Wall Street vue dans le désordre, l'Europe prudente avec le Moyen-Orient information fournie par Reuters 24/04/2026 à 13:54
par Diana Mandia
Wall Street est attendue en ordre dispersé vendredi et la plupart des Bourses européennes freinent leur repli à mi-séance alors que, d'après une source gouvernementale pakistanaise, le ministre iranien des Affaires étrangères pourrait se rendre à Islamabad dans la journée pour de probables discussions avec les Etats-Unis.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,07% pour le Dow Jones, et en hausse de 0,51% pour le Standard & Poor's-500 et de 1,43% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 perd 0,21% à 8.209,71 points vers 11h24 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,51%, soutenu par SAP, et à Londres, le FTSE 100 cède 0,17%.
L'indice EuroStoxx 50 prend 0,30%, le FTSEurofirst 300 recule de 0,03% et le Stoxx 600 perd 0,09%.
Le conflit en Iran, qui secoue les marchés depuis près de deux mois, continue de peser sur la confiance des investisseurs, dont l'optimisme quant aux négociations visant à instaurer une paix durable s'est effrité cette semaine, malgré l'annonce de Donald Trump, mardi, d'une prolongation unilatérale et indéfinie du cessez-le-feu avec la République islamique.
Toutefois, selon une source, le ministre iranien des Affaires étrangères devrait se rendre à Islamabad vendredi, une information qui a contribué à freiner la baisse des Bourses en début d'après-midi.
Les tensions sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, clé pour le transport de pétrole et de gaz, se sont intensifiées ces derniers jours, Téhéran réaffirmant son emprise sur la voie navigable, tandis que Donald Trump maintient le blocus maritime des ports iraniens.
"Les fondamentaux économiques se dégradent un peu plus chaque jour où Ormuz reste fermé, avec une hausse des risques de pénuries si la situation perdure plus que quelques semaines. Il nous semble donc que la prudence est de nouveau de mise à court terme", écrit dans une note Xavier Chapard, stratégiste de LBPAM, notant que les marchés d'actions consolident cette semaine après leur fort rebond post-cessez-le-feu.
Preuve de ce retour à la prudence, les principales Bourses européennes, y compris le CAC 40 parisien, devraient mettre fin cette semaine à une série de quatre gains hebdomadaires consécutifs et les cours du Brent, référence mondiale, se maintiennent au-dessus des 100 dollars le baril après un répit qui s'est avéré de courte durée.
Une nouvelle série d'indicateurs publiés vendredi montre en outre que le moral s'est considérablement détérioré ce mois-ci : en Allemagne, la confiance des entreprises a chuté en avril à son plus bas niveau depuis mai 2020, tandis qu'en France, le moral des ménages a connu ce mois-ci sa plus forte baisse depuis mars 2022 et le début de la guerre en Ukraine.
PÉTROLE
L'éventuelle reprise des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis fait reculer les prix du pétrole, qui étaient en hausse plus tôt dans la journée.
Le Brent recule de 1,08% à 103,94 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 1,82% à 94,11 dollars,
Au cours de la semaine, le Brent est toutefois en passe d'enregistrer une hausse de 18%, mettant ainsi fin à une série de trois baisses hebdomadaires.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a déclaré vendredi que le conflit au Moyen-Orient pourrait entraîner une perte d'environ 120 milliards de mètres cubes d'approvisionnement cumulé en gaz naturel liquéfié (GNL) entre 2026 et 2030, soit 15% de l'offre mondiale prévue.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L8N4170VJ]
Intel grimpe de plus de 22% dans les échanges en avant-Bourse après avoir dit prévoir un chiffre d'affaires supérieur aux attentes pour le trimestre actuel, citant un bond de la demande pour ses semi-conducteurs destinés aux serveurs des centres de données alimentant l'intelligence artificielle (IA).
VALEURS EN EUROPE
A Paris, Forvia, qui a fait état d'une baisse de 6,4% de son chiffre d'affaires au premier trimestre à cause d'effets de changes défavorables et d'une baisse d'activité en Asie, recule de 2,4%.
Groupe SEB grimpe de 6%, le fabricant français d'appareils électroménagers ayant annoncé un chiffre d'affaires et un résultat d'exploitation au premier trimestre supérieurs aux prévisions.
Deezer gagne 3,3% et Clariane 6% après leurs résultats respectifs.
Ailleurs en Europe, Electrolux chute de 23%, le fabricant suédois d'appareils électroménagers ayant fait état d'une perte surprise au premier trimestre, avec l'effondrement de la demande en Amérique du Nord, tout en dévoilant une augmentation de capital avec effet dilutif.
SAP, le plus grand éditeur de logiciels d'Europe, grimpe de près de 6% après avoir publié jeudi soir une hausse de 17% de son bénéfice au premier trimestre, grâce à la forte croissance de son activité "cloud".
TAUX
Les rendements des obligations d'État avancent vendredi, les tensions autour du détroit d'Ormuz ravivant les craintes inflationnistes et les anticipations d'une hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE).
Le rendement du Bund allemand à dix ans gagne 0,8 point de base à 3,0122% et s'apprête à enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire depuis plus d'un mois.
Le deux ans gagne 1,2 point de base à 2,5682%.
L'attention se tourne de plus en plus vers les réunions des banques centrales.
La Banque centrale européenne (BCE), qui doit se réunir jeudi prochain, devrait maintenir ses taux d'intérêt inchangés, mais en l'absence de signes indiquant une reprise des flux énergétiques via le détroit d'Ormuz, les opérateurs s'attendent toujours à des hausses des coûts d'emprunt dans le courant de l'année.
L'impact de la guerre sur la croissance est également source d'inquiétude.
Valdis Dombrovskis, commissaire européen à l'Economie, a dit vendredi que la hausse des prix de l'énergie aura un impact négatif de 0,2 à 0,6 point de pourcentage sur la croissance de l'économie européenne.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans cède 0,5 points de base à 4,3176%. Le deux ans ressort à 3,8292%, en légère hausse.
CHANGES Le dollar perd 0,13% face à un panier de devises de référence, mais est en passe d'enregistrer sa première hausse hebdomadaire depuis trois semaines, les négociations de paix étant au point mort entre les États-Unis et l'Iran.
L'euro gagne 0,21% à 1,1707 dollar.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 24 AVRIL :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 14h00 Indice de l'Université du avril 48,0 47,6
Michigan (définitif)
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)