Wall Street recule, la pression sur la tech s'intensifie information fournie par AFP 05/02/2026 à 16:27
La Bourse de New York évolue en baisse jeudi, souffrant à nouveau des inquiétudes autour des valeurs technologiques, moteurs du marché ces dernières années, malgré les bons résultats d' Alphabet , la maison mère de Google.
Vers 15H05 GMT, le Dow Jones reculait de 0,84%, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - perdait 1,53% et l'indice élargi S&P 500 cédait 1,13%.
Sur une semaine, le recul du Nasdaq est de plus de 5,5%.
"Les investisseurs commencent tout juste à remettre en question les prévisions de croissance qui ont été intégrées au marché (...) se demandant si les entreprises technologiques seront en mesure de répondre à des attentes aussi élevées", commente auprès de l'AFP Sam Stovall, de CFRA.
Les poids lourds du secteur s'affichent pourtant en très bonne santé.
Dernier en date à publier ses performances financière, Alphabet (Google) a encore dépassé les attentes des investisseurs au quatrième trimestre de 2025 avec un chiffre d'affaires record de 113,8 milliards de dollars et un bénéfice net à 34,5 milliards (+30% sur un an).
Cela reste insuffisant pour les investisseurs, qui sanctionnent jeudi le titre (-3,64% à 321,21 dollars).
Les acteurs du marché "se tournent déjà vers 2026 et 2027", estime Sam Stovall. A ce titre, la perspective d'investissements entre 175 et 185 milliards de dollars cette année pour tenir la course à l'intelligence artificielle a de quoi effrayer les marchés.
Ils "s'interrogent" sur "la manière et le moment" où ces gigantesques dépenses se traduiront en bénéfices pour les géants technologiques, note Patrick O'Hare de Briefing.com.
Pour Nancy Tengler, de Laffer Tengler Investments, "cette vague de ventes ressemble beaucoup à la déroute technologique qui a suivi l'annonce de DeepSeek", un nouveau modèle d'intelligence artificielle chinois dont la présentation publique avait fait chuter les marchés il y a un an pratiquement jour pour jour.
L'analyste rappelle "qu'à court terme, les algorithmes et les hedge funds sont les moteurs de la volatilité".
"À l'heure actuelle, les investisseurs agissent d'abord et posent les questions ensuite, et ils sont peut-être trop agressifs dans leurs ventes d'actions technologiques", abonde Sam Stovall.
La publication des résultats d'Amazon, jeudi après la clôture, fera figure de nouveau test.
Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts à 10 ans de l'État américain se détendait à 4,23% vers 15H00 GMT contre 4,27% à la clôture la veille.
L'échéance à deux ans, plus sensible aux évolutions monétaires, passait de 3,55% à 3,50%.
Un mix de données peu reluisantes sur l'emploi a été accueilli par la place boursière.
Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont elles ressorties au-dessus des attentes, à 231.000 demandes, un plus haut depuis début décembre.
Le rapport JOLTS a relevé lui un nombre d'offres d'emplois en décembre au plus bas depuis 2020 tandis que le rapport publié par le cabinet de consultants Challenger, Gray & Christmas a mis en avant un fort niveau de suppressions d'emplois en janvier.
Au tableau des valeurs, le spécialiste des composants électroniques Qualcomm chutait de 9,22% à 135,16 dollars après avoir publié des prévisions en deçà des attentes pour le trimestre en cours.
L'entreprise explique souffrir de la pénurie mondiale de puces-mémoire, que les centres de données d'IA s'arrachent à prix d'or.
Qualcomm a toutefois fait mieux qu'attendu lors des trois derniers mois de 2025, avec un bénéfice net par action de 3,50 dollars contre 3,41 espéré.
Le groupe américain de cosmétiques Estée Lauder dévissait de plus de 20% à 95,13 dollars, malgré un deuxième trimestre de son exercice décalé supérieur aux attentes et un relèvement de certaines de ses prévisions.
Estée Lauder, qui a observé un rebond de ses ventes en Chine, a aussi mis en avant son grand plan de restructuration entamé il y a un an. Entre 5.800 et 7.000 postes doivent être supprimés d'ici fin 2026.
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