Wall Street vue dans le désordre avant Nvidia, l'Europe progresse légèrement
information fournie par Reuters 26/08/2026 à 13:37

Ouverture des marchés à la Bourse de Londres

par Diana Mandia

Wall Street est attendue en ordre dispersé et les Bourses européennes avancent légèrement mercredi à mi-séance, aidées par la ‌baisse des cours du pétrole, même si la prudence reste de mise avant la publication, plus tard dans la journée, des résultats de Nvidia. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en hausse de 0,07% pour le Dow Jones, mais en ​baisse de 0,05% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,14% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 gagne 0,43% à 8.475,33 points vers 10h50 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,16%.

Le FTSE 100 cède en revanche 0,15%.

L'indice EuroStoxx 50 gagne 0,24%, le FTSEurofirst 300 0,08% et le Stoxx 600 0,10%.

Les investisseurs réagissent avec un certain optimisme aux dernières informations concernant les négociations entre l'Iran et Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz.

L'Iran et Oman ont dit mardi avoir discuté de la création d'un "couloir ​de navigation commun et temporaire" à travers le détroit stratégique, bloqué presque sans interruption depuis février, et s'être mis d'accord pour le déminer, ce qui contribue à faire baisser le cours du brut pour la troisième journée consécutive, alors même que les négociations entre Téhéran et Washington semblent rester dans une impasse qui s'éternise.

Le Brent ​cède 2,95% à 85,97 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,59% à 80,23 dollars.

La traversée ⁠du détroit d'Ormuz reste quand même périlleuse et seuls cinq navires de transport ont emprunté la voie mardi, un chiffre bien inférieur à la moyenne mobile, sur 10 jours, de 15, selon des données Kpler publiées mercredi.

Téhéran ‌fait par ailleurs face à une pression accrue de la part de la Maison blanche, qui a menacé lundi les partenaires de la République islamique de sanctions s'ils ne rompent pas leurs liens commerciaux pour contribuer à l'asphyxie économique du régime.

Mais un autre événement pourrait détourner ce mercredi l'attention des investisseurs de la géopolitique pure : Nvidia, le géant américain des puces destinées à l'IA, ​publiera ses chiffres trimestriels après la clôture de la Bourse de New York, sur un marché ‌qui analyse avec une exigence de plus en plus extrême les prévisions des grands groupes technologiques.

"C'est le vrai juge de paix du rallye IA, bien plus que les ⁠chiffres du groupe eux-mêmes : ce que le marché veut entendre, c'est la visibilité sur la demande et les marges. Les attentes sont hautes, et à ce niveau de valorisation, être bon ne suffit plus, il faut surprendre", souligne Matéis Mouflet, analyste de marchés chez XTB France.

Les opérateurs prendront également connaissance dans l'après-midi des chiffres de l'inflation PCE aux États-Unis, ainsi que d'une nouvelle estimation de la croissance de la première économie mondiale, deux indicateurs de premier plan qui pourraient également influencer le sentiment ⁠du marché au cours de la séance.

Les craintes ‌inflationnistes persistent dans les principales économies mondiales, ce qui constitue l'un des facteurs expliquant les niveaux élevés auxquels évoluent les rendements obligataires à long terme.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

VALEURS EN EUROPE

Aux ⁠valeurs, à Paris, l'opérateur aéroportuaire Groupe ADP progresse de 2% au gré d'un changement de recommandation à "acheter" contre "conserver" de la part de Deutsche Bank.

OVH perd en revanche 8,2%, le fournisseur de services d'informatique français ayant annoncé le départ prochain de sa ‌directrice financière Stéphanie Besnier.

Ailleurs en Europe, le groupe de logiciels allemand SAP abandonne 3,6% à la suite d'un abaissement de la recommandation à "neutre" d'UBS sur le titre. Le Français Capgemini perd 2,42% dans son sillage.

Le compartiment ⁠technologique du Stoxx cède 0,81% avant les résultats de Nvidia et la baisse des prix du pétrole pénalise le secteur des énergies fossiles, qui affiche de loin ⁠la pire performance, avec un recul de 1,54%.

Les valeurs liées ‌à l'industrie du voyage en profitent et progressent de 1,13%.

TAUX

Le marché obligataire est relativement calme mercredi : les rendements à long terme restent pratiquement inchangés, tandis que ceux des obligations à courte échéance reculent légèrement en raison de la baisse des cours ​du pétrole.

Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans ressort à 4,6426% et celui du titre à deux ans perd 0,3 ‌point de base à 4,2011%.

Le symposium annuel de Jackson Hole devrait donner cette semaine des indices sur la manière dont les responsables de la politique monétaire envisagent de gérer la hausse des rendements des bons du Trésor et les anticipations d'inflation.

Dans la zone euro, le rendement du ​Bund allemand à dix ans est inchangé à 3,2043%. Le deux ans perd 1,6 point de base à 2,7940%.

Selon des sources, des responsables de la Banque centrale européenne (BCE)sont prêts à relever les taux d'intérêt lors de leur réunion de septembre afin d'atténuer les répercussions inflationnistes de la guerre au Moyen-Orient, mais ils ne semblent pas très enclins à laisser entrevoir de nouvelles mesures de resserrement monétaire par la suite.

En France, le rendement de l'OAT à dix ans s'établit à 4,0582%, tandis que ⁠celui de l'obligation à 30 ans ressort à 4,89, à un niveau comparable à celui de la crise financière de 2008.

Le marché suit de près l'évolution des coûts de la dette publique française, qui pourraient encore s'aggraver lors des débats budgétaires qui doivent débuter à l'automne.

"Le gouvernement n'a pas les moyens politiques de se montrer très ambitieux s'il veut éviter l'enlisement du processus budgétaire au-delà des délais impartis, comme ce fut le cas en 2024 et 2025. A l'inverse, le manque d'assainissement ne peut qu'encourager les créanciers de la France à exiger une prime de risque plus élevée", écrivent les analystes d'ODDO dans une note publiée mercredi.

CHANGES

Le dollar avance légèrement avant la publication des chiffres de l'inflation américaine qui pourraient donner le ton avant le symposium de Jackson Hole.

Le billet vert gagne 0,10% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,09% à 1,1663 dollar.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 26 AOÛT :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 12h30 Inflation PCE juillet

- sur un mois +0,1% -0,1%

- sur un an +3,3% +3,3%

USA 12h30 PIB (estimation) T2 1,5% 1,6%

(Certaines données ​peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)