Wall Street termine dans le rouge, le pétrole et l'obligataire en hausse
information fournie par Reuters 01/09/2026 à 07:09

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York

La Bourse de New York a fini en repli lundi après ‌la reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, ce qui a fait grimper les cours du pétrole, provoquer des tensions sur le marché obligataire et ​raviver les craintes d'une résurgence de l'inflation.

L'indice Dow Jones a cédé 374,09 points, soit 0,70%, à 53.185,90 points.

Le S&P-500, plus large, a perdu 25,62 points, soit 0,33%, à 7.686,14 points.

Le Nasdaq Composite, de son côté, a reculé de 31,53 points (-0,11%) à 26.370,88 points.

Après une période d'accalmie entre les Etats-Unis et ​l'Iran sur le plan militaire depuis fin juillet, Washington a annoncé dimanche soir avoir bombardé deux sites iraniens de tirs de missiles sur l'île de Larak, à environ 660 km à l'est de Kharg, ​marquant ainsi une reprise des hostilités entre les deux camps.

L'Iran a cependant ⁠déclaré lundi souhaiter toujours parvenir à une issue négociée du conflit avec les Etats-Unis, ce qui a permis de contenir globalement la flambée ‌des cours du pétrole.

Le baril de Brent s'affichait ainsi à la clôture de Wall Street à 90,47 dollars, en progression de 2,69%, tandis que celui du brut léger américain (WTI) se négociait à 85,93 dollars, soit un gain de 3,03%.

La nouvelle ​hausse des cours des matières premières a fait toutefois craindre ‌une envolée de l'inflation globale alors que les récents propos du président de la Fed, Kevin Warsh, ⁠lors du symposium de Jackson, avaient déjà été perçus par les marchés comme "hawkish".

Le baromètre FedWatch de CME montre une probabilité de 60% en faveur d'un relèvement des coûts d'emprunt lors de la réunion des 15-16 septembre de la Fed, contre une probabilité de 41,4% il y a une semaine, avant que ⁠Kevin Warsh ne s'exprime.

Sur le marché ‌obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans a grimpé à 4,764%, soit un sommet depuis le 15 janvier 2025, ⁠tandis que la maturité à 30 ans a bondi à 5,266%, au plus haut depuis le 21 août.

Les tensions dans l'obligataire ont logiquement fait pression ‌sur les actions, ce qui pourrait donner le ton pour le mois de septembre, période généralement morose pour les marchés.

NIVEAU RECORD ⁠DES INDICES MALGRÉ TOUT

Malgré le repli de ce lundi, les grands indices américains restent proches de leur niveau ⁠record, le Dow Jones étant à ‌un cinquième mois consécutif de hausse, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq ont mis fin à deux mois d'affilée dans le rouge.

"Le dynamisme ​de l'économie américaine et du secteur des entreprises est incroyable. L'argument de l'exceptionnalisme américain ‌est bel et bien d'actualité", relève Thomas Kikis, directeur des marchés chez Standard Chartered.

Aux valeurs, les géants de l'énergie Exxon et Chevron ont pris respectivement 2,73% et 2,13%. Le géant ​des services pétroliers SLB a avancé de 4,88% après avoir annoncé son intention d'acquérir le fabricant d'équipements de refroidissement Kelvion auprès d'Apollo Global (+1,17%) et de fonds gérés par Triton pour un montant de 3,4 milliards de dollars.

Amazon a fini en repli de 2,49% après une plainte déposée par la ⁠Commission fédérale du commerce (FTC) des Etats-Unis et 22 Etats américains qui accusent le géant du commerce en ligne de pratiques publicitaires illégales.

AON a reculé de 9,55% après l'annonce de l'acquisition de la société de courtage en assurance USI pour 17 milliards de dollars auprès de KKR (+0,95%). Dans une note, les analystes de Piper Sandler indiquent que le prix d'achat représente une prime d'environ 33% par rapport à la valorisation d'USI au 30 juin.

Gamestop est monté de 2,90%, le distributeur de jeux vidéos ayant modifié les termes de son opération d'échange de dette de 1,4 milliard de dollars.

(Rédigé par Claude Chendjou, avec ​la contribution de Niket Nishant et Utkarsh Hathi)