Wall Street résiste au rebond du pétrole
information fournie par AFP 17/03/2026 à 15:11

Des opérateurs à la Bourse de New York, le 12 mars 2026 ( AFP / TIMOTHY A. CLARY )

La Bourse de New York a ouvert en hausse mardi, progressant de concert avec les cours du pétrole contrairement à la dynamique qui prévalait ces dernières semaines, au premier jour de la réunion de la banque centrale américaine (Fed).

Vers 14H00 GMT, le Dow Jones prenait 0,77%, l'indice Nasdaq avançait de 0,75% et l'indice élargi S&P 500 gagnait 0,70%.

"Il y a clairement un découplage aujourd’hui" entre marché boursier et pétrolier, commente auprès de l'AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les prix du pétrole ont flambé, provoquant dans leur sillage un recul des indices boursiers, les investisseurs affichant leurs inquiétudes sur les conséquences économiques du conflit.

Mais malgré des prix de l'or noir environ 2% plus cher mardi que la veille, la place américaine parvient à évoluer dans le vert.

"Les investisseurs s'habituent de plus en plus aux fortes fluctuations du pétrole", estime Adam Sarhan.

Selon lui, tant que les cours restent autour des 100 dollars, il y a fort à parier que la place américaine pourra ne pas s'en préoccuper.

Il faudra "une hausse considérable" pour que cela "ait un véritable impact", assure-t-il.

En parallèle, "la Fed revient sur le devant de la scène", prévient Jay Woods, de Freedom Capital Markets.

La Réserve fédérale doit commencer sa réunion de deux jours mardi, à l'issue de laquelle un maintien de ses taux est attendu.

"En raison de sa période de silence, elle n’a pas pu aborder la hausse des prix du brut et l’impact plus profond que celle-ci pourrait avoir sur l’inflation", souligne Jay Woods.

L'actualisation de ses prévisions économiques ainsi que le discours de son président, Jerome Powell, en milieu de journée mercredi, seront très scrutés par les marchés.

"Si le conflit avec l'Iran est maîtrisé d'ici quelques semaines, nous pensons qu'il y aura probablement deux ou trois baisses de taux d'ici la fin de l'année", note Ali Hassan, de Thornburg Investment Management.

En revanche, "si le conflit dure deux ou trois mois, la Fed devrait rester en pause, dans une attitude attentiste, et il se pourrait qu'il n'y ait pas de baisse des taux", ajoute l'analyste.

Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain se détendait à 4,20% vers 13H50 GMT contre 4,22% à la clôture la veille. Il s'établissait à 3,94% avant les premières frappes israélo-américaines en Iran.

Côté entreprises, la compagnie aérienne américaine Delta Air Lines (+5,27% à 64,04 dollars) était portée par le relèvement de ses prévisions pour le trimestre en cours, malgré la forte hausse des prix du kérosène avec la guerre au Moyen-Orient.

Rien qu'en mars, le surcoût pour le carburant est estimé à 400 millions de dollars par l'entreprise.

Le numéro 1 mondial des puces pour l'intelligence artificielle Nvidia restait stable (-0,07% à 183,07 dollars) après avoir annoncé la veille s'attendre à voir la demande pour ses produits atteindre au moins mille milliards de dollars en 2027.

Un an plus tôt, Jensen Huang, le patron de la première capitalisation mondiale, avait évoqué 500 milliards de dollars de demande fiable et de bons de commande pour ses puces Blackwell et Rubin jusqu'à fin 2026.

Le spécialiste des composants électroniques Qualcomm prenait 2,40% à 132,49 dollars après avoir annoncé un programme de rachats d'actions pour un montant total de 20 milliards de dollars, ainsi qu'une hausse des dividendes versés aux actionnaires.

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