Wall Street vue en ordre dispersé, la "tech" freine les gains en Europe
information fournie par Reuters 05/06/2026 à 13:39

Les traders travaillent sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE)

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en ordre dispersé et les Bourses européennes avancent vendredi à mi-séance, même ‌si l'incertitude entourant les efforts de paix au Moyen-Orient et le recul des valeurs technologiques freinent les gains. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en hausse de 0,12% pour le Dow Jones après son record de ​clôture de la veille, tandis que le Standard & Poor's-500 devrait perdre 0,45% et le Nasdaq 1,01%, ces deux derniers indices étant affectés par une vague de ventes dans le secteur technologique. À Paris, le CAC 40 gagne 0,56% à 8.290,23 points vers 11h18 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,20% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,39%.

L'indice EuroStoxx 50 grappille 0,03%, le FTSEurofirst 300 gagne 0,25% et le Stoxx 600 avance de 0,28%.

Les ​investisseurs clôturent une nouvelle semaine sans aucune certitude quant aux perspectives de paix au Moyen-Orient, surtout après que le Hezbollah a rejeté jeudi le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, qui était considéré comme une étape préalable à un accord plus large entre les États-Unis et l'Iran.

Le détroit d'Ormuz ​restant de facto fermé à la circulation des pétroliers, et en l'absence de perspectives claires d'un retour à ⁠la normale, les prix du brut se maintiennent à des niveaux élevés, les deux principaux contrats étant sur le point d'enregistrer leur première hausse hebdomadaire en trois semaines.

Dans ce contexte, il est peu probable ‌que les investisseurs puissent faire abstraction des inquiétudes liées au retour de l'inflation, à quelques jours de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), lors de laquelle le marché s'attend à une hausse des taux d'intérêt de 25 points de base visant à freiner la flambée des prix.

L'impact d'une guerre prolongée sur l'économie devrait également ​ralentir la croissance dans la zone euro et les chiffres définitifs sur le produit ‌intérieur brut (PIB) du bloc publiés vendredi témoignent de ces difficultés : l'économie de la zone euro s'est contractée de 0,2% au premier trimestre 2026, contredisant ainsi ⁠les estimations initiales, qui montraient une progression de 0,1% de l'activité entre janvier et fin mars.

Pesant également sur le sentiment, la vague de ventes dans la "tech", déclenchée par la publication des résultats décevants du fabricant américain de puces Broadcom, se poursuit vendredi pour la deuxième journée consécutive, affectant les Bourses asiatiques puis leurs homologues européennes, les investisseurs se montrant plus prudents après le récent rallye du secteur des semi-conducteurs.

Sur le plan macroéconomique, tous les ⁠regards sont tournés vers le rapport sur l'emploi ‌aux États-Unis pour le mois de mai, dont la publication est prévue à 12h30 GMT.

"Tant que le marché du travail restera en bonne santé, l'accent restera mis sur ⁠l'aspect inflationniste du mandat de la Fed, qui s'est de plus en plus écarté de l'objectif fixé en raison du choc énergétique", signale dans une note Jim Reid, analyste chez Deutsche Bank.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL ‌STREET

Les fabricants de puces sont à nouveau attendus en baisse vendredi, Nvidia reculant de 1,5% dans les échanges en avant-Bourse, tandis qu'Intel, Micron, AMD et Broadcom perdent entre 2% et 3,8%.

VALEURS EN ⁠EUROPE

Le compartiment technologique du Stoxx 600 est malmené, avec un recul de 1,73%, plombé par le secteur des semi-conducteurs dans le sillage des résultats ⁠de Broadcom.

ASM International, ASML et BESI reculent d'environ 3% ‌à Amsterdam, tandis qu'Infineon, STMicroelectronics, Soitec et Siltronic perdent de 3% à 6,3%.

A Paris, Air France-KLM cède 2,2% au gré d'un changement de recommandation de Barclays, le courtier ayant abaissé sa recommandation à "sous-pondérer" contre "pondération en ligne.

A Londres, ​la société britannique Bodycote recule de 10% après avoir annoncé, avec Apollo Global Management, avoir mis fin à leurs négociations ‌concernant une offre de rachat.

TAUX

Le calme domine sur le marché obligataire vendredi sur fond d'impasse au Moyen-Orient.

Le rendement du Bund allemand à dix ans avance très légèrement à 3,0302%, tandis que celui de l'obligation à deux ans est quasi inchangé à 2,6576%. ​Ils devraient toutefois enregistrer leur première hausse hebdomadaire depuis la mi-mai, les investisseurs se montrant plus prudents quant aux perspectives d'un accord entre les États-Unis et l'Iran visant à rouvrir le détroit d'Ormuz. Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans est également stable à 4,4729%, tout comme celui du titre à deux ans, qui ressort à 4,0431%.

CHANGES

Le dollar perd 0,19% face à un panier de devises de référence, tout en restant à ⁠des niveaux élevés dans un contexte d'incertitude géopolitique.

L'euro gagne 0,23% à 1,1636 dollar.

Le yen est quant à lui en passe d'enregistrer une quatrième semaine consécutive de baisse face au billet vert, frôlant la barre des 160 pour un dollar, seuil qui a déjà déclenché des interventions des autorités japonaises par le passé.

La ministre nippone des Finances, Satsuki Katayama, a déclaré vendredi que le Japon était prêt à réagir à tout moment et se réservait le droit de prendre des "mesures décisives" contre une volatilité excessive de la devise nationale.

PÉTROLE

Les prix du pétrole varient peu vendredi, tout en restant à des niveaux élevés en raison de l'incertitude autour des négociations de paix au Moyen-Orient.

Le Brent cède 0,16% à 94,88 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 0,14% à 92,91 dollars.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 5 JUIN :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

US 12h30 Rapport sur l'emploi mai 85.000 115.000

- taux de chômage 4,3% 4,3%

(Certaines données peuvent ​accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)