Wall Street vue en hausse, l'Europe rebondit sans perdre de vue le Moyen-Orient
information fournie par Reuters 27/05/2026 à 13:24

Une plaque de Wall Street est visible sur un étal de vendeur ambulant à l'extérieur du New York Stock Exchange (NYSE) à New York City

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en hausse et les Bourses européennes rebondissent mercredi à mi-séance, portées par la baisse des ‌prix du pétrole, même si l'impasse entre les États-Unis et l'Iran continue d'inciter à la prudence.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en hausse de 0,44% pour le Dow Jones, de 0,37% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,65% pour ​le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 gagne 0,95% à 8.250,40 points vers 11h03 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,63 et à Londres, le FTSE prend 0,19%.

L'EuroStoxx 50 est en hausse de 0,87%, le FTSEurofirst 300 de 0,48%, tandis que l'indice paneuropéen Stoxx 600 progresse de 0,45% à 630,59 points, se situant ainsi à environ 1% de son plus haut historique atteint en février, avant le début de l'opération israélo-américaine contre l'Iran.

Les investisseurs veulent croire en une résolution prochaine du conflit, ​ce qui allège la pression sur les prix du pétrole, qui repassent mercredi sous la barre des 100 dollars le baril pour le Brent, mais la réalité sur le terrain ne cesse de rappeler la complexité d'un tel objectif.

L'Iran a déclaré mardi que les Etats-Unis avaient enfreint le cessez-le-feu en vigueur depuis près de ​sept semaines, après les frappes effectuées lundi soir par l'armée américaine à proximité du détroit d'Ormuz, dont la fermeture ⁠de facto depuis le début de la guerre attise les craintes d'inflation à travers le monde.

"La nouvelle donne consiste essentiellement en une incertitude persistante quant à un cessez-le-feu, et tant que la situation ne se détériorera pas ‌gravement, ils partiront du principe qu'une solution finira par être trouvée", note Michael Hewson, analyste financier chez iFOREX Europe.

La Banque centrale européenne (BCE) a par ailleurs signalé dans son rapport semestriel sur la stabilité financière, publié mercredi, que la guerre et les tensions commerciales pourraient freiner la croissance économique de la zone euro, augmenter les coûts de financement et compromettre la capacité de certains États membres ​à maintenir l'équilibre budgétaire.

Quoi qu'il en soit, l'incertitude géopolitique ne contribue pas à renforcer la confiance ‌des consommateurs. En France, le moral des ménages s'est replié plus que prévu en mai, selon l'enquête mensuelle de conjoncture publiée mercredi par l'Insee.

La séance ne présente ⁠plus aucun indicateur économique significatif, les investisseurs attendant surtout les chiffres de l'inflation PCE aux États-Unis jeudi et les données sur les prix à la consommation en France et en Allemagne vendredi pour mieux évaluer l'impact de la guerre sur les prix.

PÉTROLE

Les cours du pétrole baissent mercredi, effaçant une partie des gains enregistrés la veille, tandis que les opérateurs restent en alerte face à l'incertitude entourant les pourparlers au Moyen-Orient.

Le Brent recule de 2,74% à 96,85 dollars le baril et le brut ⁠léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 3,81% à 90,31 ‌dollars. LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L8N4240K0]

La dynamique soutenue liée à l'intelligence artificielle (IA) devrait une nouvelle fois porter les indices de la Bourse de New York, le S&P 500 et le Nasdaq ⁠ayant tous deux clôturé à des niveaux records mardi et Micron ayant dépassé pour la première fois les 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière.

L'action du fabricant de puces mémoire progresse de 4,6% en avant-Bourse après les gains de la veille, ‌tandis ses concurrents Sandisk, Western Digital et Seagate Technology sont également indiqués dans le vert.

Goldman Sachs a par ailleurs relevé sa prévision pour le S&P 500, estimant que celui-ci atteindra 8.000 points en fin d'année ⁠contre 7.600 anticipé jusqu'ici, en raison notamment de la solidité des résultats des entreprises.

VALEURS EN EUROPE

Capgemini recule de 4%, les perspectives à moyen terme de l'entreprise française ⁠de services informatiques, qui mise sur son positionnement autour de ‌l'intelligence artificielle (IA) pour stimuler la croissance, n'ayant pas convaincu les investisseurs.

Eramet abandonne également environ 4% après l'annonce de la nomination de Simon Henochsberg au poste de directeur financier. Le groupe minier français a également annoncé un redémarrage partiel de la ​production de HMC sur le site de Grande Côte au Sénégal après un incendie survenu en février.

Pluxee reflue de 3,2%, le groupe ‌étant visé par une enquête de l'autorité chilienne de la concurrence.

L'indice de l'automobile sur le Stoxx 600 grimpe de 3,44% après les pertes de la veille et alors que la demande de véhicules électriques a permis au secteur en Europe de poursuivre sa croissance en avril, selon ​les données de l'Association des constructeurs automobiles européens.

Renault gagne près de 5% et Stellantis 4,4%.

Ailleurs en Europe, Volvo Cars bondit de 8,6%, le groupe détenu majoritairement par le chinois Geely Holding ayant dit avoir reçu l'autorisation du gouvernement américain pour continuer à exporter aux Etats-Unis des véhicules dits connectés.

Le secteur chimique (+1,68%) est soutenu par AkzoNobel, qui s'envole de 20%, le fabricant de peintures néerlandais ayant rejeté une offre conjointe de rachat présentée par ses concurrents Nippon Paint <4612. T> et Sherwin-Williams.

TAUX

Les rendements ⁠obligataires de la zone euro reculent mercredi après avoir augmenté la veille. Les investisseurs continuent de tabler sur deux hausses des taux par la BCE cette année, dans un contexte de craintes inflationnistes liées à la guerre en Iran.

Le rendement du Bund allemand à dix ans perd 2,2 points de base à 2,9612%, tandis que celui du titre à deux ans cède près de 4 points de base à 2,5592%.

Aux Etats-Unis, le rendement des bons du Trésor à 10 ans recule de 2 points de base à 4,4689, sa troisième journée de baisse consécutive.

Le rendement de l'obligation à deux ans perd 2,3 points de base à 4,0267%.

CHANGES

Le dollar perd 0,05% face à un panier de devises de référence après la progression de la veille, tandis que l'euro gagne 0,09% à 1,1639 dollar.

Le yen s'affiche à 159,38 pour un dollar, oscillant près d'une zone considérée comme susceptible de déclencher une intervention des autorités japonaises.

AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 27 MAI

(Certaines données ​peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)