Wall Street vue en baisse, l'Europe hésite avec la reprise des tensions au Moyen-Orient
information fournie par Reuters 13/07/2026 à 14:29

L'entrée « Wall St » de la Bourse de New York (NYSE) à New York

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en baisse et les Bourses européennes évoluent en ordre dispersé lundi à mi-séance, ‌dans un contexte d'incertitude et de flambée des prix du pétrole sur fond d'escalade militaire au Moyen-Orient.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,04% pour le Dow Jones, de 0,3% pour le ​Standard & Poor's-500 et de 0,89% pour le Nasdaq, dans ce qui devrait être une séance marquée par des prises de bénéfices dans le secteur technologique, après le début de cotation en grande pompe de SK Hynix aux Etats-Unis vendredi dernier.

À Paris, le CAC 40 gagne 0,19% à 8.354,59 points vers 11h27 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,21% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,03%.

L'indice EuroStoxx 50 évolue sur de faibles variations (+0,14%) tout comme le FTSEurofirst ​300 (-0,03%) et le Stoxx 600 (0,01%).

Les investisseurs restent confrontés à un contexte géopolitique instable, marqué par la reprise des hostilités entre l'Iran et les États-Unis depuis la semaine dernière, ce qui a considérablement refroidi le moral des investisseurs, notamment après que le président américain Donald Trump a déclaré caduc le protocole d'accord ​signé en juin entre les deux parties.

L'armée américaine a déclaré dimanche soir mener de nouveaux bombardements contre l'Iran, tandis ⁠que Téhéran a ciblé des sites militaires américains dans le Golfe et a annoncé avoir de nouveau fermé le détroit d'Ormuz, une voie cruciale pour les livraisons mondiales d'énergie.

La recrudescence des tensions entraîne, sans ‌surprise, une nouvelle hausse des cours du pétrole, qui frôlent les 80 dollars le baril, et, dans la foulée, des rendements des obligations d'État, qui réagissent ainsi aux craintes inflationnistes susceptibles d'amener les banques centrales à durcir leur politique monétaire.

Le Brent prend 3,35% à 78,56 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 3,39% à 73,83 dollars.

La position ​des banques centrales sur l'évolution des prix devrait par ailleurs occuper plus que jamais le ‌devant de la scène à l'approche de la décision de la Banque centrale européenne (BCE) la semaine prochaine et de celle de la Réserve fédérale américaine (Fed) ⁠la semaine suivante.

Après d'un premier relèvement en juin, les marchés monétaires tablent sur un resserrement de la politique monétaire de l'ordre de 38 points de base d'ici la fin de l'année de la part de Francfort, ce qui implique une nouvelle hausse des taux d'intérêt d'un quart de point et une probabilité d'environ 50% d'une autre.

"L'évolution de la situation au Moyen-Orient devrait jouer un rôle déterminant, notamment pour savoir si la montée des tensions observée la semaine dernière ⁠s'avérera temporaire ou marquera une nouvelle escalade susceptible ‌de faire grimper les prix de l'énergie", écrivent lundi dans une note les analystes d'UBS.

Aux États-Unis, l'intervention prévue cette semaine du président de la Fed, Kevin Warsh, devant le Congrès pourrait ⁠également donner quelques indications sur la position de la banque centrale américaine.

Le rapport sur l'inflation américaine du mois de juin, attendu mardi, devrait quant à lui faire état d'un ralentissement des prix le mois dernier, selon les analystes ‌interrogés par Reuters, mais l'optimisme sur l'évolution des prix pourrait rapidement être remis en question dans un contexte de reprise des hostilités au Moyen-Orient.

En ce qui concerne l'actualité des entreprises, le secteur lié ⁠à l'intelligence artificielle (IA) reste l'un des principaux centres d'intérêt des investisseurs après les nouvelles inquiétudes quant aux valorisations extrêmes des actions des fabricants de puces électroniques ⁠et une séance dans la rouge sur les marchés ‌asiatiques.

La saison des résultats du deuxième trimestre débute par ailleurs mardi aux États-Unis avec les grandes banques américaines, ce qui pourrait peser sur la tendance

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Le titre du géant sud-coréen des puces SK Hynix ​coté aux États-Unis recule de 9% en avant-Bourse lundi, tandis que Micron perd 5,2% et Western Digital et Sandisk abandonnent entre ‌5% et 6%.

VALEURS EN EUROPE

Le compartiment technologique recule de 0,7%, dans le sillage des valeurs des semi-conducteurs asiatiques, tout en réduisant les pertes enregistrées en début de séance.

Touchées par la hausse des prix du pétrole, les actions du secteur du voyage reculent de 0,49%, ​tandis que celles du secteur de l'énergie en profitent et progressent de 1,35%. À Paris, TotalEnergies gagne près de 2%.

Du coté des valeurs individuelles, Akzo Nobel avance de 2% à Amsterdam après que le groupe japonais Nippon Paint a annoncé lundi proposer une offre de rachat de l'activité peinture du groupe néerlandais pour 7,5 milliards d'euros.

Vodafone grimpe de près de 4% à Londres, prolongeant ainsi les gains de vendredi après que le milliardaire français Xavier Niel ⁠a annoncé son intention d'acquérir une participation dans le groupe de télécommunications auprès de la société émiratie e&.

TAUX

Les rendements obligataires de référence dans la zone euro progressent lundi sur fond de craintes inflationnistes.

Le rendement du Bund allemand à dix ans gagne 2,3 points de base à 3,0568% et son homologue à deux ans, le plus sensibles aux anticipations sur les taux, progresse de 4 points de base à 2,6888%. Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans grappille 0,8 point de base à 4,5773%, tandis que celui de l'obligation à deux ans avance de 1,5 point de base à 4,2227%.

CHANGES

Le dollar recule légèrement (-0,02%) face à un panier de devises de référence, perdant un peu de terrain après les hausses enregistrées ce matin, même si les investisseurs suivent de près la reprise des hostilités au Moyen-Orient, qui attise les craintes d'inflation.

L'euro gagne 0,11% à 1,1426 dollar.

AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 13 JUILLET

(Certaines données ​peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)