Wall Street : revient près des sommets, malgré flambée taux
information fournie par Cercle Finance 13/05/2025 à 23:58

(CercleFinance.com) - L'euphorie reste complète à Wall Street sur le sentiment que Trump a capitulé sur les 'tarifs' et que du coup, tous les problèmes du commerce mondial vont être rapidement aplanis et que les marchés vont retrouver une situation qui leur apparaît déjà proche de l'optimal.

Mais à la lecture des scores de clôture, c'est même un monde 'meilleur que celui d'avant' qui semble advenir alors que les indices US se retrouvent à présent bien au-delà de leurs niveaux du 2 avril dernier.

Les marchés ont complètement tourné la page des droits de douane américains et les annonces de Trump à l'occasion du fameux 'Liberation Day' de Donald Trump.

L'indice Nasdaq flambe de +1,6% supplémentaire et porte sa hausse à près de +6% en 48H, avec plus de 1.500Pts gagné en 6 séances et +4.000Pts en 20 séances (avec de nouveau de fortes hausses sur les semiconducteurs, Nvidia et AMD en tête).
Le S&P 500 a pris 0,7% en plus des 3,2% de la veille, soit presque +4% (à 5.886) : il retrouve ainsi ses meilleurs niveaux depuis la fin mars.
+4.000Pts en 20 séances) car l'indice repart à la conquête de ses sommets (20.100Pts).

'Il y a comme un air de retour à la case départ en Bourse du fait du rebond des actions technologiques américaines', note Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet Asset Management.

'Tout va bien de nouveau dans le meilleur des mondes', commentait ce matin avec un certaine ironie Michael Brown, stratège chez Pepperstone.

En dépit des progrès accomplis ces derniers jours, l'analyste fait valoir que l'imposition de droits de douane américains de 30% sur les biens importés de Chine risque de se révéler encore douloureux pour l'économie américaine, même s'ils sont considérablement allégés par rapport aux 145% précédemment mis en place.

'Cela ne résout en rien la nature volatile et chaotique de la politique menée par les Etats-Unis, une caractéristique qui se trouve justement à l'origine de l'érosion de ses institutions et de perte du statut de valeur refuge de ses actifs qui a caractérisé les dernières semaines', souligne le professionnel de Pepperstone.

Le regain d'optimisme sur les marchés d'actions a rebondi avec les chiffres de l'inflation du mois d'avril aux Etats-Unis: la surprise est plutôt bonne avec seulement +0,2% de hausse en 'séquentiel' contre 0,3% anticipé.

L'inflation 'brute' est ressortie à +2,3% en rythme annuel, alors qu'elle était anticipée à 2,4%, comme en mars. Dans sa version 'core', l'inflation est ressortie à 0,2% en avril par rapport à mars alors qu'elle était attendue à 0,3% après 0,1% en mars, et en rythme annuel, elle s'est élevée à 2,8%, comme anticipée.

Les marchés obligataires US qui se sont fortement tendus la veille (+14Pts sur le '2 ans', le '30 ans' renoue avec les 4,900%) auraient pu en profiter pour se détendre, mais le 'risk-on' l'emporte sur toute autre considération: tout ce qui a trait à la 'conjoncture' est passé au second plan depuis mi-avril, et plus encore depuis les négociations de Genève ce weekend.

Le '10 ans' se tend encore de +2,5Pt à 4,472%, le '30 ans' rajoute +3,5Pts vers 4,920%, ce qui propulse les taux hypothécaires à plus de 7%... ce qui tombe mal car les prix de l'immobilier ont flambé de +54% en 5 ans, les acheteurs ont disparu et les stocks de logements invendus sont au plus haut depuis 10 ans.
On est passé de la pénurie en 2021/2022 à la profusion... sans que les cours aient commencé à baisser.