Wall Street vue en hausse, l'Europe recule avec les nouveaux accrochages USA-Iran
information fournie par Reuters 08/05/2026 à 13:47

PHOTO DE FICHIER : Des personnes marchent le long de Wall Street, près de la Bourse de New York

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en hausse et les Bourses européennes reculent vendredi à mi-séance, les nouveaux accrochages entre les Etats-Unis ‌et l'Iran dans le détroit d'Ormuz tempérant les espoirs d'une fin imminente de la guerre, bien que le président américain ait affirmé que la trêve entre les deux pays reste en vigueur. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en hause de 0,33% pour ​le Dow Jones, de 0,49% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,69% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 perd 0,72% à 8.143,31 points vers 11h16 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,75% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,17%.

L'indice EuroStoxx 50 abandonne 0,75% et le FTSEurofirst 300 et le Stoxx 600 0,50% chacun.

Les marchés d'actions européens poursuivent leur pertes après le fort recul enregistré jeudi, des nouveaux affrontements entre les Etats-Unis et Washington dans le détroit d'Ormuz montrant aux investisseurs que le chemin vers une ​paix durable sera probablement semé d'embûches.

L'armée américaine et l'armée iranienne se sont mutuellement accusées au cours des dernières heures d'avoir enfreint la trêve annoncée un mois plus tôt, alors même que des sources ont fait état jeudi d'avancées dans les discussions entre Washington et Téhéran en vue d'un accord temporaire prévoyant la fin des hostilités.

Ces incidents laissent craindre ​une reprise du conflit déclenché le 28 février, qui secoue les marchés de l'énergie et fait craindre une vague inflationniste, même ⁠si le président américain Donald Trump a affirmé par la suite que le cessez-le-feu restait en vigueur.

Les analystes font valoir vendredi que les tensions ne disparaîtront pas du jour au lendemain.

"Je continue de penser que les tensions dans le détroit (d'Ormuz) ‌vont perdurer et que la situation ne sera pas résolue de sitôt", dit Jan von Gerich, analyste chez Nordea, tandis que Chris Weston, directeur d'études chez Pepperstone, prévient que le chemin vers un accord durable est tout sauf linéaire.

Contrairement aux marchés américains, les Bourses européennes restent extrêmement sensibles à l'actualité géopolitique, la région étant très dépendante des importations d'énergie, ce qui suscite des inquiétudes quant à l'évolution des ​prix et de la croissance économique.

Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a mis ‌en garde jeudi contre le risque croissant d'une inflation élevée, ajoutant qu'il faudrait relever les taux d'intérêt si la crise énergétique venait à s'étendre. Les marchés anticipent actuellement au ⁠moins trois hausses des coûts d'emprunt de la BCE au cours des 12 prochains mois.

Par ailleurs, Donald Trump a dit jeudi donner à l'Union européenne (UE) jusqu'au 4 juillet pour respecter l'accord commercial conclu en 2025 en Ecosse sous peine d'une hausse des droits de douane, ce qui ne contribue pas à l'optimisme. Les marchés américains attendent à 12h30 GMT le rapport officiel mensuel sur l'emploi, indicateur clé pour les anticipations sur la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Les actions du secteur des puces ⁠devraient rebondir vendredi après leurs pertes de la veille. ‌L'action Microchip Technology prend 3,9% en avant-Bourse après avoir anticipé un chiffre d'affaires supérieur aux estimations pour le premier trimestre.

Qualcomm et Nvidia sont également indiquées en hausse à l'ouverture.

VALEURS EN EUROPE

Tous les grands compartiments ⁠du Stoxx 600 sont dans le rouge, y compris la défense (-1,79%), secteur financier (-0,4%) et les banques (-0,45%).

Stellantis prend 1,76% après avoir annoncé son intention d'étendre son partenariat avec le chinois Leapmotor en Espagne, reléguant au second plan les nouvelles inquiétudes commerciales et les perspectives peu ‌réjouissantes de Toyota, premier constructeur automobile mondial.

IAG perd 1,61%, le propriétaire de British Airways ayant annoncé vendredi que son bénéfice annuel serait inférieur aux prévisions en raison de la flambée des coûts du kérosène et les perturbations de ⁠l'approvisionnement.

Rheinmetall plonge de 6,5% après que JP Morgan a abaissé sa recommandation sur la valeur. Les résultats publiés par le groupe allemand de défense ont déjà pesé sur ⁠le titre jeudi.

Commerzbank, qui prévoit de supprimer 3.000 emplois, et tente ‌de repousser une tentative de rachat par UniCredit perd 1,46%.

A Milan, le fabricant italien de pneus Pirelli avance de 2,84% à la faveur d'un léger relèvement de sa prévision de chiffre d'affaires pour cette année.

TAUX

Les rendements obligataires de la zone euro progressent légèrement ​vendredi dans un contexte de reprise des affrontements entre les États-Unis et l'Iran, même si les fluctuations sont modérées par rapport à la volatilité ‌observée en début de semaine.

Le rendement du Bund allemand à dix ans gagne 1,1 points de base à 3,0088%. Celui de l'obligation à deux ans prend 1,8 points de base à 2,5911%.

Au Royaume-Uni, les rendements du Gilt reculent, le Premier ministre travailliste Keir Starmer ayant soulagé le marché en déclarant ​qu'il ne démissionnerait pas malgré les lourdes défaites essuyées par son parti lors des élections locales.

Le rendement du Gilt à 30 ans, qui avait atteint cette semaine son plus haut niveau depuis 1998 en raison des inquiétudes sur un éventuel changement à la tête du gouvernement ou à ses projets d'emprunt, ainsi qu'à l'impact de la guerre en Iran, recule vendredi de 7,6 points de base à 5,5570%.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans perd 2,2 points de base à 4,3722% et celui du titre à ⁠deux ans 2 points de base à 3,8991%.

CHANGES Le dollar perd 0,09% face à un panier de devises de référence, le président américain ayant déclaré que le cessez-le-feu était toujours en vigueur malgré la reprise des hostilités au Moyen-Orient.

L'euro gagne 0,32% à 1,1763 dollar.

La livre sterling gagne 0,38% face au dollar et 0,03% face à l'euro, soutenue par la promesse de Keir Starmer de rester Premier ministre britannique malgré la défaite électorale de son parti aux élections locales.

PÉTROLE

Le pétrole connaît une séance hésitante, tiraillé entre les craintes suscitées par les derniers événements au Moyen-Orient et les déclarations de Donald Trump concernant la trêve qui est toujours en vigueur.

Le Brent grappille 0,13% à 100,19 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 0,27% à 94,55 dollars.

Le Brent, référence mondiale su marché, s'achemine vers une baisse hebdomadaire de 7% après être passé sous la barre des 100 dollars cette semaine pour la première fois depuis le 22 avril, grâce aux espoirs d'un accord de paix imminent.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 8 MAI :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 12h30 Créations d'emplois avril 62.000 178.000

- ​taux de chômage 4,3% 4,3%

USA 14h00 Confiance des consommateurs mai 49,5 49,8

(Michigan)

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá)