'économie mondiale se normalise après l'une des plus importantes perturbations de l'approvisionnement en pétrole depuis des décennies", prévient Tiffany Wilding, économiste chez PIMCO.

Outre le volet géopolitique, de nombreuses publications financières dans la consommation, les télécoms, la santé et le ​luxe en Europe animent les échanges. Plusieurs entreprises ont adopté un ton prudent dans leurs résultats publiés depuis ‌le début de mois, évoquant la hausse des prix de l'énergie, les perturbations des chaînes d'approvisionnement et le ralentissement de la croissance.

Concernant les indicateurs macroéconomiques du jour, les PMI en zone euro ⁠montrent que l'activité du secteur privé s'est contractée en avril avec la flambée des coûts, tandis qu'au Royaume-Uni, le secteur privé a subi ce mois-ci une augmentation record des coûts.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Tesla abandonne 2,9% en avant-Bourse, le constructeur automobile ayant fortement relevé ses projets de dépenses pour cette année, à plus de 25 milliards de dollars.

IBM plonge de 7,3% en avant-Bourse, la croissance du chiffre d'affaires du groupe ayant ralenti au premier trimestre, ravivant les craintes de perturbation dans le secteur des logiciels par les outils d'intelligence artificielle (IA). Dans le sillage ⁠d'IBM, Microsoft cède 1,7%, Adobe 2,3% et Crowdstrike 2,5%.

VALEURS EN ‌EUROPE

L'Oréal grimpe de 8%, le géant français des cosmétiques ayant publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Le compartiment du luxe sur le Stoxx 600 fléchit de 1,68% mais l'indice des biens personnels et ménagers progresse de ⁠0,66%

Renault avance de 1,18% après avoir fait état d'une hausse de 7,3% de son chiffre d'affaires trimestriel, ressorti au-dessus des attentes. Le seceur de l'automobile en Europe abandonne 0,52%.

Sanofi monte de 3,7%, le groupe pharmaceutique ayant annoncé un bénéfice et un chiffre d'affaires supérieurs aux attentes du marché ‌pour le premier trimestre. Le secteur de la santé sur le Stoxx 600 gagne 0,10%.

Edenred bondit de 5,63% après avoir dépasse les attentes au premier trimestre avec l'acquisition de nouveaux clients.

Nestlé bondit de 5,96%, le géant de l'agroalimentaire ayant maintenu sa ⁠prévision de croissance organique pour l'année à 3%-4%, affirmant avoir constaté jusqu'à présent un "très faible impact" de la guerre en Iran sur ses activités mondiales. Le secteur européen de l'alimentation et ⁠des boissons progresse de 1,32%.

Heineken cède 3,63% après avoir mis en ‌garde contre les répercussions de la guerre en Iran sur la demande.

Sainsbury's chute de 5,69%, la chaîne britannique de supermarchés ayant averti quant à l'impact de la guerre en Iran qui pourrait peser sur son bénéfice cette année, tandis que le distributeur alimentaire suédois Axfood plonge de ​9,04% après avoir publié des résultats trimestriels en deçà des attentes des analystes.

Nokia grimpe de 10,41%, touchant un sommet de 16 ans, à la faveur d'une ‌hausse de son bénéfice d'exploitation trimestriel et d'un relèvement de ses objectifs de croissance pour son activité d'intelligence artificielle (IA). Le secteur européen des télécoms prend 1,84%.

Le compartiment européen de l'énergie gagne 0,66% avec la hausse des cours du pétrole, ce qui pèse sur le secteur des voyages (-1,75%) et celui de la banque (-1,77%).

TAUX

Les rendements obligataires ​souverains en zone euro sont en passe d'enregistrer une quatrième hausse d'affilée, les tensions autour du détroit d'Ormuz renforçant les anticipations de hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), qui se réunit la semaine prochaine.

Le rendement du Bund allemand à dix ans monte de 2,4 points de base, à 3,02%, et le deux ans DE2YT=RR, avance de près de trois points de base, à 2,57%. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans prend 2,7 points de base, à 4,32%, tandis que le deux ans gagne 2,5 points, à 3,81%.

CHANGES

Le dollar progresse, ⁠de 0,17% face à un panier de devises internationales, s'apprêtant à enregistrer sa première hausse hebdomadaire en un mois, alors que l'absence de progrès dans les pourparlers de paix entre les Etats-Unis et l'Iran ont ramené les prix du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril et ont douché l'optimisme des investisseurs.

L'euro recule de 0,20%, à 1,1680 dollar, après avoir touché son plus bas niveau depuis le 13 avril. La monnaie unique européenne devrait céder 0,5% sur l'ensemble de la semaine, sa première baisse en quatre semaines.

La livre sterling s'échange à 1,3484 dollar, en repli de 0,13%, après des données économiques montrant un premier impact de la guerre israélo-américaine contre l'Iran sur les consommateurs britanniques, qui ont réduit leurs dépenses en carburant.

Le bitcoin abandonne 1,35%, à 77.395,74 dollars.

PÉTROLE

Le marché pétrolier monte, progressant de plus d'un dollar, en raison de l'impasse dans les pourparlers de paix entre l'Iran et les Etats-Unis, tandis que la navigation dans le détroit d'Ormuz reste au point mort.

Le Brent prend 1,62% à 103,56 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 1,74% à 94,50 dollars.

PRINCIPAL INDICATEUR ÉCONOMIQUE RESTANT À L'AGENDA ​DU 23 AVRIL:

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 12h30 Inscriptions hebdo. au sem. au 18 210.000 207.000

chômage avril

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)