Wall Street vue en ordre dispersé avant l'inflation, l'Europe souffre de la flambée du pétrole
information fournie par Reuters 14/07/2026 à 13:30

Un trader travaille chez CMC Markets, dans la City de Londres

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en ordre dispersé et les Bourses européennes reculent mardi à mi-séance, la troisième nuit ‌consécutive de frappes entre les Etats-Unis et l'Iran au Moyen-Orient et le nouveau blocus du détroit d'Ormuz ayant fait grimper les prix du pétrole à leur plus haut niveau depuis un mois.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en ​baisse de 0,28% pour le Dow Jones, et de 0,06% pour le Standard & Poor's-500, tandis que le Nasdaq devrait regagner un peu du terrain perdu la veille en raison de la baisse des fabricants de puces et avancer de 0,45%.

Le CAC 40 de la Bourse de Paris, ouverte malgré le jour férié de la Fête nationale, perd 0,93% à 8.286,67 points vers 10h57 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,74% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,44%.

L'indice ​EuroStoxx 50 perd 0,77%, le FTSEurofirst 300 0,65% et le Stoxx 600 0,63%.

La géopolitique pèse à nouveau de tout son poids sur les marchés mondiaux, après que le président américain a annoncé lundi réimposer un blocus naval aux ports iraniens et alors que les hostilités se sont poursuivies entre Washington et Téhéran ​pour la troisième nuit consécutive, autant d'éléments qui ne font qu'aggraver les inquiétudes concernant le transit des flux énergétiques par ⁠le détroit d'Ormuz.

Le locataire de la Maison blanche a également annoncé que les Etats-Unis prélèveraient un péage à hauteur de 20% de tout fret acheminé via le détroit, une proposition condamnée le jour même par ‌l'agence des Nations unies chargée de la navigation maritime et qui pourrait faire grimper encore davantage les prix de l'énergie.

Le pétrole Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, prend mardi 4,93% à 87,41 dollars le baril, son plus haut niveau depuis la mi-juin, après avoir grimpé plus de 9% la veille, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, ​WTI) gagne 3,74% à 81,06 dollars.

La nouvelle hausse des prix du pétrole, qui avaient pourtant ‌retrouvé leurs niveaux d'avant-guerre à la suite de l'accord provisoire signé le 17 juin entre l'Iran et les États-Unis, ravive considérablement les craintes inflationnistes et fait grimper ⁠en flèche les rendements des obligations d'État des deux côtés de l'Atlantique.

L'évolution des prix est par ailleurs le rendez-vous macroéconomique du jour aux Etats-Unis, avec la publication de l'indice des prix à la consommation du mois de juin prévue à 12h30 GMT. Même si un ralentissement est prévu, ce soulagement pourrait n'être que temporaire, compte tenu de la recrudescence des tensions au Moyen-Orient, et s'avérer donc insuffisant pour rassurer les investisseurs.

Le marché renforce à nouveau ses anticipations d'un resserrement ⁠de la politique monétaire de la part des banques ‌centrales et les déclarations de Christopher Waller, gouverneur de la Réserve fédérale (Fed), qui a affirmé lundi que l'institution pourrait être contrainte de relever ses taux "à court terme" contribuent également à cette ⁠vision ces dernières heures.

Les marchés estiment actuellement à environ 40% la probabilité d'une hausse des taux par la Fed ce mois-ci, tandis que la BCE devrait maintenir ses coûts d'emprunt inchangés la semaine prochaine, après un relèvement en juin ‌et avant de les augmenter à nouveau en septembre.

Une audition de Kevin Warsh, patron de la banque central américaine, devant la commission des services financiers de la Chambre occupera également les investisseurs cet après-midi.

LES ⁠VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Les investisseurs ont devant eux une longue liste de résultats des grandes banques américaines, avec JP Morgan, Bank of America, Goldman ⁠Sachs, Wells Fargo et Citigroup au programme.

VALEURS EN EUROPE

À Paris, ‌EssilorLuxottica perd 3% après que Goldman Sachs a abaissé sa recommandation sur le lunetier franco-italien, anticipant une concurrence plus rude sur le marché des lunettes dotées d’IA et un ralentissement de la croissance au second semestre.

Les valeurs françaises du ​luxe sont également en baisse de plus de 2% et pèsent sur le compartiment sectoriel du Stoxx, qui abandonne près de 2%.

Ailleurs ‌en Europe, Ericsson plonge de plus de 8% alors que le groupe suédois a publié un chiffre d'affaires en baisse au deuxième trimestre.

Le compartiment du voyage enregistre une des plus fortes pertes du Stoxx 600, avec un recul de 2,11% face à la situation au ​Moyen-Orient et à la hausse des prix des carburants. Les compagnies aériennes Air France et Lufthansa reculent chacune de plus de 2%.

Le secteur de l'énergie gagne en revanche 1,13%, porté une nouvelle fois par la hausse des cours pétroliers. La société britannique BP progresse de 2,3% après avoir annoncé que ses résultats liés au négoce du pétrole devraient être en légère hausse au deuxième trimestre.

TAUX

Les rendements obligataires sont en hausse mardi dans un contexte de craintes inflationnistes liées ⁠aux prix du brut.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans gagne 1,2 point de base à 4,6217% et celui de l'obligation à deux ans avance de près de 2 points de base à 4,2816%.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans progresse de 2,8 points de base à 3,0996%, tandis que celui du titre à deux ans, plus sensible aux anticipations sur les taux, grimpe de près de 6 points de base à 2,7751%.

En France, le rendement de l'OAT à dix ans gagne 4 points de base à 3,9138%.

CHANGES

Le dollar recule légèrement reste proche de ses plus hauts niveaux depuis plus d'un an, dans l'attente des chiffres de l'inflation américaine, et alors que les investisseurs surveillent les tensions au Moyen-Orient.

La devise américaine perd 0,11% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro gagne 0,11% à 1,1394 dollar.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 14 JUILLET :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 12h30 Inflation CPI juin

- sur un mois 3,8% 4,2%

(Certaines données ​peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)