Wall Street temporise avant d'y voir plus clair sur l'Iran information fournie par Zonebourse 22/06/2026 à 14:04
En attendant d'en savoir davantage sur l'état des négociations avec l'Iran, la prudence devrait l'emporter à Wall Street. A une heure de l'ouverture du marché new-yorkais, les principaux indices boursiers sont attendus à proximité immédiate de leur point d'équilibre, avec des variations inférieures à 0,1% pour le Nasdaq-100, le Dow Jones et le S&P 500.
Quelle est la réalité des négociations entre Washington et Téhéran ? La semaine dernière, Donald Trump et J.D. Vance avaient annoncé "une avancée historique" après la signature d'un mémorandum d'entente avec l'Iran. L'accord a toutefois rapidement été remis en question par Téhéran, qui estime que les bombardements israéliens dans le sud du Liban violent les conditions de paix.
Une nouvelle session de pourparlers s'est tenue en Suisse, "dans une atmosphère positive et constructive", assure l'agence iranienne Irna, avec "des progrès prometteurs", notamment la création d'un mécanisme destiné à poursuivre les discussions techniques.
Net repli des cours de l'or noir
Le détroit d'Ormuz, qui concentre l'attention des marchés depuis le début du conflit, reste largement congestionné : seuls 12 navires ont franchi le passage au cours des 24 dernières heures, selon les sites spécialisés dans le suivi du trafic maritime. Bloomberg rapporte néanmoins que trois superpétroliers iraniens sous sanctions américaines, partis de l'île de Kharg avec à leur bord 6 millions de barils de brut, ont réussi à traverser le détroit.
Dans ce contexte, les cours du pétrole sont en net repli, avec une baisse de 3,3% pour le Brent, à 78,8 USD le baril, et de 2,6% pour le WTI, à 75,6 USD.
En revanche, plusieurs médias font état d'une explosion à Ras Laffan, un site d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) situé au Qatar. L'incident, qui aurait fait plus de 70 blessés et disparus, aurait eu lieu lors d'une tentative de redémarrage des opérations de l'installation Barzan.
"L'explosion survient au moment précis où le Qatar tentait de tirer profit de la réouverture du détroit pour relancer ses exportations", commente Frédéric Lorec, analyste pétrole chez AlphaValue.
Selon lui, l'absence de redémarrage de Barzan empêche la remise en service des autres installations du site, notamment les trains d'exportation de GNL. Un retour à 50%-80% de la capacité nécessiterait au moins un mois supplémentaire et l'incident soulève des interrogations sur l'état réel des infrastructures, ajoute le spécialiste.
Ainsi, si "le protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran est important, il ne résout pas tous les problèmes sur le terrain", constatait ce matin Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet Asset Management (AM).
Malgré la détente des cours du pétrole, la banque continue d'anticiper un pic d'inflation vers la fin de l'été, avant une trajectoire nettement plus désinflationniste à l'horizon 2027.
Les banques centrales restent vigilantes
Au-delà des enjeux énergétiques, les investisseurs continuent de surveiller les perspectives de politique monétaire américaine. "Cette analyse est aujourd'hui largement partagée par le consensus. Là où nous divergeons davantage, c'est sur la trajectoire de la politique monétaire américaine. Nous estimons que les investisseurs sous-estiment la possibilité d'un retour relativement rapide des baisses de taux aux États-Unis", indique-t-il.
Pour l'heure, 63,7% des investisseurs tablent sur un maintien des taux de la Réserve fédérale (Fed) lors de sa prochaine réunion, le 29 juillet, tandis que le reste du marché anticipe une hausse de 25 points de base, selon l'outil CME FedWatch.
Sur le front des statistiques, l'agenda du jour est tout simplement vide aux États-Unis. Il faudra attendre demain pour prendre connaissance des indices PMI manufacturier et composite de juin, puis mercredi pour connaître les niveaux des stocks de pétrole ainsi que les ventes de logements outre-Atlantique.