Wall Street : toujours les mêmes 'espoirs' qui dopent les actions information fournie par Zonebourse 29/05/2026 à 00:00
Les records s'enchainent, et après les résultats de Dell (le titre explose de 30% en "après bourse" vers 410$), on ne voit pas comment le Nasdaq n'alignera pas un 5ème record consécutif (c'était le 4ème ce jeudi soir), au-delà des 30.260 (soit 32% depuis le 30 mars, et 4.000Pts de mieux qu'avant le début de la guerre).
Le S&P500 aligne un 3ème record à 7.563 ( 0,58%), le Russell-2000 également (à 2.944), avec toujours le même catalyseur : traité de paix sous 60 jours, réouverture du détroit d'Ormuz (épisode 26) alors que le conflit n'est toujours pas réglé au bout de 90 jours... et que les "communiqués" des 2 parties ne cessent de se contredire depuis 2 mois.
Mais le "marché" ne retient que le scénario géopolitique "optimal" où tout finit par se régler (même au lendemain de nouveaux échanges de tirs de drones et de missiles) : du coup, malgré la plus grave disruption énergétique depuis la seconde guerre mondiale, l'inflation qui repart au même rythme qu'en 2021, des taux au plus haut de 19 ans, les indices US se retrouvent 10 à 15% plus haut qu'avant le chaos.
Les chiffres du jour -et notamment l'inflation- auraient eu de quoi refroidir les marchés, mais pas en période de guerre !
La publication d'une batterie de "stats" US vers 14H30 n'avait occasionné que des écarts limités : pour mémoire, le PIB réel des États-Unis a été revu de 2% à un taux annuel de seulement 1,6% au 1er trimestre 2026 (2e estimation du département du Commerce).
Par ailleurs, l'indice des prix à la consommation des ménages (PCE), une mesure particulièrement surveillée par la Fed, a augmenté de "seulement" 0,4% en avril, contre une prévision de 0,5%.
En rythme annuel, il a progressé de 3,8%, conformément aux attentes, marquant une accélération par rapport aux 3,5% enregistrés en mars... mais qui ne renforce pas les craintes de Wall Street en matière de hausse des taux.
Par ailleurs, au mois de mai, les commandes de biens durables (aéronautique notamment) ont fait nettement mieux que prévu avec un bond de 7,9%, loin des anticipations qui étaient à 4% et un précédent à 1,3% (donnée révisée à la hausse de 0,8%).
Enfin, au mois d'avril, la hausse des taux longs US commence à freiner les ventes de logements neufs : elles ont chuté de -41.000, à 622 000 unités aux États-Unis, contre des attentes à 661 000.
Les cambistes avaient accueilli ces chiffres avec un flegme proche de l'indifférence : une nouvelles fois, c'est le média Axios (principal relais de la Maison Blanche, donnant parfois l'impression d'une symbiose totale avec le "Bureau Ovale") qui réchauffe l'ambiance et donne le coup de pouce nécessaire pour propulser le Nasdaq et le "S&P" vers de nouveaux sommets (30.250 et 7.565 respectivement à mi-séance).
Axios assure qu'une feuille de route préalable à un accord serait désormais sur la table des négociations : il n'y manquerait que l'approbation du locataire de la Maison-Blanche (qui est probablement l'instigateur de ce communiqué si l'on se réfère aux nombreux précédents... demeurés sans suite concrète)... et de la partie iranienne qui reste échaudée par le second "incident" en 48H avec la marine US (qui a encore bombardé le port de Band Ar Abbas ce jeudi martin).
Les spécialistes du pétrole se montrent ce soir plus circonspects que Wall Street et le FOREX : le WTI (-2%) repasse sous les 90 USD le baril.(88,260), le "Brent" glisse vers 92,3$ (-0,6%).
En réalité, les cours du pétrole sont aussi soutenus par le fait que Moscou serait sur le point de finaliser l'interdiction d'exporter du diesel et du kérosène, après que des frappes de drones ukrainiens à longue portée ont mis hors service près de 25% des capacités de raffinage du pays (la Russie extrait environ 10 millions de barils/jour mais n'est plus capable d'en raffiner que les 3/4) .