Wall Street pénalisée par Alphabet, Microsoft limite les inquiétudes information fournie par Zonebourse 29/10/2026 à 13:50
Les contrats à terme sur le S&P 500 (-0,37%) et le Nasdaq 100 (-1,28%) laissent présager une ouverture dans le rouge à Wall Street ce jeudi. Les investisseurs digèrent le statu quo monétaire de la Fed, tandis que les résultats décevants d'Alphabet ravivent les inquiétudes sur le coût des investissements dans l'IA. Sur le front macroéconomique, les dernières statistiques confirment la résilience de l'économie américaine, malgré des tensions inflationnistes persistantes.
Sans surprise, la Fed a maintenu hier ses taux directeurs inchangés, entre 3,75 % et 4 %, conformément aux anticipations du marché. La décision n'a toutefois pas fait l'unanimité, deux membres de l'institution ayant voté en faveur d'une hausse des taux.
Comme le souligne Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN Amro Investment Solutions, ce statu quo avait été largement anticipé, plusieurs responsables de la Fed ayant préparé le terrain en amont de la réunion.
Kevin Warsh a par ailleurs annoncé une évolution du calendrier des réunions de politique monétaire, avec désormais six rendez-vous annuels consacrés aux décisions sur les taux, complétés par deux réunions dédiées à l'examen des perspectives économiques, sans décision monétaire.
Des valeurs en mouvement
Du côté des entreprises, Alphabet concentre l'essentiel des inquiétudes. Le titre de la maison mère de Google chute de plus de 10% dans les échanges d'avant-Bourse, après la publication mercredi de résultats trimestriels inférieurs aux attentes de Wall Street. Le groupe a notamment déçu dans la publicité liée aux recherches en ligne, tandis que l'accélération de ses investissements dans l'intelligence artificielle a fortement pesé sur sa génération de trésorerie. Alphabet a ainsi enregistré un flux de trésorerie disponible négatif, ravivant les interrogations sur le coût et la rentabilité à court terme de sa stratégie dans l'IA. Si le recul du titre se confirmait, le groupe pourrait voir s'évaporer plus de 400 milliards de dollars de capitalisation boursière.
À l'inverse, Microsoft a rassuré les investisseurs en faisant état d'un flux de trésorerie nettement supérieur aux prévisions et en anticipant une croissance soutenue de ses activités dans le cloud. Ces performances suggèrent que les investissements massifs du groupe dans l'intelligence artificielle commencent à porter leurs fruits, alors que les marchés se montrent de plus en plus exigeants quant aux retombées financières de ces dépenses, notamment lorsqu'elles sont financées par l'endettement. Le titre est attendu en hausse de 1,79% dans les échanges d'avant-Bourse.
Dans l'automobile, Ford a publié une légère progression de son bénéfice opérationnel au troisième trimestre. Le constructeur américain est parvenu à surmonter les difficultés de production rencontrées sur son modèle phare, le pick-up F-150, ainsi que la hausse des coûts des matières premières.
La saison des résultats se poursuivra après la clôture de Wall Street avec les publications très attendues d'Amazon et d'Intel. Avant l'ouverture, les investisseurs prendront également connaissance des comptes des groupes pharmaceutiques Merck et Eli Lilly, ainsi que de ceux du fabricant d'engins de chantier Caterpillar.
Plusieurs statistiques clés déjà connues
Le PIB a progressé de 3,4% au troisième trimestre, dépassant les 3,2% anticipés par les économistes, après une croissance de 2,2% au trimestre précédent. Cette accélération confirme la résistance de l'activité malgré un environnement monétaire encore contraignant.
Le marché du travail continue également de faire preuve de solidité. Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties à 194 000, contre 199 000 attendues et 195 000 la semaine précédente, un niveau qui ne signale pas de dégradation marquée de l'emploi.
Sur le front des prix, l'indice PCE, mesure de l'inflation privilégiée par la Fed, a progressé de 3,6 % sur un an en septembre et de 0,5 % sur un mois, conformément aux attentes. Hors composantes volatiles de l'alimentation et de l'énergie, l'indice PCE core s'est établi à 3,1 % en rythme annuel et à 0,3 % sur un mois, là encore en ligne avec le consensus.