Wall Street bondit après la victoire démocrate aux États-Unis information fournie par AFP 04/11/2026 à 22:26
La Bourse de New York a clôturé en forte hausse mercredi, saluant la victoire sans appel des démocrates aux élections de mi-mandat américaines, qui dissipe les incertitudes politiques et fait espérer une désescalade au Moyen-Orient.
Le Dow Jones s'est envolé de 3,03 %, l'indice Nasdaq a progressé de 1,44 % et l'indice élargi S&P 500 a gagné 1,58 %.
"L'incertitude liée aux élections de mi-mandat est derrière nous", résume Jose Torres, analyste d'Interactive Brokers.
Les démocrates ont acquis mardi une majorité dans les deux chambres du Congrès, lors d'élections qui ont tourné au désastre pour Donald Trump et les républicains.
"La chute des prix du pétrole et le recul marqué des taux d'intérêt", conséquences de la victoire démocrate, ont alimenté "un puissant rebond à Wall Street", explique Jose Torres.
Une fois le nouveau Congrès installé en janvier, les démocrates pourraient en effet "chercher à limiter les financements alloués à la guerre", explique à l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates, ce qui "pourrait forcer Donald Trump" à mettre fin au conflit.
Les prix du brut ont ainsi chuté de plus de 8 % mercredi, faisant espérer un répit sur le front de l'inflation.
En outre, "la victoire des démocrates signifie le retour à une gouvernance divisée à Washington", expliquent les analystes du gestionnaire d'actifs Schroders. Or, "cette situation est historiquement favorable aux marchés, car un blocage institutionnel limite les dépenses publiques".
Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt américain à dix ans se détendait nettement à 4,89 %, vers 21H10 GMT, contre 4,96 % mardi à la clôture.
Dans la nuit, les contrats à terme sur les principaux indices boursiers américains avaient pourtant nettement chuté à l'annonce des résultats, minés par les inquiétudes autour d'un encadrement plus sévère de l'intelligence artificielle (IA).
Le marché a notamment craint que "les victoires des candidats démocrates dans des États clés comme le Texas ne ralentissent le rythme de développement des centres de données dédiés à l'IA", détaillent les analystes de Briefing.com.
Les semi-conducteurs - indispensables pour construire ces infrastructures - ont clôturé dans le rouge, à l'image du mastodonte Nvidia (-3,17 %), Micron (-7,00 %) ou Intel (-3,77 %).
Les géants technologiques - qui injectent des milliards de dollars dans le développement de l'IA - ont, au contraire, terminé en hausse (Meta +1,44 %, Apple +5,31 %, Amazon +6,12 %, Microsoft +6,68 %).
"D'une certaine manière, les gens se réjouissent à l'idée que le secteur puisse être préservé de ses pires penchants", souligne auprès de l'AFP Steve Sosnick, d'Interactive Brokers.
D'après l'analyste, un encadrement plus important sur l'IA limiterait le risque de surinvestissement dans la technologie, un sujet qui a particulièrement inquiété Wall Street ces dernières semaines.
À la cote, les valeurs de la défense ont été sanctionnées, comme Lockheed Martin (-6,95 %) ou RTX (-2,63 %).
Les géants pétroliers ont, eux, pâti de la chute des prix de l'or noir (ExxonMobil -4,50 %, Chevron -3,68 %, ConocoPhillips -5,14 %).
Les opérateurs ont aussi digéré des données sur l'emploi. Selon l'enquête régulière ADP/Stanford Labs publiée mercredi, les entreprises privées ont créé 86.000 emplois en octobre, soit moins qu'en septembre (90.000) mais plus qu'anticipé par les marchés (75.000).
Le rapport officiel du ministère du Travail pour le mois d'octobre est attendu vendredi.
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