Wall Street vue en baisse, l'Europe rechute après trois séances de gains information fournie par Reuters 07/10/2026 à 13:59
par Claude Chendjou
Wall Street est attendue en repli à l'ouverture mercredi et les Bourses européennes reculent également à la mi-séance, dans un contexte d'aversion au risque, alimentée par la remontée des rendements obligataires et des cours du pétrole sur fond de regain des tensions au Moyen-Orient et dans le Golfe.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,34% pour le Dow Jones, de 0,28% pour le Standard & Poor's 500 et de 0,62% pour le Nasdaq, au lendemain des records de ces deux derniers indices, portés par les valeurs technologiques.
À Paris, le CAC 40 perd 1,08% à 7.781,70 points vers 11h00 GMT. À Francfort, le Dax recule de 1,41% et à Londres, le FTSE fléchit de 0,78%.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 régresse de 1% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 1,61%. Le Stoxx 600 abandonne 0,97% après trois séances consécutives de gains. Il est pénalisé en premier par le secteur technologique, sur des prises de bénéfice, ainsi que les secteurs financier et industriel, en raison de l'impact de l'inflation.
Le contexte géopolitique pèse à nouveau sur le sentiment des investisseurs alors que deux missiles lancés par les Houthis, alliés de l'Iran, ont ciblé dans la matinée l'aéroport international d'Aden au Yémen, tandis que les pourparlers de paix entre Washington et Téhéran sont au point mort. Le président américain Donald Trump a déclaré mardi que personne ne savait qui dirigeait l'Iran après près de huit mois de guerre.
Les prévisionnistes américains ont en outre annoncé mardi qu'une tempête se formant dans le golfe du Mexique pourrait se transformer en ouragan dans l'Atlantique d'ici deux jours et toucher les installations pétrolières et gazières. Les zones offshore situées sur la trajectoire de la tempête produisent 15% du pétrole brut américain et 5% du gaz naturel du pays.
Sur les marchés financiers, cela se traduit par un baril de Brent bien au-dessus du seuil psychologique des 100 dollars et un fort recul de l'euro, tombé notamment à un creux de 16 mois face à la livre sterling, alors que le bloc monétaire est particulièrement exposé à la flambée des prix de l'énergie.
Cette tempête représente une "complication indésirable pour le pétrole brut, faisant craindre des perturbations de la production et du raffinage à un moment où le marché est déjà confronté à de nombreux problèmes d'approvisionnement", souligne Tim Waterer, chef analyste chez KCM Trade.
L'impact de la remontée des cours du pétrole s'observe aussi dans l'obligataire où les rendements des bons du Trésor américains sont proches de leurs sommets de 24 ans atteints en début de semaine. En zone euro, les obligations enregistrent une forte volatilité avec une divergence marquée entre les pays les plus endettés et les "bons élèves" du bloc monétaire.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Les spécialistes des semi-conducteurs comme Micron Technology et Marvell Technology sont attendus en repli de 2,2% et 1,2%, respectivement après la très bonne tenue du secteur mardi.
VALEURS EN EUROPE
Forvia, qui a annoncé la création d'une coentreprise avec Anand Group en Inde, bondit de 9,30%.
Renault et Stellantis montent respectivement de 1,58% et 1,17% alors que l'agence Bloomberg a rapporté que l'Union européenne (UE) préparait un plafond d'importation pour les véhicules hybrides chinois afin de rééquilibrer les échanges commerciaux entre les deux blocs.
Porsche gagne 1,80% à la faveur de la présentation de ses perspectives à long terme.
Rémy Cointreau prend 3,43%, le fabricant de spiritueux ayant souligné l'amélioration de la tendance de ses ventes et la poursuite de la bonne tenue du marché américain, lors d'une conférence téléphonique.
BE Semiconductor Industries chute de 9,84%. UBS a abaissé sa recommandation sur le fabricant néerlandais d'équipements pour semi-conducteurs d'"acheter" à "vendre" et réduit son objectif de cours de 57% à 159 euros, en raison de la lenteur de la demande sur l"hybrid bonding", une technique d'encapsulation de puces.
TAUX
Le rendement du Bund allemand à dix ans monte de 2,4 points de base, à 3,5054%, et son équivalent français bondit de 15 points, à 4,8983%. L'écart entre le Bund et l'OAT à dix ans se creuse ainsi à près de 140 points de base, en raison notamment des inquiétudes persistantes concernant la détérioration de la situation budgétaire de la France à l'approche de l'élection présidentielle du printemps. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans progresse de 5,5 points de base, à 5,3262%, et celui à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2002, à 5,70%.
Le marché suivra de près deux adjudications du Trésor américain, à dix ans et 30 ans, prévues dans le courant de la journée, qui permettront de mesurer l'intensité de la demande pour la dette américaine.
La Réserve fédérale américaine (Fed) publiera par ailleurs ce mercredi le compte-rendu de sa réunion de politique monétaire des 15 et 16 septembre, qui sera examiné avec attention afin d'y déceler d'éventuelles évolutions des taux directeurs au cours des prochains mois.
Les opérateurs ont revu à la baisse leurs prévisions concernant une hausse des taux de la Fed ce mois-ci, ramenant la probabilité d'un relèvement des coûts d'emprunt à 19% contre environ 50% il y a une semaine.
CHANGES
Le dollar progresse de 0,45% face à un panier de devises, dans le sillage de la remontée des cours pétroliers et en attendant les "minutes" de la Fed.
L'euro recule de 0,60%, à 1,1191 dollar, cédant une partie de ses gains de la veille.
La livre sterling s'échange à 1,3219 dollar, en baisse de 0,38%.
PÉTROLE
Le marché pétrolier monte mercredi en raison des inquiétudes concernant les perturbations de l'approvisionnement dues à une tempête menaçant les régions productrices de pétrole américaines et aux attaques des Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, contre l'aéroport d'Aden.
Le Brent progresse de 1,42% à 102,01 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 0,68% à 90,05 dollars.
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(Rédigé par Claude Chendjou; avec la contribution de Stefano Rebaudo et Scott Murdoch; édité par Benoit Van Overstraeten)