Wall Street vue dans le désordre, l'Europe recule après les nouveaux accrochages USA-Iran
information fournie par Reuters 03/06/2026 à 14:06

Des traders au New York Stock Exchange à New York

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en ordre dispersé et les Bourses européennes reculent mercredi à mi-séance, la recrudescence des tensions ‌dans le Golfe entraînant une nouvelle hausse des prix du pétrole qui entretient les craintes inflationnistes.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,24% pour le Dow Jones et de 0,06% pour le Standard & Poor's-500, tandis que le Nasdaq ​devrait ouvrir sur un gain de 0,21%. À Paris, le CAC 40 perd 0,24% à 8.189,16 points vers 11h42 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,83% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,22%.

L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,48%, le FTSEurofirst 300 perd 0,42% et le Stoxx 600 abandonne 0,40%.

La séance évolue à nouveau au gré des événements au Moyen-Orient, les efforts visant à parvenir à un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran restant dans une impasse peu propice ​à la prise de risque, même si Donald Trump a une nouvelle fois assuré sur son réseau Truth Social que les négociations se poursuivent.

L'aéroport de Koweït a subi d'importants dégâts lors d'une attaque de drones et de missiles iraniens, tandis que l'armée américaine a frappé un centre de commandement sur l'île de Qechm, des événements ​qui s'ajoutent à une série d'affrontements survenus ces derniers jours dans la région et qui mettent en évidence la fragilité ⁠de la trêve actuelle entre les deux pays et la complexité des efforts visant à la prolonger.

Ces incidents font à nouveau grimper les prix du pétrole, très sensibles à tout regain de tension susceptible de retarder encore ‌davantage la réouverture du détroit d'Ormuz, et rappellent aux investisseurs les risques d'une vague inflationniste.

"La hausse des prix de l'énergie éroderait le pouvoir d'achat et pourrait accentuer la pression sur les banques centrales, déjà confrontées à un exercice d'équilibre délicat entre le soutien à la croissance et la maîtrise de l'inflation", écrit Didier Van De Veire, analyste chez Degroof Petercam Asset Management.

Des économistes de la ​Banque centrale européenne (BCE) ont averti mercredi dans un billet de blog que rien ne garantit que ‌l'impact inflationniste de la crise au Moyen-Orient sur la zone euro sera moins grave que celui qu'a connu le bloc en 2022, juste après le début de ⁠la guerre en Ukraine et dans un contexte de reprise post-COVID.

Le marché s'attend à ce que l'institut de Francfort relève ses taux de 25 points de base à l'issue de sa réunion prévue la semaine prochaine, un scénario renforcé par une nouvelle accélération de l'inflation au mois de mai.

Elle est toutefois loin d'être la seule banque centrale dont on attend une politique monétaire plus restrictive, le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, laissant également entrevoir mercredi une hausse des taux ce mois-ci.

Les ⁠répercussions du conflit devraient également se faire sentir ‌sur l'activité économique cette année : l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a légèrement abaissé mercredi sa prévision du produit intérieur brut (PIB) mondial pour 2026, notant que l'augmentation des coûts pèse sur la ⁠demande des ménages et l'activité des entreprises.

Dans la zone euro, l'activité du secteur privé s'est contractée en mai au rythme le plus rapide en 18 mois, tandis que les pressions sur les coûts ont atteint leur niveau le plus élevé en ‌plus de trois ans, montre une enquête publiée mercredi. LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Marvell Technology bondit de 11,4% en avant-Bourse, prolongeant ainsi ses gains après les déclarations du directeur général de Nvidia, Jensen Huang, qui ⁠a qualifié le fabricant américain de puces de "prochaine entreprise à 1.000 milliards de dollars".

Broadcom publiera ses résultats trimestriels mercredi après la clôture de la Bourse de New ⁠York, un rendez-vous qui constituera le prochain test décisif pour ‌le secteur de l'IA après une série de publications optimistes de la part des fabricants américains des puces électroniques.

VALEURS EN EUROPE

A Paris, Valeo grimpe de 7,36% après que JP Morgan a estimé dans une note de recherche que les centres de ​données, l'intelligence artificielle et la résilience de l'activité automobile devraient permettre d'améliorer les marges du groupe.

Air Liquide, qui a signé un contrat à ‌long-terme avec le groupe sud-coréen de semi-conducteurs SK Hynix, pour la fourniture de gaz et d'air comprimé de haute pureté, gagne 2%.

Inditex bondit de 4%, le propriétaire de l'enseigne Zara ayant fait état d'un bon démarrage de la saison estivale.

Le distributeur de mode britannique Debenhams grimpe pour ​sa part de 21% après la publication de ses résultats au premier trimestre et la confirmation de sa prévision de bénéfice d'exploitation ajusté pour l'année en cours.

Le compartiment de la distribution en Europe se démarque ainsi au sein du Stoxx 600, avec un gain de 2,19%, alors que la grande majorité des secteurs sont dans le rouge.

Le secteur des services financiers est en revanche pénalisé (-1,53%) la société suisse spécialisée dans les marchés privés Partners Group plongeant de plus de 16 % après avoir ⁠restreint les rachats dans l'un de ses fonds de capital-investissement.

TAUX Les rendements obligataires progressent mercredi sur fond de craintes inflationnistes.

Le rendement des Treasuries à dix ans avance de 2,4 points de base à 4,4788%, tandis que celui de l'obligation à deux ans gagne 2,1 points de base à 4,0720%.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans prend près de 4 points de base à 3,0137%. Le deux ans enregistre une hausse similaire à 2,6567%.

CHANGES Le dollar perd 0,08% face à un panier de devises de référence, les hostilités dans le Golfe renforçant la demande pour la devise américaine, tandis que l'euro cède 0,1% à 1,1619 dollar.

La vigueur du billet vert contribue à faire évoluer le yen japonais autour des 160 pour un dollar, niveau auquel les autorités japonaises sont déjà intervenues.

PÉTROLE

Le Brent prend 2,02% à 97,94 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 2,03% à 95,66 dollars.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 3 JUIN:

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 12h15 Enquête ADP mai 117.000 109.000

USA 14h00 Indice ISM des services mai 53,8 53,6

(Certaines ​données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)