Wall Street ouvre en baisse, minée par la remontée des taux obligataires
information fournie par AFP 20/08/2026 à 16:18

Un opérateur à la Bourse de New York, le 14 juillet 2026 ( AFP / TIMOTHY A. CLARY )

La Bourse de New York évolue en baisse jeudi, les effets de l'intervention du Trésor américain la veille pour calmer le marché obligataire s'estompant déjà, entraînant un rebond des taux qui crispe les investisseurs.

Vers 14H00 GMT (16H00 à Paris), le Dow Jones perdait 0,65%, l'indice Nasdaq reculait de 0,60% et l'indice élargi S&P 500 lâchait 0,31%.

La veille, la place américaine avait tiré profit de l'annonce faite par le ministère américain des Finances, qui a indiqué qu'il allait doubler - à partir du 9 septembre - ses rachats d'obligations de long terme (10 à 30 ans), pour les porter à au moins 4  milliards de dollars par opération, contre 2  milliards actuellement.

Dans la foulée, les taux obligataires ont connu une forte décrue - après leur flambée des dernières semaines - permettant au marché boursier de reprendre son souffle.

Mais ils repartent à la hausse jeudi, le rendement à échéance 30 ans des emprunts de l'Etat américain s'établissant à 5,24% vers 14H00 GMT, contre 5,19% mercredi en clôture. En début de semaine, il avait atteint des niveaux plus vus depuis 2007.

A échéance 10 ans, il s'affiche jeudi à 4,70% contre 4,65% la veille en clôture.

"Malheureusement, en raison de l'ampleur de la dette américaine" et "des craintes liées à l'inflation", l'intervention du Trésor "ne changera pas la donne très longtemps" sur les coûts d'emprunt, commente auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

La dette du gouvernement américain a dépassé pour la première fois la barre des 40.000 milliards de dollars, selon les données publiées mercredi par le Trésor.

Et les craintes inflationnistes restent vives, alors que les cours du brut poursuivent leur ascension face à l'impasse géopolitique au Moyen-Orient.

Le baril de Brent - référence internationale - demeure toujours au-dessus du seuil symbolique des 90 dollars, sous l'effet des perturbations des flux pétroliers dans le détroit d’Ormuz.

"Lorsque les cours du pétrole et les taux des bons du Trésor sont à la hausse, le marché action y voit un frein", résume Art Hogan.

"Dans quelle mesure l'économie peut-elle résister à la hausse des prix de l'énergie, et pendant combien de temps?", poursuit l'analyste. "C'est la préoccupation actuelle des investisseurs."

Côté entreprises, la place new-yorkaise a sanctionné le géant américain de la grande distribution Walmart (-8,66% à 104,41 dollars) malgré la révision à la hausse de ses prévisions annuelles, grâce au remboursement de droits de douane indûment prélevés en 2025, et à un deuxième trimestre meilleur qu'attendu.

Les ventes à périmètre comparable aux Etats-Unis ont toutefois progressé moins fortement qu'attendu, d'où la déception des investisseurs.

Les laboratoires américains Moderna (-18,21% à 142,62 dollars) et Merck (-1,58% à 149,79 dollars) reprenaient leur souffle après avoir été propulsés la veille.

Les deux groupes ont annoncé mercredi des résultats positifs lors de la dernière phase d'essais cliniques de leur vaccin expérimental à ARN messager contre le cancer de la peau, multipliant en clôture le cours de l'action Moderna par plus de 2,5.

Les titres associés au secteur des cryptomonnaies profitaient encore de l'ascension du bitcoin, à l'image des plateformes d'échange Coinbase (+6,48% à 170,58 dollars) et Robinhood (+1,04% à 96,77 dollars).

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