Wall Street devrait tenter un rebond, l'Europe prudente face aux craintes inflationnistes information fournie par Reuters 16/03/2026 à 13:11
par Diana Mandia
Wall Street est attendue sur un rebond lundi, tandis que les Bourses européennes sont en hausse timide à mi-séance, la flambée des prix de l'énergie continuant de peser sur la confiance des investisseurs à l'approche des réunions des banques centrales plus tard cette semaine.
Après les pertes de vendredi dernier, les futures sur indices signalent une ouverture en hausse de 0,45% pour le Dow Jones, de 0,67% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,82% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 est stable à 7.911,83 points vers 11h40 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,26% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,45%.
L'indice EuroStoxx 50 est en hausse de 0,12%, le FTSEurofirst 300 gagne 0,16% et le Stoxx 600 prend 0,17%.
Les marchés boursiers restent volatils, alternant gains et pertes, alors que le conflit au Moyen-Orient est entré dans sa troisième semaine et que la navigation dans le détroit d'Ormuz continue d'être entravée, avec pour résultat une forte perturbation du commerce du pétrole qui maintient les prix du Brent à plus de 100 dollars le baril.
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent discuter ce lundi de la possibilité de renforcer une mission de protection de la circulation maritime en mer Rouge, établie en 2024 pour faire face aux attaques des Houthis yéménites, mais il n'est pas attendu qu'une décision soit prise pour l'heure à propos d'une possible mission similaire à Ormuz, ont dit des diplomates et des représentants.
Plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, ont déclaré qu'ils ne participeraient pas à une mission militaire visant à rétablir la circulation dans le détroit.
Le climat reste ainsi peu propice au risque, le locataire de la Maison blanche allant jusqu'à menacer de frapper les installations pétrolières de l'île de Kharg — où l'armée américaine a bombardé des dizaines de cibles militaires ce week-end — si l'Iran continue de bloquer la circulation à Ormuz.
Signe du bouleversement majeur que la guerre provoque sur les marchés de l'énergie, la production pétrolière des Émirats arabes unis a chuté de plus de moitié, la fermeture de facto du détroit ayant contraint le géant pétrolier ADNOC à procéder à des arrêts de grande ampleur, ont dit à Reuters deux sources.
Toute cette incertitude intervient au cours d'une semaine cruciale pour les banques centrales, la Réserve fédérale (Fed) devant annoncer sa décision sur les taux mercredi et la Banque centrale européenne (BCE) jeudi.
Si l'on s'attend généralement à ce qu'elles maintiennent les couts d'emprunt inchangés, les commentaires et les prévisions de leurs dirigeants retiendront toute l'attention des analystes, inquiets du risque que l'inflation énergétique n'oblige à un resserrement de la politique monétaire dans les mois à venir.
"La poussée des prix de l'énergie consécutive au conflit au Moyen-Orient est un casse-tête pour les banques centrales", écrivent les analystes d'ODDO dans une note, soulignant qu'aux Etats-Unis les espoirs de baisse de taux ont fondu, tandis que dans la zone euro les marchés anticipent désormais un durcissement monétaire proche.
"On préférerait une BCE qui garde la tête froide. Madame Lagarde a un exercice de communication compliqué. Elle ne peut plus dire en tout cas que la zone euro est 'en bonne position'", ajoutent-ils.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L8N4040LF]
Le secteur technologique pourrait offrir un soutient ce lundi à New York, l'action de Meta progressant d'environ 3% dans les échanges en avant-Bourse, après que Reuters a rapporté que le groupe américain prévoyait de réduire ses effectifs d'au moins 20% afin de compenser ses investissements coûteux dans les infrastructures d'IA.
VALEURS EN EUROPE
UniCredit, qui a lancé lundi une offre non sollicitée afin de porter sa participation dans Commerzbank à plus de 30%, recule de 0,80%, tandis que la banque allemande prend près de 7%.
À Milan, l'action de société italienne Amplifon recule de plus de 6,8% après avoir annoncé l'acquisition de la division appareils auditifs de GN Store Nord pour 2,3 milliards d'euros.
TAUX
Les rendements obligataires de référence dans la zone euro sont en baisse lundi, tout en restant proches de leur plus haut niveau depuis près de deux ans et demi en raison des craintes inflationnistes provoquées par la guerre au Moyen-Orient. Le rendement du Bund allemand à dix ans recule de 1,8 point de base à 2,9573%. Le deux ans cède 3,0 points de base à 2,3953%.
Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 3,2 points de base à 4,2532%. Le deux ans perd 3,8 points de base à 3,6963%.
Les indicateurs récents dressent un tableau contrasté de l'économie américaine, l'inflation restant élevée tandis que la croissance du produit intérieur brut (PIB) a ralenti plus que prévu au quatrième trimestre, selon une nouvelle estimation publiée vendredi.
CHANGES Après avoir atteint son plus haut niveau depuis dix mois dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, le dollar recule lundi de 0,34% face à un panier de devises de réference.
L'euro en profite pour regagner un peu de terrain et progresse de 0,53% à 1,1476 dollar.
La livre sterling s'apprécie lundi pour la première fois depuis une semaine, tout en restant proche de son plus bas niveau depuis trois mois, les investisseurs se tournant vers le dollar américain comme valeur refuge.
La monnaie britannique avance de 0,39% face au dollar.
PÉTROLE
Le Brent prend 0,55% à 103,71 dollars le baril, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) recule de 0,91% à 97,77 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 16 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Empire State mars - 7,10
USA 13h15 Production industrielle février
- sur un mois - 0,7%
LA SITUATION SUR LES MARCHÉS
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)