Wall Street vue en baisse, l'Europe hésite, incertitude au Moyen-Orient information fournie par Reuters 24/03/2026 à 13:52
par Claude Chendjou
Wall Street est attendue en léger repli mardi à l'ouverture, tandis que les Bourses européennes sont hésitantes à la mi-séance, la prudence l'emportant globalement face aux signaux contradictoires envoyés par l'administration américaine, Israël et les dirigeants iraniens au 25e jour de guerre au Moyen-Orient.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en repli de 0,22% pour le Dow Jones, de 0,24% pour le Standard & Poor's 500 et de 0,21% pour le Nasdaq. Les marchés américains devraient repartir à la baisse sur fond de regain d'incertitude au niveau géopolitique après le bref soulagement de la veille né de la décision du président Donald Trump de reporter sa menace de bombarder le réseau électrique iranien.
À Paris, le CAC 40 grappille 0,01% à 7.726,69 points vers 12h05 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,23%, tandis qu'à Londres, le FTSE prend 0,16%.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 perd 0,02% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro abandonne 0,28%. Le Stoxx 600 grignote 0,05%. Les secteurs européens de la finance et de la défense cèdent respectivement 0,53% et 1,45%, tandis que le compartiment de l'énergie monte de 0,78%.
Le secteur des voyages et des loisirs, sensible aux prix du pétrole et l'un des plus durement touchés lors des récentes ventes massives, abandonne 0,10%.
Les actions européennes, très volatiles, ont touché mardi leur plus bas niveau en près de quatre mois, sur fond de nouvelle flambée des prix du pétrole, ce qui freine logiquement l'appétit pour le risque, malgré la tentation d'achats à bon compte dans certains secteurs.
Au 25e jour de guerre, l'Iran et Israël ont échangé mardi de nouveaux tirs de missiles, au lendemain du revirement de Donald Trump annonçant que les Etats-Unis avaient noué des négociations avec Téhéran qui ont permis de dégager "des points d'accord majeurs", ce que dément Téhéran, laissant ainsi les investisseurs perplexes.
Les indices de la volatilité à Wall Street et sur l'EuroStoxx 50 restent à des niveaux élevés, à respectivement environ 27 et 31 points, signe d'une grande prudence du marché.
Côté indicateurs économiques, l'impact de la guerre s'est fait sentir dans l'enquête PMI qui montre un net ralentissement de la croissance du secteur privé en zone euro en mars. Des enquêtes similaires menées en Allemagne ont révélé que la croissance du privé avait atteint son niveau le plus faible en trois mois, tandis qu'en France, elle s'est contractée au rythme le plus rapide depuis octobre. En Grande-Bretagne, elle a ralenti en mars à son plus bas niveau depuis septembre.
Sur le plan de la politique monétaire, le conflit fait craindre une résurgence de l'inflation et complique les perspectives en matière de taux directeurs pour les banques centrales. Le marché surveillera les propos attendus dans le courant de la journée, d'un des gouverneurs de la Fed, Michael Barr, alors que les traders anticipent désormais un statu quo sur les taux de la banque centrale américaine cette année, contre deux réductions prévues avant le début du conflit au Moyen-Orient.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Jefferies grimpe de 8,2% en avant-Bourse, le Financial Times ayant rapporté mardi que le groupe japonais Sumitomo Mitsui Financial Group étudie un possible rachat de la banque d'investissement américaine.
VALEURS EN EUROPE
Puig bondit de 14,47%, le groupe espagnol de produits de beauté ayant confirmé être en discussions avec Estée Lauder en vue d'une possible fusion.
Dans son sillage, le secteur européen du luxe prend 0,60% avec notamment Kering (+2,28%) en tête du CAC 40, tandis que L'Oreal (+1,97%) est également bien orienté.
Bayer recule de 2,69% après une information selon laquelle Inclusive Capital Partners envisage de céder une participation dans la société allemande spécialisée dans l'agriculture et la santé.
Kingfisher est dans le rouge après la publication de ses résultats annuels.
SAP abandonne 3,02%, JPMorgan ayant abaissé sa recommandation sur l'éditeur de logiciels de "surpondérer" à "neutre".
TAUX
Les rendements obligataires souverains en zone euro sont en légère baisse, mais restent proches de leurs pics de près de 15 ans, les investisseurs se montrant plus prudents face au conflit au Moyen-Orient à la suite de signaux mitigés concernant d'éventuelles négociations entre les Etats-Unis et l'Iran.
Le rendement du Bund allemand à dix ans cède 2,5 points de base (pb), à 2,9937% et le deux ans fléchit de 3,4 points de base, à 2,5855%. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans monte de près de trois points de base, à 4,3638%, tandis que le deux ans grimpe de 4,1 pb, à 3,8717%, la tension étant de retour sur ce marché alors que l'optimisme décline au Moyen-Orient.
"Nous sommes loin d'une situation totalement claire, mais les propos de Trump mettent en lumière deux points importants : le canal diplomatique est ouvert et actif entre les Etats-Unis et l'Iran, et les Etats-Unis souhaitent réellement sortir de la situation de guerre actuelle", note Mohit Kumar, économiste chez Jefferies.
CHANGES
Le dollar rebondit, de 0,34%, face à un panier de devises internationales, après un repli de 0,40% lundi, qui l'avait fait tomber à un creux de près de deux semaines.
L'euro recule de 0,23%, à 1,1583 dollar, après un gain de 0,40% la veille, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3397 dollar (-0,25%), après un bond de près de 1% lundi.
PÉTROLE
Le marché pétrolier progresse mardi en raison des perturbations persistantes dans l'approvisionnement en brut et du démenti de l'Iran concernant les négociations avec les Etats-Unis.
Le Brent monte de 1,96% à 101,87 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 2,59% à 90,40 dollars.
PLUS AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE À L'AGENDA DE CE MARDI
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)